Glossaire du TDAH
Les termes que les textes sur le TDAH emploient sans les expliquer : en langage simple, et avec leur allure au quotidien.
A
- Accessibilité
- Le fait qu’un service ou un environnement soit utilisable par tout le monde. L’accessibilité cognitive est la dimension la plus négligée du point de vue du TDAH.
- Accessibilité cognitive
- Le fait qu’un texte, un formulaire et une interface soient compréhensibles et comptent peu d’étapes. Phrases courtes, titres clairs, progression visible.
- Accumulation de tâches
- Les tâches reportées qui s’empilent. Passé un certain nombre, c’est la pile elle-même qui devient le plus grand obstacle au démarrage.
- Action courte
- Une forme de médicament dont l’effet dure quelques heures. Il faut le reprendre au cours de la journée, et l’on peut régler à quelle heure on souhaite que l’effet soit présent.
- Action longue
- Une forme qui libère lentement le principe actif tout au long de la journée. Elle a la commodité de la prise unique, un avantage important pour quelqu’un qui a du mal à se souvenir de ses prises.
- Activation comportementale
- Une approche qui consiste à lancer le comportement avant que l’humeur ne s’améliore. Elle renverse l’attente « je le ferai quand j’en aurai envie ».
- Activité aérobie
- Un mouvement soutenu qui fait monter le pouls. Comme il apporte un gain d’attention de courte durée, on peut le placer juste avant de travailler.
- Adaptation neurotechnique
- L’approche qui consiste à adapter l’environnement à la personne. L’alternative à celle qui cherche à adapter la personne à l’environnement, et en général moins usante.
- Addiction comportementale
- Transformation de comportements comme le jeu, les paris ou les écrans en schéma de dépendance. Comme ils offrent une récompense immédiate, le risque augmente dans le TDAH.
- Adéquation au poste
- Concordance entre ce qu’exige le travail et les points forts de la personne. Avec un TDAH, choisir le bon travail est plus efficace que d’essayer d’aller mieux dans un mauvais travail.
- Administrateur central
- La couche de gestion de la mémoire de travail qui répartit l’attention. Au centre du modèle de Baddeley, et la plupart des débats sur le TDAH portent sur lui.
- Agitation intérieure
- La sensation de ne pas pouvoir rester en place, vécue plus à l’intérieur que dans le corps. Le moteur tourne, mais le véhicule est à l’arrêt. Elle rend le repos difficile : s’asseoir ne soulage pas, cela l’augmente même. Marcher, tourner quelque chose dans les mains ou bouger en travaillant fait baisser cette énergie.
- Agitation physique
- Une sensation d’énergie qui s’accumule dans le corps et qui doit s’évacuer. Bouger soulage temporairement.
- Aide à la prise de notes
- Remise des notes de cours à l’avance ou autorisation de les enregistrer. Quand écouter et écrire en même temps est difficile.
- Alexithymie
- La difficulté à reconnaître et à décrire ses émotions. Plus fréquente dans le TDAH et dans l’autisme.
- Alimentation émotionnelle
- Se tourner vers la nourriture pour d’autres raisons que la faim. Dans les moments de détresse et d’agitation, elle fait office de source rapide de dopamine.
- Altération du fonctionnement
- Le fait que les symptômes causent un tort réel à l’école, au travail ou dans les relations. C’est indispensable au diagnostic : les symptômes seuls ne suffisent pas.
- Aménagement du lieu de travail
- Adaptation des conditions de travail à la personne. Espace calme, horaires flexibles, consignes écrites, autorisation du casque.
- Aménagement raisonnable
- Adaptations mises en place pour que la personne puisse travailler dans des conditions d’égalité. Pas un privilège, un outil d’égalisation.
- Anamnèse développementale
- Retracer les symptômes depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui. C’est pour cela qu’on demande les appréciations des bulletins scolaires, le récit de la famille et les anciens souvenirs.
- Ancre attentionnelle
- Un stimulus fixe utilisé pour attacher l’attention à un endroit. Un chewing-gum, un tespih (chapelet turc), un son monotone en arrière-plan. Ça ne marche pas chez tout le monde, mais chez ceux chez qui ça marche, ça aide énormément.
- Angle mort du temps
- Ne rien ressentir entre demain et la semaine prochaine. Toute date qui n’est pas proche se trouve à la même distance.
- Anxiété
- L’état d’alerte face à un danger à venir. C’est la condition qui accompagne le plus souvent le TDAH, et parfois elle le recouvre.
- Anxiété d’anticipation
- La tension ressentie à l’avance à cause d’une tâche qui approche. Elle dure plus longtemps que la tâche elle-même et nourrit la procrastination.
- Anxiété généralisée
- État d’inquiétude permanent, qui n’est lié à aucun sujet précis. Fréquente dans le TDAH, elle peut être nourrie par le sentiment d’être sur le qui-vive qu’accumulent les tâches qui passent à la trappe.
- Anxiété sociale
- La peur du jugement des autres. Fréquente dans le TDAH : les erreurs sociales passées se combinent à la possibilité qu’elles se reproduisent.
- Apnée du sommeil
- Arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil. Elle est toujours évaluée dans le diagnostic différentiel d’un problème d’attention en journée.
- Approche centrée sur les forces
- Définir sa situation non pas seulement par ce qui manque, mais aussi par ce qu’elle apporte. La créativité, le sang-froid en situation de crise, la capacité à établir des liens inhabituels.
- Approche dimensionnelle
- Considérer le TDAH non pas comme présent ou absent, mais sur un spectre. Les symptômes présentent une distribution continue dans la population.
- Approche fondée sur la pleine conscience (Mindfulness)
- Des exercices pour ramener l’attention au présent. Dans le TDAH, l’effet est faible mais réel ; la forme classique, assis longtemps, ne convient pas à tout le monde.
- Arrêt du traitement
- La diminution contrôlée puis l’arrêt du médicament. Avec les stimulants, on n’attend pas de sevrage physique, mais les symptômes reviennent.
- ASRS
- L’échelle de dépistage du TDAH de l’adulte de l’Organisation mondiale de la santé. Courte et répandue ; c’est un outil de dépistage, elle ne pose pas de diagnostic.
