TDAH chez l’enfant : suivre les devoirs, guide pour parents
Mettre fin à la guerre des devoirs : trouver à quelle étape le devoir se perd, confier le rappel à un système, fixer l’heure du travail et en parler à l’enseignant.
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Réparer la chaîne6 étapes
- Trouve quel maillon a cédé. Pendant une semaine, observe où le devoir se perd : n’est-il pas noté, ne rentre-t-il pas à la maison, est-il oublié, est-il fait mais pas rapporté ? L’intervention change en conséquence.
- Rattache la prise de notes à l’école. Qu’il y ait un seul endroit où le devoir est écrit, et que cet endroit reste le même à chaque cours. On peut demander à l’enseignant de l’écrire au tableau ou de vérifier qu’il a bien été noté.
- Rattache le fait de rapporter le matériel au cartable. Que le cahier qui doit rentrer à la maison soit coché au moment même où le devoir est écrit. Le soir, on ne s’en souvient pas ; on le coche sur le moment.
- Déplace le rappel sur le mur. Un tableau des devoirs bien visible remplace le rappel oral. Comme le tableau ne reproche rien à personne, il ne produit pas de dispute.
- Fixe l’heure du travail. Chaque jour à la même heure, au même endroit. Quand l’heure cesse d’être un sujet de discussion, la moitié de la soirée est sauvée.
- Rattache le retour du devoir à la porte. Le devoir terminé entre dans le cartable, il ne reste pas sur le bureau. Le cartable se prépare le soir, pas le matin.
Sept heures du soir. Le cahier de devoirs est sur la table. L’enfant, lui, n’y est pas.
Vingt minutes plus tard, il s’assoit. Dix minutes après, il se lève. À huit heures et demie, la première question est toujours là, et la maison est tendue.
Si cette scène se répète chaque soir, le problème n’est très probablement pas dans ce soir-là. Cet article raconte comment trouver où il se trouve.
Le devoir n’est pas une seule tâche
C’est le cadre le plus utile, et dans la plupart des maisons, on ne le pose jamais.
Faire un devoir se compose de cinq étapes distinctes.
Le noter. L’enseignant donne le devoir, l’enfant doit l’écrire quelque part.
Le rapporter à la maison. Le cahier et le livre nécessaires doivent entrer dans le cartable.
S’en souvenir. Le soir, à un moment précis, il faut penser qu’il y a un devoir.
Le faire. S’asseoir, commencer, continuer, finir.
Le rapporter à l’école. Le devoir fait doit entrer dans le cartable et être remis le lendemain.
Le parent intervient presque toujours à la quatrième étape : assieds-toi, commence, finis.
Pourtant, dans le TDAH, le maillon qui cède est le plus souvent l’un des trois premiers. Intervenir à la quatrième étape, c’est tirer sur le maillon solide d’une chaîne déjà rompue. La dispute vient de là.
Quel maillon cède
Une semaine d’observation met fin à des mois de disputes.
Une seule question par jour : aujourd’hui, à quelle étape le devoir s’est-il perdu ?
| Maillon qui cède | Signe | Intervention |
|---|---|---|
| Le noter | Il ne sait pas qu’il y a un devoir | Rattacher la prise de notes à l’école |
| Le rapporter | Il le sait, mais le cahier est resté à l’école | Préparer le cartable pendant le cours |
| S’en souvenir | Le cahier est à la maison, oublié le soir | Tableau visible, heure fixe |
| Le faire | Il est assis, mais n’avance pas | Réduire la tâche, compagnon de travail |
| Le rapporter à l’école | Le devoir fait est resté sur le bureau | Règle : une fois fini, dans le cartable |
Les solutions des cinq lignes sont complètement différentes les unes des autres. Le conseil « sois plus responsable » vise les cinq à la fois et n’en touche aucune.