- Assez bien
- Accepter une solution qui n’est pas parfaite, mais qui fonctionne. L’antidote au perfectionnisme, et le principe qui sert le plus en pratique.
- Association de récompense (Temptation bundling)
- Faire une tâche qu’on n’aime pas en même temps que quelque chose qu’on aime. Un podcast avec la vaisselle, un livre audio avec la marche.
- Asymétrie relationnelle
- L’un des deux se retrouve en permanence dans la position de celui qui rappelle et organise. Avec le temps, une dynamique parent-enfant s’installe à la place de l’égalité.
- Atomoxétine
- Un médicament du TDAH qui n’est pas un stimulant. Il agit par l’intermédiaire de la noradrénaline ; son effet s’installe en quelques semaines, il n’est pas immédiat.
- Attaque de panique
- Accès de peur soudain et intense. Il s’accompagne de palpitations, d’un souffle court et de la sensation de perdre le contrôle.
- Attention divisée (Attention partagée)
- Répartir son attention entre deux tâches en même temps. La capacité est limitée chez tout le monde. Dans le TDAH, la difficulté n’est pas de répartir, mais de pouvoir revenir aux deux une fois l’attention répartie.
- Attention sélective
- Isoler ce qui est nécessaire au milieu de la foule. Par exemple, pouvoir suivre une seule voix dans un café. Quand elle faiblit, chaque stimulus arrive au même volume.
- Attention soutenue
- La capacité de rester longtemps sur une seule tâche. Dans les mesures, c’est l’un des domaines où la baisse est la plus nette dans le TDAH, surtout quand la tâche est ennuyeuse et répétitive.
- AuDHD
- Abréviation informelle employée quand l’autisme et le TDAH coexistent. Les besoins des deux conditions s’opposent parfois.
- Auto-instruction
- Mener un travail en énonçant les étapes à voix haute ou intérieurement. Une technique enseignée en thérapie et dont l’efficacité a été démontrée.
- Auto-surveillance
- Remarquer son propre comportement pendant qu’on le fait. Quand elle est faible, la personne apprend après coup que sa voix montait ou qu’elle coupait la parole.
- Autocompassion
- Se traiter soi-même comme on traiterait un ami. Ce n’est pas une consolation creuse : c’est une approche dont on a mesuré qu’elle réduit la procrastination.
- Autocritique
- Une voix intérieure constamment dure envers soi-même. Dans le TDAH, c’est l’enregistrement intériorisé des critiques extérieures entendues pendant des années.
- Autodiagnostic
- Le fait de se définir soi-même d’après ce qu’on a lu. C’est un bon point de départ pour aller en évaluation, mais ce n’est pas suffisant pour un traitement.
- Automatisation
- Le fait qu’un travail, à force de répétition, ne demande plus d’attention. Elle se forme plus lentement dans le TDAH, c’est pourquoi même les routines simples exigent longtemps un effort.
- Automédication
- Le fait de se tourner vers une substance pour atténuer les symptômes. Caféine, nicotine, alcool ou d’autres substances. C’est un schéma fréquent chez les personnes sans diagnostic.
B
- Baisse de l’appétit
- L’effet indésirable le plus fréquent des stimulants. Caler les heures de repas sur l’heure de la prise est une solution courante, mais la décision se prend avec le médecin.
- Bavardage excessif
- Parler sans s’arrêter et très vite. Cela va en général de pair avec l’enthousiasme, ou avec la peur d’oublier ce qu’on voulait dire.
- Body doubling (Travailler avec quelqu’un à côté de soi)
- Travailler pendant que quelqu’un est à côté de toi. Cette personne ne t’aide pas, elle peut même faire autre chose, elle est simplement là. On ne sait pas bien pourquoi, mais l’effet est puissant : commencer devient plus facile, et revenir après une distraction va plus vite. Cela marche aussi en appel vidéo ou dans une salle de travail silencieuse.
- Boîte de préparation
- Tout ce qu’il faut pour une tâche fréquente rangé au même endroit. Elle supprime l’étape de rassemblement avant de commencer.
- Boîte de réception à zéro
- Une méthode qui vise à vider complètement la boîte de réception. Salvatrice pour certaines personnes, nouvelle source de perfectionnisme pour d’autres.
- Bons jours, mauvais jours
- Des performances qui varient beaucoup d’un jour à l’autre. Cela complique la planification, car on ne sait pas à l’avance quel jour sera lequel.
- Boucle ouverte
- Un travail inachevé qui continue d’occuper de la place dans l’esprit. On parle aussi d’effet Zeigarnik. Dans le TDAH, le nombre de boucles ouvertes étant élevé, la charge s’alourdit.
- Boucle phonologique
- La partie de la mémoire de travail qui retient l’information sonore en la répétant. Garder un numéro de téléphone en tête en le marmonnant, c’est cela.
- Brouillard cérébral (Brain fog)
- L’état où la pensée se brouille et où les mots arrivent en retard. Ce n’est pas un diagnostic médical, mais une description commune à de très nombreuses situations.
- Budget d’énergie
- Planifier l’énergie du jour comme une ressource limitée. L’idée vient du champ des maladies chroniques et trouve aussi un écho dans le TDAH.
- Bupropion
- Un médicament avant tout antidépresseur, utilisé dans certains cas pour le TDAH. La décision d’un usage hors AMM revient au médecin.
C
- Caféine
- Une substance courante à léger effet stimulant. Dans le TDAH, certaines personnes en consomment spontanément ; elle ne remplace pas le traitement prescrit et peut perturber le sommeil.
- Calepin visuo-spatial
- La partie de la mémoire de travail qui retient les images et les positions. Se rappeler où un objet a été posé en dépend.
- Carence en B12
- Apport insuffisant en vitamine B12. Pouvant s’accompagner d’un ralentissement cognitif et de fatigue, elle fait partie de l’évaluation.
- Carence en fer
- Baisse du taux de fer dans l’organisme. Comme elle peut provoquer fatigue et problèmes d’attention, elle figure dans le diagnostic différentiel.
- Carte d’intention
- Garder par écrit, à hauteur des yeux, ce qu’il y a à faire. Cela confie le souvenir au champ de vision plutôt qu’à la mémoire.