Le maillon de la prise de notes
Si le maillon cède ici, rien de ce qu’on fait le soir ne change le résultat, parce qu’on ne sait pas quel est le devoir.
La cause est en général la suivante : le devoir est donné à la fin du cours, au moment de la sonnerie, à l’oral. C’est le moment où, dans la classe, l’attention est la plus perdue.
Les solutions se trouvent du côté de l’école, et elles sont toutes petites.
Un seul cahier de devoirs. Le devoir s’écrit toujours au même endroit à chaque cours ; pas au dos de cahiers différents.
L’enseignant qui l’écrit au tableau. Un devoir donné à l’oral s’échappe, un devoir écrit ne s’échappe pas.
La vérification qu’il a été noté. Il suffit parfois que l’enseignant voie le cahier une seconde en fin de cours.
Ce sont des demandes du genre de celles que j’ai décrites dans l’article parler à l’enseignant : concrètes, petites et applicables. Une ou deux demandes donnent plus de résultats qu’une longue liste.
Le maillon du retour à la maison
Si le maillon cède ici, le devoir est connu, mais le matériel reste à l’école.
La solution est de préparer le cartable non pas le soir, mais pendant le cours. Au moment où le devoir est écrit, on coche en même temps le cahier qui doit rentrer à la maison.
Il existe aussi un soutien possible à la maison : que chaque matière ait une couleur, et que le cahier et le livre soient de la même couleur. L’association visuelle montre, dès qu’on regarde, quelle pièce manque.
Il faut une stratégie de secours : ce qu’on fait quand le cahier est oublié doit être décidé à l’avance. Par exemple, demander une photo à un camarade de classe. Si ce n’est pas décidé à l’avance, la soirée est perdue, et une soirée perdue produit de la culpabilité.
Le maillon du souvenir
C’est le maillon qui cède le plus souvent.
La raison est la suivante : se souvenir du devoir le soir exige de se rappeler au bon moment quelque chose dans le futur. C’est le domaine où le TDAH éprouve le plus de difficulté. J’en ai parlé dans l’article sur les oublis : l’information est enregistrée, mais elle n’est pas rappelée au moment voulu.
Le réflexe naturel du parent est de rappeler à l’oral, et ce réflexe fait deux choses à la fois.
La première, il donne l’information. La seconde, il installe un rôle : celui qui rappelle et celui à qui l’on rappelle. Une fois le rôle installé, la même phrase cesse de s’entendre comme une information et s’entend comme une pression, et sa réponse est la résistance.
La solution est de garder la même information en changeant sa source.
Un tableau des devoirs bien visible fait que le rappel n’appartient plus à personne. Le tableau ne reproche rien à personne, il ne se dispute avec personne, et il reste chaque jour au même endroit.
Cela aide aussi, dans le TDAH, d’une autre façon : le travail de rappel est confié à l’environnement, pas à la mémoire. J’ai écrit la même logique, appliquée à l’organisation de la maison, dans l’article sur le système de l’endroit visible.
L’heure du travail
Après le tableau, c’est ce qui change le plus de choses.
Si chaque soir on demande « quand est-ce que tu t’assois ? », cela veut dire qu’on négocie chaque soir. La négociation elle-même dépense de l’énergie et, la plupart des soirs, finit en dispute.
Quand l’heure est fixée, la négociation disparaît. Il n’y a plus rien à discuter, parce que la décision a été prise une fois pour toutes.
L’endroit où se place l’heure compte aussi. S’asseoir dès le retour de l’école ne marche pas chez la plupart des enfants ; ils rentrent fatigués d’avoir soutenu leur attention toute la journée. Une pause, une collation et, si possible, un peu de mouvement viennent avant l’heure des devoirs.
L’effet du mouvement sur l’attention a été mesuré, et son usage le plus pratique est celui d’un outil de timing : un court mouvement avant une tâche difficile ouvre une fenêtre pour cette tâche. J’en ai parlé dans l’article sur l’exercice.
Ne pas arriver à commencer
L’enfant est au bureau, le cahier est ouvert, et rien ne se passe.
Ce n’est pas de la paresse. C’est ce que j’ai décrit dans l’article sur la paralysie de la tâche : savoir ce qu’il faut faire ne veut pas dire pouvoir le faire.
La seule chose qui aide ici, c’est de réduire la tâche.
« Fais le devoir de mathématiques » n’est pas une définition de tâche. « Lis la première question et note à côté ce qui est donné » en est une.
Plus la première étape est petite, plus il est facile de commencer. Une fois commencé, on continue la plupart du temps ; j’ai écrit ce mécanisme dans l’article sur la règle des deux minutes.
La deuxième chose qui aide, c’est d’être un compagnon de travail. S’asseoir à côté, mais sans intervenir. Être à la même table en faisant ton propre travail est bien plus efficace que de poser des questions et de contrôler. J’en ai parlé dans l’article sur le body doubling.
La distinction ici est essentielle : être à côté aide, se pencher par-dessus gêne.
Ne fais pas le devoir à sa place, mais
La version courte de cette règle est connue de tout le monde, et elle est difficile à appliquer, parce qu’on ne dit pas quelle est l’alternative.
Quand l’enfant bloque, ce qu’il faut faire n’est pas de donner la réponse. Mais ce n’est pas non plus de dire « débrouille-toi » ; un enfant bloqué ne peut pas s’en sortir seul.
Il y a une voie entre les deux : ramener la tâche à la petite étape suivante.
Au lieu de « résous cette question », « voyons ce qui est donné dans l’énoncé, notons-le ». La solution n’est pas venue, mais l’étape est venue. L’enfant fait l’étape et, la plupart du temps, la suite s’ouvre.
Le deuxième avantage de cette approche, c’est que l’enfant construit sa propre méthode. L’enfant qui reçoit la réponse bloque encore le lendemain ; l’enfant qui apprend l’étape commence à débloquer par lui-même.
Mesurer le temps
C’est la mesure que les parents ne font presque jamais, et la plus utile.
Pendant une semaine, note combien de minutes le devoir prend vraiment. Pas le temps passé au bureau ; le temps travaillé.
Deux informations en ressortent.
La première, combien de temps dure le devoir. S’il prend le double du temps de ses camarades, c’est une question d’aménagement et une donnée à discuter avec l’enseignant.
La seconde, au bout de combien de temps l’attention chute. Ce chiffre détermine la façon de découper le devoir. Si elle chute en vingt minutes, un devoir d’une heure se découpe en trois parties.
Toute estimation faite sans mesure se révèle fausse, car le temps passé dans la tension se rappelle comme plus long qu’il ne l’a été.
La quantité de devoirs est une question d’aménagement
C’est un droit que la plupart des parents ne connaissent pas.
Chez un élève ayant un TDAH, l’adaptation de la quantité de devoirs est un aménagement qui peut être prévu à l’école. Le programme ne change pas ; on donne moins d’exercices qui mesurent le même acquis.
La logique est la suivante : un devoir de vingt exercices a pour but de consolider une compétence. Si cette compétence se consolide en dix exercices, les dix restants n’enseignent rien ; ils ne font que consommer le budget d’attention et transformer la soirée en dispute.
Cette demande entre dans le cadre que j’ai décrit dans l’article sur le BEP, le programme éducatif individualisé. Dans le TDAH, le BEP aménage en général non pas le contenu, mais la présentation, la durée et la façon d’évaluer.
Il faut écrire la demande de façon concrète : non pas « que les devoirs soient réduits », mais « que les vingt exercices donnés en mathématiques soient ramenés à dix exercices du même type ». Ta mesure du temps sert de fondement à cette demande.
J’ai traité le processus d’évaluation éducative dans l’article sur le RAM (centre d’orientation et de recherche), et une autre forme de soutien dans l’article sur la salle de soutien scolaire.