- Cécité aux piles
- Ne plus voir le désordre qui reste longtemps au même endroit. La conséquence de l’habitude dans la vie quotidienne.
- Cécité aux signaux du corps (Conscience intéroceptive)
- Remarquer tard les signaux de la faim, de la soif, du besoin d’aller aux toilettes et de la fatigue. Fréquent dans le TDAH, avec un effet direct sur la santé.
- Cécité budgétaire
- Ne pas arriver à suivre où va l’argent. L’équivalent financier de la cécité du temps.
- Cécité de la fin
- Ne pas remarquer qu’une tâche est terminée et continuer sans nécessité. Fréquente avec l’hyperfocalisation.
- Cécité du temps
- Ne pas sentir le temps passer. Cinq minutes et quarante-cinq minutes paraissent pareilles, une date à venir semble irréelle. C’est ce qu’il y a sous les retards et sous les estimations qui se trompent sans cesse. Les minuteurs visibles et les alarmes aident parce qu’ils rendent lisible, avec les yeux, ce qui ne se sent pas.
- Centre d’orientation et de recherche (RAM)
- Structure officielle où se font l’évaluation éducative et l’orientation. La plupart des soutiens scolaires passent par là.
- Cervelet (Cerebellum)
- Région dont on a compris qu’elle joue aussi un rôle dans le timing et l’attention, en plus de la coordination des mouvements.
- Chaînage
- Découper une tâche complexe en petites étapes et les enseigner dans l’ordre. C’est, dans l’enseignement, l’équivalent du fait de dépasser la paralysie de la tâche.
- Chaîne de rendez-vous
- Une démarche qui exige plusieurs rendez-vous liés entre eux. Quand un maillon de la chaîne tombe, tout est à reconstruire.
- Chaise à vêtements
- L’endroit où s’accumulent les vêtements qui ne sont ni sales ni propres. Cela a l’air d’une plaisanterie, mais c’est une troisième catégorie pratique, qui apparaît là où le classement binaire ne suffit pas.
- Charge cognitive
- La quantité d’informations tenue en tête à un instant donné. Quand la limite est dépassée, la performance chute d’un coup, pas progressivement.
- Charge mentale
- Le poids non pas du travail qu’on fait, mais du travail qu’on garde en tête. Qui a besoin de quoi et quand, quelle facture approche, à qui on n’a pas répondu. Elle ne se voit pas, et c’est pour cela que personne n’en tient le compte. Alors que la mémoire de travail est déjà sollicitée, écrire la plus grande partie de cette charge à l’extérieur n’est pas une option, c’est une nécessité.
- Chasse aux applis
- Quand la recherche d’une nouvelle application de productivité devient elle-même un outil de procrastination. Ce qui stimule, c’est la recherche, pas l’utilisation.
- Chevauchement des symptômes
- Le fait que des affections différentes produisent des symptômes semblables. L’anxiété, le traumatisme, la dette de sommeil et la dépression peuvent donner l’apparence d’un problème d’attention.
- CIM-11
- La classification des maladies de l’Organisation mondiale de la santé. Elle définit le TDAH de façon similaire et s’écarte du DSM sur certains détails.
- Cimetière de loisirs
- L’accumulation d’activités commencées puis abandonnées, et de matériel acheté puis jamais utilisé. La curiosité est réelle, c’est le mécanisme pour la maintenir qui manque.
- Circuit de la récompense
- Réseau cérébral qui fait qu’une chose vaut la peine d’être faite. Dans le TDAH, sa réponse à une récompense différée est plus faible.
- Clonidine
- Un autre médicament non stimulant, dont le mécanisme ressemble à celui de la guanfacine. Il peut aussi être envisagé en cas de troubles du sommeil et de tics.
- Coaching des fonctions exécutives
- Accompagnement individuel qui permet aux étudiants d’acquérir des compétences de planification et de suivi. De plus en plus répandu à l’université.
- Coaching TDAH
- Un accompagnement structuré centré sur la mise en place de systèmes au quotidien. Ce n’est pas une thérapie : il ne fouille pas le passé, il construit le plan de cette semaine.
- Comorbidité (Conditions associées)
- La présence de plusieurs conditions chez la même personne. Le TDAH arrive rarement seul : l’anxiété, la dépression, les difficultés d’apprentissage et les troubles du sommeil l’accompagnent souvent. L’enjeu est le suivant : ne regarder qu’une seule condition et laisser l’autre de côté oriente aussi le traitement au mauvais endroit.
- Comportement à risque
- Faire un choix dangereux sans en peser les conséquences. Conduire vite, dépenser sans plan, décider sur un coup de tête.
- Compte rendu de réunion
- Partage écrit des décisions à la fin de la réunion. Utile à tout le monde, et devient indispensable avec un TDAH.
- Conception de la friction
- Rendre le comportement voulu facile et le comportement non voulu difficile. Laisser le téléphone en charge dans une autre pièce est une décision de friction.
- Conception universelle
- Concevoir dès le départ de façon que tout le monde puisse l’utiliser. Elle réduit le besoin de faire des aménagements après coup.
- Configuration de tâche
- Le réglage que l’esprit adopte pendant qu’on fait un travail. Quand on change de tâche, ce réglage doit changer aussi, et le coût réel se trouve là.
- Confusion identitaire
- Avoir l’impression d’être quelqu’un de très différent selon les milieux. Quand le masquage dure longtemps, on ne sait plus lequel de ces états est vraiment le sien.
- Consentement éclairé
- Comprendre et accepter les bénéfices et les risques du traitement. Poser des questions fait partie du processus, ce n’est pas une objection.
- Consignes écrites
- Mettre aussi par écrit une tâche donnée à l’oral. L’aménagement le moins coûteux pour combler le déficit de mémoire de travail.
- Consultation de suivi
- Le contrôle fait à intervalles réguliers une fois le traitement commencé. C’est là que se règlent la dose et les effets indésirables.
- Contrat comportemental
- Mettre par écrit les attentes et leurs contreparties. Cela sort la discussion de la mémoire pour la poser sur le papier.
- Contrôle des stimuli
- Modifier l’environnement pour faciliter le comportement. Mettre le téléphone dans une autre pièce est plus fiable que de forcer sa volonté.