Le maillon du retour à l’école
C’est le maillon qui brise le plus le cœur : le devoir est fait, il est resté sur le bureau, il n’a pas été remis.
L’enfant a travaillé et n’a pas eu de note, et cela donne l’impression que travailler ne sert à rien.
La solution est simple et physique : une fois le devoir terminé, il ne reste pas sur le bureau, il entre directement dans le cartable. Le cartable se ferme le soir, pas le matin.
La préparation du matin est le moment le plus fragile dans le TDAH. L’inertie du réveil dure plus longtemps et le matin comporte de nombreuses petites décisions ; j’en ai parlé dans l’article sur la routine du matin. Aucune tâche ne doit être laissée à ce moment-là.
Réduire les disputes
Même si tout ce qui est écrit dans cet article est appliqué, certains soirs seront tendus. Quelques choses réduisent cette tension.
Ne pas ouvrir un autre sujet à l’heure des devoirs. Le désordre de la chambre, le temps de téléphone ou la dispute entre frère et sœur ne sont pas transportés à cette heure-là.
Parler du comportement plutôt que du résultat. Au lieu de « tu ne l’as encore pas fait », « aujourd’hui, nous avons bloqué à la troisième question, regardons-la ».
Ne pas comparer. Comparer avec un frère, une sœur ou un camarade de classe agrandit le sentiment d’être en retard qu’un enfant ayant un TDAH a déjà. J’ai écrit ce que fait cette accumulation dans l’article sur la honte.
Marquer la fin. Quand le devoir est fini, que cela soit visible rend le soir suivant plus facile. Un repère sur le tableau suffit.
Quand regarder autre chose
Si, malgré tout cela, le tableau ne change pas, il y a quelques pistes à regarder.
Un trouble d’apprentissage. Si, alors que l’attention est soutenue, une difficulté nette persiste en lecture, en écriture ou en calcul, une évaluation à part est recommandée. J’en ai parlé dans l’article sur les troubles d’apprentissage.
L’anxiété. L’évitement des devoirs peut venir de la peur de l’échec. Cela ressemble à de la procrastination, mais c’est autre chose ; j’ai écrit la distinction dans l’article procrastination ou évitement.
Le sommeil. Chez un enfant qui ne dort pas assez, tout le tableau s’aggrave et aucun système ne tient.
Les trois sont des pistes qui demandent l’évaluation d’un médecin ou d’un spécialiste.
Ce qui change avec l’âge
Le soutien aux devoirs n’est pas le même à chaque âge, et l’erreur la plus fréquente est de maintenir le même soutien alors que l’enfant a grandi, ou de le retirer d’un coup.
| Tranche d’âge | Rôle du parent | Ce que l’enfant prend en charge | Point d’attention |
|---|---|---|---|
| Premières années de primaire | Le parent porte la chaîne | L’étape « le faire » | Fixer l’heure du travail |
| Dernières années de primaire | Le parent rappelle, l’enfant suit | Noter et faire | Que l’enfant remplisse le tableau |
| Collège | Le parent regarde chaque semaine | Toute la chaîne | Arrêter le contrôle quotidien |
| Lycée | Le parent seulement sur demande | Tout | Ne pas se retirer d’un coup |
Les transitions doivent être progressives. Une responsabilité transmise d’un coup ne revient pas dans le TDAH ; un soutien retiré d’un coup non plus.
La règle est celle-ci : à chaque période, on transmet un maillon, pas tous à la fois.
Les projets et les longs devoirs
C’est un travail complètement différent du devoir quotidien, et le genre où le TDAH éprouve le plus de difficulté.
La raison : la date de remise est lointaine, les étapes sont floues et il n’y a pas de contrôle intermédiaire venu de l’extérieur. Quand les trois sont réunis, le projet est repoussé à la dernière nuit.