- Controverse des colorants alimentaires
- Des constats selon lesquels certains additifs pourraient accentuer l’hyperactivité. L’effet est faible et ne s’observe pas chez tout le monde.
- Cortex cingulaire antérieur
- Zone chargée de la détection des conflits et du repérage des erreurs. La faiblesse du suivi des erreurs est associée à cette région.
- Cortex préfrontal
- Région du cerveau située dans le front, responsable de la planification et de l’inhibition. Centre des fonctions exécutives et point de mire de la recherche sur le TDAH.
- Coucher repoussé
- Retarder volontairement le moment d’aller dormir. L’état de celui qui ne veut pas lâcher la nuit parce qu’il ne lui est resté aucun temps à lui dans la journée.
- Courbe en U inversé (Yerkes-Dodson)
- La performance qui augmente puis diminue avec l’éveil. Trop peu d’anxiété ne sert à rien, trop d’anxiété abîme : la plage efficace se trouve au milieu.
- Course contre la minuterie
- Chronométrer son temps et se mesurer à soi-même. En transformant une tâche ennuyeuse en jeu, on abaisse le seuil de démarrage.
- Coût de commutation (Switch cost)
- Le temps et la précision perdus en faisant des allers-retours entre deux tâches. Une perte mesurable, plus grande que ce qu’on ressent.
- Critère d’amélioration
- Le changement que l’on cherche pour considérer le traitement comme réussi. On se base sur la différence dans la vie quotidienne, pas sur le score à l’échelle.
- Critères diagnostiques
- La liste de symptômes et les conditions exigées pour que le diagnostic puisse être posé. Le nombre de symptômes, leur durée, l’âge de début et leur retentissement sur le fonctionnement sont évalués ensemble.
- Cycle de culpabilité
- Se sentir coupable de ne pas y arriver, puis y arriver encore moins à cause de la culpabilité. La procrastination qui s’alimente elle-même.
D
- Débat sur le surdiagnostic
- L’affirmation selon laquelle le diagnostic de TDAH serait posé plus que de raison. En face, il y a aussi le poids que portent les personnes restées longtemps sans diagnostic ; les deux situations peuvent être vraies en même temps.
- Débordement émotionnel (Dérégulation émotionnelle)
- Une émotion monte vite et prend le contrôle du comportement. Elle ne figure pas dans les critères diagnostiques, mais la plupart des personnes qui la vivent disent que c’est la partie la plus difficile.
- Début d’action
- Le délai au bout duquel on commence à sentir l’effet du médicament. Il se mesure en minutes pour les stimulants, en semaines pour les non-stimulants.
- Déchets de systèmes
- L’accumulation d’applications et de carnets installés puis abandonnés. Chacun a tenu deux semaines, puis a été oublié.
- Décision de divulgation
- Choisir à qui, quand et dans quelle mesure raconter son diagnostic. Au travail, en parler peut permettre d’obtenir des aménagements, mais on ne peut pas revenir en arrière.
- Décision soudaine
- Prendre d’un coup une décision à long terme. Démissionner, déménager, rompre. La décision se révèle parfois la bonne, mais le processus reste risqué.
- Découpage des tâches
- Diviser un gros travail en morceaux par lesquels on peut commencer. Il faut que le morceau soit « ridiculement petit », sinon la même résistance revient.
- Décrochage à l’écoute
- L’esprit qui part à un moment pendant que l’autre parle, et on n’entend pas la suite. Ce n’est pas du désintérêt, mais un glissement involontaire de l’attention.
- Défense de ses besoins (Autoreprésentation)
- Pouvoir demander clairement ce dont on a besoin. La condition préalable pour obtenir des aménagements à l’école et au travail.
- Déficit de soins personnels
- Des soins de base qui se délitent. Ce n’est pas une question de morale, mais de fonctions exécutives. Il faut le distinguer de la dépression.
- Défilement infini
- Un flux de contenu qui ne finit pas. Comme il n’y a pas de point d’arrêt naturel, tout repose sur un mécanisme dont le signal d’arrêt est déjà faible.
- Délai de gratification (Delay discounting)
- La valeur d’une récompense lointaine chute rapidement. Le petit réconfort d’aujourd’hui l’emporte sur le gros gain de dans trois mois. Tout le monde le vit, mais dans le TDAH la courbe est beaucoup plus raide. C’est pourquoi les récompenses intermédiaires, qui ramènent les objectifs à long terme au présent, ne sont pas puériles, mais fonctionnelles.
- Dépenses impulsives
- Des achats non prévus, que l’on regrette le plus souvent après coup. Le fait que l’achat en ligne se réduise à un seul clic amplifie nettement ce comportement.
- Dépression
- Abattement durable, perte d’intérêt et baisse d’énergie. Fréquente avec le TDAH, elle doit en être distinguée.
- Dérégulation émotionnelle
- La distance entre ressentir une émotion et agir selon cette émotion. Dans le TDAH, les émotions ne sont pas moins fortes, elles arrivent plus vite et plus haut, et mettent longtemps à redescendre. On la manque souvent parce qu’elle ne figure pas dans l’intitulé des critères diagnostiques, mais la plupart des personnes concernées disent que c’est la partie la plus difficile.
- Dérive de l’attention
- Le focus qui saute involontairement ailleurs. La dérive elle-même est normale, le problème, c’est le retard du retour.
- Dérivés de l’amphétamine
- Le deuxième grand groupe de médicaments stimulants. Ils agissent par un mécanisme différent de celui du méthylphénidate ; c’est pourquoi, si l’un ne donne pas de résultat, on peut essayer l’autre.
- Désordre
- Les affaires dont on ne sait plus où elles vont. Cela ne vient pas de la paresse, mais de la fatigue décisionnelle : la question « où ? » est, pour chaque objet, une décision à part.
- Désordre propre
- Tout est encombré, mais rien n’est sale. Un état fréquent dans le TDAH, et qui attire le jugement parce que, vu de l’extérieur, on ne le comprend pas.
- Détection des erreurs
- Le mécanisme qui te fait remarquer tout de suite l’erreur que tu as faite. Dans le TDAH, le signal est plus faible, c’est pourquoi la correction est retardée.
- Détox numérique
- S’éloigner des écrans de façon planifiée. Ce n’est pas une solution durable ; concevoir des frictions est en général plus tenable.