La seule méthode qui aide est de découper le projet en parties datées. Au lieu de « le devoir est pour dans quinze jours », cinq dates intermédiaires : choix du sujet, collecte des sources, brouillon, correction, remise.
Chaque date intermédiaire s’écrit dans le calendrier, et toutes s’écrivent le jour où le projet est donné. On ne les écrit pas plus tard, car plus tard on ne s’en souvient pas.
Le travail qui revient au parent est de fixer les dates intermédiaires ensemble et de faire un court point ces jours-là. Le point ne consiste pas à regarder si le travail a été fait ; il consiste à rendre clair ce que sera l’étape suivante.
J’ai traité cette planification du côté adulte dans l’article sur les dates de remise ; la logique est la même.
Les devoirs du week-end
Les devoirs du week-end sont le poste qui provoque le plus de disputes à la maison, et la raison est que le moment n’est pas défini.
En semaine, le devoir a une heure ; le week-end, il n’en a pas. L’idée « on a bien le temps » reporte le devoir au dimanche soir, et le dimanche soir est le moment où tout le monde est le plus fatigué.
La solution est de donner aussi une heure fixe aux devoirs du week-end. Le samedi matin est le moment qui marche le mieux : la journée n’est pas encore remplie, et quand le devoir est terminé, tout le reste du week-end est libre.
C’est aussi un meilleur marché pour l’enfant. Une heure de travail contre deux jours de liberté est plus attirant que la tension du dimanche soir.
Les systèmes de devoirs numériques
Quand le devoir est donné par une application de l’école, la chaîne change : certains maillons deviennent plus faciles, un devient plus difficile.
Ce qui devient plus facile : noter et rapporter à la maison. Le devoir est déjà numérique, il n’y a pas de cahier à oublier.
Ce qui devient plus difficile : l’étape « le faire ». Parce que le devoir est sur l’écran, et que sur le même écran il y a tout le reste.
C’est un vrai problème dans le TDAH. Comme je l’ai écrit dans l’article sur le désordre numérique, les distractions sur écran coûtent plus cher que les distractions physiques.
Les aménagements qui aident : un profil de navigateur séparé pour les devoirs, les notifications désactivées et, si possible, le devoir imprimé. Un devoir fait sur papier est moins interrompu qu’un devoir fait sur écran.
L’équilibre entre frères et sœurs
S’il y a plusieurs enfants à la maison, les aménagements pour les devoirs produisent un problème d’équité.
Les souplesses accordées à l’enfant ayant un TDAH font naître chez l’autre un sentiment d’injustice. À l’inverse, l’enfant ayant un TDAH peut aussi lire le fait que son frère ou sa sœur n’ait pas besoin de ce soutien comme sa propre insuffisance.
Le cadre qui aide est de rattacher le soutien au besoin, pas à la personne. Au lieu de la phrase « c’est nécessaire pour ton frère » ou « pour ta sœur », le cadre « chacun a un endroit différent où il a du mal, cette organisation est pour l’endroit où il a du mal » est mieux reçu.
Deuxième point : que l’autre enfant reçoive aussi un soutien semblable dans un domaine où il a du mal. Le soutien cesse d’être un privilège et devient une partie du fonctionnement de la maison.
Le canal de communication avec l’enseignant
Pour la question des devoirs, la communication entre le parent et l’enseignant doit être continue, et cette continuité doit avoir une forme.
Le montage qui marche le mieux est un canal simple, mis en place en début de période : quand, par quelle voie et sur quel sujet on se contacte.
Quand ce canal n’est pas mis en place, deux choses se produisent. Soit on ne se contacte pas du tout, et le problème est découvert au moment du bulletin ; soit on envoie un message pour chaque petite question, et la communication devient épuisante.
Ce dont on parle dans l’entretien, ce n’est pas le diagnostic, mais le comportement. Comme je l’ai écrit dans l’article parler à l’enseignant, trois situations concrètes et une ou deux demandes applicables donnent plus de résultats qu’une longue explication.