- Dette de sommeil
- Le manque de sommeil accumulé. Il perturbe directement l’attention, la régulation des émotions et le contrôle des impulsions, et peut imiter les symptômes du TDAH.
- Deuil post-diagnostic
- Une vague de tristesse après le diagnostic, avec la pensée « si seulement on l’avait su plus tôt ». Une étape naturelle, qui se transforme généralement en acceptation.
- Deuxième avis
- Consulter un autre médecin. Une démarche légitime et courante quand on n’est pas sûr du diagnostic ou du traitement.
- Diagnostic différentiel
- L’élimination des autres affections qui pourraient produire un tableau semblable. Les troubles du sommeil, la thyroïde, l’anxiété, la dépression et le traumatisme sont ce qu’on vérifie le plus souvent.
- Diagnostic tardif
- Un diagnostic posé à l’âge adulte. Fréquent surtout chez les femmes et chez les personnes à présentation inattentive prédominante ; il est précédé d’une longue période d’autoculpabilisation.
- Difficulté à attendre son tour
- Attendre son tour est physiquement difficile. On le voit au jeu pendant l’enfance, dans les files d’attente et la circulation à l’âge adulte.
- Difficulté à dire non
- Accepter tout ce qu’on nous demande. Cela apparaît quand la sensibilité au rejet et la recherche de récompense immédiate agissent ensemble.
- Difficulté à tenir parole
- Ne pas pouvoir tenir une promesse faite de bonne foi. L’écart entre l’intention et l’exécution, tel qu’il se traduit dans les relations.
- Difficulté de transition
- Ne pas réussir à passer d’une tâche à une autre. Se lever d’une tâche terminée comme s’asseoir devant une tâche pas encore commencée provoque la même résistance. Le temps mort entre les deux se perd en général sur le téléphone. Un petit rituel de passage, par exemple se lever pour aller chercher de l’eau, aide parce qu’il marque la transition.
- Discours intérieur
- Orienter son comportement en se parlant doucement à soi-même. Au centre des fonctions exécutives dans la théorie de Barkley, son développement est retardé dans le TDAH.
- Distractibilité
- Les stimuli extérieurs attirent facilement l’attention. La différence avec l’inattention : ici, l’attention ne manque pas, elle part sans cesse ailleurs.
- DIVA
- L’entretien diagnostique structuré utilisé pour le TDAH de l’adulte. Il interroge chaque critère séparément, pour l’enfance et pour l’âge adulte.
- Dopamine
- Une molécule messagère qui agit dans le système de récompense et de motivation du cerveau. Ce n’est pas « l’hormone du bonheur », c’est le signal « ça vaut la peine de le faire ». Dans le TDAH, ce signal est traité autrement : les tâches ennuyeuses mais importantes ne paraissent pas assez attirantes, tandis que ce qui est nouveau et rapide le devient beaucoup trop.
- Dose efficace
- La dose qui réduit les symptômes avec des effets indésirables acceptables. On la trouve en fonction de la réponse, et non du poids.
- DSM-5
- Le manuel diagnostique de l’Association américaine de psychiatrie. Les critères du TDAH y sont définis, et il faut que les symptômes aient commencé avant l’âge de douze ans.
- Durée d’action
- Le temps total pendant lequel le médicament fait effet. Comme elle détermine quelles heures de la journée sont couvertes, elle joue un rôle central dans le schéma posologique.
- Dyscalculie
- Difficulté à travailler avec les nombres et les relations numériques. Elle complique en plus la gestion du temps et de l’argent.
- Dysfonctionnement thyroïdien
- Sécrétion insuffisante ou excessive d’hormones thyroïdiennes. On la recherche lors de l’évaluation, car elle influe sur l’attention, l’énergie et l’agitation.
- Dysgraphie
- Difficulté dans le processus d’écriture. Elle touche l’écriture manuscrite, la mise en page et la vitesse à laquelle on couche sa pensée sur le papier.
- Dyslexie
- Difficulté à décoder la lecture et l’écriture. Elle peut être confondue avec le TDAH, car dans les deux cas la lecture est lente et fatigante.
- Dysphorie sensible au rejet (RSD)
- Une réaction de douleur soudaine et disproportionnée face à la possibilité d’un rejet, d’une critique ou d’une déception. Un message resté sans réponse, une phrase dont le ton a changé, cela suffit. L’intensité peut être ressentie comme une secousse physique, et elle passe en général vite, mais les décisions prises avant qu’elle passe peuvent être durables. Ce n’est pas un diagnostic officiel, c’est une description courante.
- Dyspraxie (Trouble développemental de la coordination)
- Difficulté à planifier et à exécuter les mouvements. On la met sur le compte de la maladresse, mais elle ralentit réellement les tâches du quotidien.
- Dysthymie (Trouble dépressif persistant)
- Abattement de longue durée, plus léger mais persistant. On le prend souvent pour son propre caractère.
E
- Écart intention-comportement
- La distance entre vouloir et faire. C’est le problème au cœur du TDAH, et il ne se comble pas avec la motivation : il se comble avec de la structure.
- Échafaudage externe (Structuration)
- Mettre en place de l’extérieur l’ordre intérieur qui manque. Des listes visibles, des horaires fixes, des objets qui ont leur place, des promesses faites à quelqu’un d’autre. La logique est simple : au lieu de forcer ce qui est faible à devenir plus fort, on construit une structure extérieure qui fait ce travail. Cela ressemble au port de lunettes, ce n’est pas de la triche.
- Échelle de Conners
- Une famille d’échelles d’évaluation du comportement utilisées chez les enfants et les adultes. Il existe un formulaire pour les parents, un pour les enseignants et un pour la personne elle-même.
- Échelle de Wender Utah
- Une échelle avec laquelle les adultes évaluent rétrospectivement leurs symptômes d’enfance. On l’utilise en connaissant les limites du souvenir rétrospectif.
- EEG
- Enregistrement de l’activité électrique du cerveau. Utilisé comme outil de recherche dans le TDAH ; il n’est pas reconnu comme test diagnostique.
- Effet Barnum
- Le fait que des descriptions générales, qui pourraient convenir à tout le monde, paraissent personnelles. C’est l’une des raisons pour lesquelles les listes sur le TDAH semblent si familières.