Pour les devoirs en particulier, les deux demandes qui aident le plus sont : que le devoir soit écrit au tableau et que la quantité de devoirs soit adaptée en fonction du temps mesuré.
Que dire à l’enfant qui n’a pas eu de note
C’est le côté le plus émotionnel de la question des devoirs, et les phrases prononcées restent longtemps.
Chez un enfant qui a travaillé et n’a pas eu de note, le résultat qui apparaît est le suivant : travailler ne sert à rien. Une fois cette croyance installée, arrêter de travailler devient logique.
L’approche qui aide est de rendre visible le processus, pas le résultat. La phrase « cette semaine, cinq jours de suite, tu as pris place à ton bureau » est juste, quelle que soit la note, et elle désigne ce que l’enfant contrôle.
Le deuxième point est de ne pas minimiser la situation où l’effort n’est pas payé de retour. La phrase « tant pis, ce n’est pas grave » invalide ce que l’enfant ressent. Une meilleure réponse est de reconnaître l’injustice : tu as travaillé et tu n’en as pas eu le retour, c’est vraiment agaçant.
J’ai écrit dans l’article sur la honte et l’autocompassion ce que fait cette accumulation : la honte ne corrige pas le comportement, elle arrête l’essai.
Ce qui me reste
Sur la question des devoirs, la chose la plus utile qu’on puisse dire aux parents est, je crois, la suivante : la dispute du soir n’est pas le problème de ce soir-là.
Quelque part dans la chaîne, il y a un maillon qui a cédé, et ce maillon cède en général bien avant le soir. À l’école, à la sonnerie, sur une ligne qui n’a pas été écrite.
Toute intervention faite le soir tire sur un maillon qui n’a pas cédé. À force d’être tiré, ce maillon-là s’use aussi, et au bout d’un moment la question des devoirs se transforme en question de relation.
Ce que l’enfant apprend cette année-là, ce n’est pas les mathématiques, c’est ce qui se passe à la maison le soir. C’est pourquoi réparer la chaîne est plus important que faire faire le devoir.
L’information donnée ici est un cadre général. Les décisions de diagnostic et de traitement se prennent avec ton médecin, et les décisions éducatives avec le RAM et l’école.
Questions fréquentes
- Pourquoi mon enfant oublie-t-il sans cesse ses devoirs ?
- L’oubli se produit en général à un maillon de la chaîne : le devoir n’a pas été noté, n’a pas été rapporté à la maison, ou l’heure de le faire n’a pas été retenue. Une intervention faite sans trouver lequel ne sert à rien.
- Est-ce bien de rappeler en permanence ?
- À court terme, cela marche ; à long terme, cela installe un rôle : celui qui rappelle et celui à qui l’on rappelle. Quand le rappel s’arrête, le système s’arrête. Mieux vaut confier le rappel à un système visible.
- Dois-je m’asseoir à côté de lui pour qu’il fasse ses devoirs ?
- Être à côté aide, mais intervenir nuit. S’asseoir en compagnon facilite le démarrage ; résoudre l’exercice doit rester le travail de l’enfant.
- Pourquoi l’heure des devoirs se passe-t-elle chaque jour en dispute ?
- Le plus souvent parce que l’heure est renégociée chaque jour. Quand l’heure est fixée, il ne reste rien à discuter.
- Que faire si les devoirs prennent très longtemps ?
- Il faut mesurer la durée et la partager avec l’enseignant. Si cela prend le double du temps de ses camarades, c’est une question d’aménagement ; dans le cadre du BEP (programme éducatif individualisé), la quantité de devoirs peut être adaptée.
- Dois-je faire le devoir à sa place ?
- Non, mais cette réponse courte ne suffit pas. Quand l’enfant bloque, ce qu’il faut faire n’est pas de donner la réponse, mais de ramener la tâche à la petite étape suivante.