- Effet de l’exercice
- L’effet positif d’une activité physique régulière sur l’attention et l’humeur. Cet effet est réel, mais il ne remplace pas un traitement médicamenteux.
- Effet de seuil de porte
- Oublier, en sortant d’une pièce, ce pour quoi on y allait. Le changement de décor remet la mémoire de travail à zéro ; cela arrive à tout le monde, mais plus souvent dans le TDAH.
- Effet des réseaux sociaux
- Le fait que les contenus sur le TDAH diffusés en vidéos courtes augmentent à la fois la sensibilisation et les fausses informations. Beaucoup de personnes partent de là et obtiennent le bon diagnostic, beaucoup d’autres sont mal orientées.
- Effet du cycle menstruel
- Variation des symptômes du TDAH au fil du cycle sous l’effet des changements du taux d’hormones. Sujet tout juste en cours d’exploration, dont on parle de plus en plus en clinique.
- Effet indésirable
- Les autres effets qui apparaissent à côté de l’effet recherché. Avec les stimulants, on signale le plus souvent une baisse de l’appétit, un endormissement retardé, une bouche sèche et des maux de tête.
- Effet nouveau carnet
- La motivation passagère que donne un nouveau départ propre. Réelle mais brève ; sans structure, elle s’arrête à la troisième page.
- Effet rebond (Rebound)
- Un retour marqué des symptômes, pour une courte durée, quand l’effet du médicament s’achève. On l’observe en général en fin d’après-midi et on le gère en ajustant le schéma des prises.
- Effondrement après l’hyperfocalisation
- L’épuisement qui suit une longue hyperfocalisation. On n’a pas bu d’eau, pas mangé, et le corps présente la facture ensuite.
- Effondrement de l’après-midi
- Une baisse nette de l’attention et de l’énergie en milieu de journée. Elle peut aussi coïncider avec l’heure où l’effet du médicament diminue.
- Élagage synaptique
- Nettoyage des connexions peu utilisées au cours du développement. Base des théories liées au retard de maturation dans le TDAH.
- Empan de mémoire de travail
- Le nombre d’unités d’information qu’on peut retenir en une fois. Dans les tests d’évaluation, on le mesure avec des suites de chiffres ou de lettres.
- Empilement d’habitudes (Habit stacking)
- Ajouter une nouvelle habitude à la suite d’une habitude existante. Par exemple : « après avoir mis le café en route, je prends mon médicament ».
- Encadrement de la prescription
- La délivrance des médicaments stimulants sur ordonnance spéciale et avec enregistrement. Dans la plupart des pays, Turquie comprise, elle passe par l’ordonnance rouge ou verte (ordonnances turques spéciales).
- Endophénotype
- Caractéristique intermédiaire mesurable, située entre le symptôme et le gène. Par exemple la variabilité du temps de réaction.
- Engagements excessifs
- Se charger de plus de travail que ce qu’on peut porter. Sur le moment, tout semble possible, parce que la fatigue à venir ne peut pas entrer dans le calcul.
- Entraînement attentionnel
- Des travaux visant à renforcer l’attention par des exercices. L’exercice lui-même progresse, mais le transfert à la vie quotidienne reste limité.
- Entraînement parental comportemental
- Un programme qui apprend aux parents à poser des limites cohérentes et à mettre en place un système de récompenses. L’une des interventions les mieux étayées dans le TDAH de l’enfant.
- Entretien motivationnel
- Une méthode de conversation qui vise à faire émerger le désir de changement chez la personne elle-même. Elle ne cherche pas à convaincre.
- Entretien structuré
- Une évaluation menée dans un ordre précis, avec des questions fixes. Elle réduit les écarts entre les évaluateurs.
- Épigénétique
- Régulation de l’activité des gènes sans modification de la séquence génétique. L’un des domaines qui expliquent comment l’environnement passe dans la biologie.
- Épuisement (Burn-out)
- L’effondrement qui vient après avoir travaillé longtemps au-delà de sa capacité. Il arrive plus tôt dans le TDAH, parce qu’une journée d’apparence ordinaire se passe déjà dans le masquage et l’effort de compensation. Son signe ressemble à de la paresse : même les tâches les plus simples deviennent impossibles.
- Errance mentale (Mind wandering)
- L’attention qui se détache de la tâche et part vers des pensées intérieures. Plus fréquente et plus longue dans le TDAH, elle est aussi associée à la créativité.
- Erreur d’étourderie
- Se tromper sur une chose qu’on sait faire, parce qu’on l’a faite trop vite. Mal lire la question pendant un examen en est l’exemple classique.
- Erreur de planification
- La tendance à toujours estimer son propre travail plus court qu’il ne l’est. Tout le monde l’a. Dans le TDAH, combinée à la cécité du temps, elle se multiplie.
- Essai contrôlé randomisé
- Une recherche dans laquelle les participants sont répartis au hasard en groupes. C’est l’étalon-or pour montrer si un traitement fonctionne vraiment.
- Essoufflement de la nouveauté
- Un nouveau système qui fonctionne grâce à l’enthousiasme des débuts, puis qu’on abandonne rapidement. Le problème n’est pas le système, mais la fin de la stimulation que procurait la nouveauté.
- Estimation du temps
- Évaluer combien de temps va durer un travail. Dans le TDAH, on l’estime systématiquement trop court, et cela ne se corrige même pas après s’être trompé de nombreuses fois.
- État de stress post-traumatique
- Hypervigilance, évitement et reviviscence qui persistent après un événement traumatique. Il peut donner l’apparence d’un problème d’attention.
- Étiquette « haut fonctionnement »
- Une expression informelle employée pour les personnes qui semblent réussir de l’extérieur. Elle décrit le degré auquel la difficulté est dissimulée, pas son ampleur.
- Étude d’association pangénomique (GWAS)
- Recherche d’association menée en analysant le génome de milliers de personnes. Plusieurs régions ont été identifiées pour le TDAH, aucune n’est déterminante à elle seule.
- Étude en double aveugle
- Un plan de recherche dans lequel ni le participant ni la personne qui administre ne savent qui reçoit le vrai médicament. C’est l’une des méthodes dont le niveau de preuve est le plus élevé.
- Évitement
- Se réfugier dans autre chose pour ne pas penser à la tâche qui met en difficulté. La différence avec la procrastination est la suivante : la procrastination retarde le temps, l’évitement efface le sujet de l’esprit. Ne pas ouvrir la facture, ne pas lire le résultat, ne jamais voir ce dossier. Cela soulage, et c’est précisément pour cela que cela grandit.
- Évitement du téléphone
- Repousser le moment de passer un appel ou de décrocher. C’est difficile parce que c’est une interaction qu’on ne peut ni planifier ni éviter, et qui exige une réponse immédiate.
- Expériences négatives de l’enfance (ACE)
- Cadre dans lequel on mesure les expériences difficiles de la petite enfance. Elles peuvent à la fois accompagner le TDAH et produire un tableau semblable.
- Explosion d’intérêt
- S’attacher soudainement et intensément à un sujet. Tout apprendre pendant des semaines, puis n’y plus jamais revenir.
- Exposition
- Se confronter progressivement à la situation évitée. Elle vient du traitement de l’anxiété ; dans le TDAH, on l’utilise pour les comportements d’évitement.
- Externalisation de la mémoire
- Déléguer entièrement le fait de se souvenir au papier et aux appareils. Dans le TDAH, ce n’est pas un conseil, c’est la stratégie de base.
- Extinction de l’intérêt
- La baisse de l’intérêt une fois la nouveauté passée dans la relation. Ce n’est pas la disparition du sentiment, mais la baisse de la stimulation ; savoir les distinguer peut sauver la relation.
F
- Facteurs de risque prénataux
- Association du tabac, de l’alcool et de certaines difficultés pendant la grossesse avec le risque de TDAH. Le lien existe, mais il n’a pas été démontré qu’ils en soient la cause directe.
- Faible estime de soi
- Un sentiment de sa propre valeur peu élevé. Ce n’est pas un symptôme direct du TDAH, mais la conséquence d’années passées sans traitement.
- Faim de dopamine
- Le sentiment que le signal de récompense ne suffit pas. L’ennui, l’agitation et le défilement sans but en sont les signes.
- Faim de stimulation
- Une agitation qui grandit quand l’environnement devient calme. C’est la raison pour laquelle le téléphone comble si vite les moments de vide.
- Fatigue des conseils
- L’état épuisant d’être exposé en permanence à des propositions de solutions. La plupart du temps, elles ont déjà été essayées.
- Fausse information bien intentionnée
- Les informations erronées diffusées par des personnes qui veulent aider. La source de pollution informationnelle la plus répandue dans le domaine du TDAH.
- Faux négatif
- Le fait qu’une personne qui a la condition soit manquée par le test. Fréquent chez les personnes qui font du masquage et chez celles dont la présentation inattentive est prédominante.
- Faux positif
- Le fait qu’une personne qui n’a pas la condition ressorte positive au test. C’est le problème le plus courant des dépistages courts.
- Faux traitement
- Des méthodes sans preuve, pourtant vendues comme des solutions. Le TDAH est l’un des domaines où ces promesses abondent, à cause du désarroi.
- Fenêtre de concentration
- L’intervalle de temps pendant lequel une personne peut vraiment travailler efficacement. Dans le TDAH, elle est étroite et peut tomber à des heures inattendues de la journée.
- Fer et ferritine
- L’association d’un faible taux de fer avec l’attention et l’agitation. On peut le vérifier lors de l’évaluation, mais on ne prend pas de complément de sa propre initiative.
- Flexibilité cognitive
- Pouvoir changer de comportement quand la règle change. Quand elle est faible, la personne continue plus longtemps à essayer une méthode qui ne marche pas.
- Fluctuation des capacités
- Réussir très bien la même tâche un jour, et ne pas y arriver du tout le lendemain. L’aspect du TDAH le plus mal compris : on prend l’irrégularité pour du manque de volonté.
- Fluctuations émotionnelles
- L’humeur change rapidement au cours d’une même journée. Ce qui la distingue du trouble bipolaire, c’est la durée : ici des heures, là des jours et des semaines.
- Fonctions exécutives (Executive function)
- L’équipe de gestion mentale qui conduit une tâche du début à la fin : démarrer, ordonner, garder en tête, freiner l’impulsion, estimer la durée, terminer. Le TDAH est en grande partie le fonctionnement irrégulier de cette équipe. Ce n’est pas un manque de connaissances ou de volonté, c’est un manque d’exécution : le fossé entre savoir ce qu’il faut faire et le faire.
- Fuite des abonnements
- Des abonnements oubliés et inutilisés qui continuent d’être payés. On repousse la résiliation, parce qu’elle demande de décider.
G
- Ganglions de la base
- Groupe de structures chargé de réguler le mouvement et les habitudes. Des différences structurelles et fonctionnelles sont rapportées dans le TDAH.
- Gestion du foyer
- L’ensemble des tâches invisibles qui font tourner la maison. Chacune est petite, mais leur somme équivaut à un travail à plein temps.
- Gigotement
- Balancer le pied, faire tourner un stylo, changer sans cesse de position sur son siège. Le mouvement ne perturbe pas l’attention, il la rassemble le plus souvent.
- Guanfacine
- Une option non stimulante. Elle est utilisée surtout pour l’impulsivité et la régulation émotionnelle, seule ou en complément d’un stimulant.
H
- Habiletés sociales
- La capacité de mener une interaction réciproque. Dans le TDAH, le savoir est généralement là, c’est la mise en pratique sur le moment qui trébuche.
- Habituation (Accoutumance)
- Un stimulus répété qui n’est plus remarqué. C’est la raison pour laquelle les systèmes visibles perdent leur fonction avec le temps : la feuille reste sur le mur, mais on ne la voit plus.
- Habitude de capture
- Le réflexe de noter tout de suite quelque part ce qui te passe par la tête. Décisive, parce que les idées disparaissent très vite.
- Hérédité (Transmission héréditaire)
- Transmission d’un trait au sein d’une famille. Le TDAH est l’un des troubles psychiques les plus héréditaires, avec des estimations autour de soixante-quinze pour cent.
- Honte
- Le sentiment que c’est toi qui es en faute, et non ce que tu as fait. Dans le TDAH, elle s’accumule au fil des échecs répétés et c’est l’une des cibles les plus silencieuses du traitement.
- Honte toxique
- Une honte ancrée dans l’identité, qui ne dépend pas d’un événement. Ce n’est pas « je n’ai pas réussi à le faire », mais « je suis incapable ».
- Horaires de travail flexibles
- Laisser à la personne le choix de ses heures de début et de fin de travail. Déterminant pour celles dont la fenêtre de concentration tombe en dehors du matin.
- Hygiène du sommeil
- L’ensemble des habitudes qui facilitent l’endormissement. Des horaires fixes, une chambre obscure, du temps sans écran. Seule, elle ne suffit pas, mais elle pose les bases.
- Hyperactivité
- Une agitation excessive. Dans l’enfance, elle se voit dans le corps, à l’âge adulte, elle se déplace vers l’intérieur chez la plupart des personnes : balancer le pied, changer sans cesse de position, ne pas pouvoir arrêter son esprit. Quelqu’un qui paraît calme de l’extérieur peut aussi être hyperactif, et c’est pourquoi le diagnostic arrive tard.
- Hyperfocalisation (Hyperfocus)
- S’absorber dans quelque chose au point que le temps, la faim et ce qui t’entoure disparaissent. C’est l’aspect du TDAH le plus souvent mal compris : on te dit « donc tu sais te concentrer ». Le problème n’est pas de ne pas pouvoir se concentrer, c’est de ne pas pouvoir choisir où va la concentration. Elle peut être productive, mais aussi te laisser sans avoir bu une gorgée d’eau au bout de dix heures.
- Hyperlaxité du tissu conjonctif (Hypermobilité)
- Articulations plus souples que la normale. Des recherches se poursuivent sur son association avec le TDAH et l’autisme.
- Hyperphagie boulimique
- Crises où l’on mange sans contrôle une grande quantité en peu de temps. Liée à l’impulsivité et à la régulation émotionnelle.
I
- Illusion de capacité
- L’hypothèse que pouvoir faire une chose une fois signifie pouvoir la faire à chaque fois. Elle ignore les fluctuations de la compétence.
- Illusion de la petite tâche
- Une tâche de cinq minutes repoussée pendant des semaines. La durée est courte, le seuil de démarrage est haut ; ce sont deux choses distinctes.
- Illusion du lundi
- La croyance que tout sera remis à plat à une date précise. Elle fournit une justification d’apparence légitime pour procrastiner.
- Imagerie fonctionnelle (IRMf)
- Observation des régions du cerveau pendant qu’elles travaillent. Elle montre des différences dans les moyennes de groupe, mais ne permet pas de poser un diagnostic chez une seule personne.
- Impératif d’urgence
- Ne pouvoir faire que les tâches urgentes. Une tâche importante mais pas urgente attend jusqu’à ce qu’elle le devienne.
- Impuissance apprise
- Cesser d’essayer après des échecs répétés. La conviction que « de toute façon, ça ne marchera pas » empêche aussi les vraies tentatives.
- Impulsivité
- Agir ou parler avant d’avoir réfléchi. Couper la parole, remplir le panier, envisager tout à coup très sérieusement de démissionner. Ce n’est pas que le frein n’existe pas, il arrive en retard : il se met en marche une fois l’action commencée. C’est pourquoi la meilleure solution n’est pas d’augmenter la volonté, mais d’interposer un délai physique.
- Inattention
- Des détails qui échappent, des consignes laissées à moitié, des objets qui disparaissent. Premier groupe de critères du diagnostic, et celui qui persiste le plus à l’âge adulte.
- Incapacité à rester en place
- Se lever là où l’on est censé rester assis. On le voit en réunion, en cours, à table, et à l’âge adulte on trouve des prétextes : aller chercher de l’eau, regarder son téléphone.
- Indices sociaux
- Les signaux non verbaux d’une conversation, comme le ton de la voix, les pauses, les mimiques. Quand l’attention est ailleurs, ils passent inaperçus et provoquent des malentendus.
- Inertie cognitive
- La tendance de l’esprit à rester dans son état actuel. Elle explique à la fois l’incapacité à commencer et l’incapacité à s’arrêter.
- Inertie du matin
- Rester longtemps non fonctionnel après le réveil. L’alarme sonne, le corps se lève, l’esprit arrive une heure plus tard.
- Inertie du sommeil
- La période de brouillard qui suit le réveil. Dans le TDAH, elle peut durer plus longtemps.
- Inertie émotionnelle
- Entrer dans une émotion sans pouvoir en sortir. La colère ou la tristesse ne s’éteignent pas d’elles-mêmes, il faut une intervention extérieure.
- Inhibition (Contrôle inhibiteur)
- Pouvoir arrêter une réaction qui arrive automatiquement. Pierre angulaire des fonctions exécutives, et la plupart des théories du TDAH cherchent ici le déficit principal.
- Inhibition de la réponse
- Pouvoir annuler au dernier moment un geste déjà commencé. Avaler la phrase sur le point de sortir de sa bouche ou retirer la main qui s’était tendue, c’est cela.
- Initiation de la tâche
- Pouvoir faire le premier geste d’un travail. C’est là que les fonctions exécutives trébuchent le plus : tout est prêt, rien ne démarre.
- Intensité de l’attachement
- S’attacher rapidement et profondément à une nouvelle relation. Un schéma qui vient avec la stimulation de la nouveauté.
- Intensité émotionnelle
- Les émotions sont vécues avec une intensité plus forte que chez les autres. La joie comme la colère paraissent tout aussi immenses.
- Intention d’implémentation (Plan si-alors)
- Décider à l’avance sous la forme « si cela arrive, je fais ceci ». Comme cela supprime la charge de la décision sur le moment, c’est nettement efficace dans le TDAH.
- Interaction gène-environnement
- Fait qu’une prédisposition génétique produise ses effets en combinaison avec les conditions de l’environnement. La prédisposition n’est pas un destin, le milieu écrit aussi.
- Interaction médicamenteuse
- Le fait que deux médicaments modifient l’effet l’un de l’autre. Il faut dire au médecin tout ce que l’on prend, produits à base de plantes compris.
- Intérêt sélectif
- Être irréprochable sur ce qui intéresse et hors d’état de fonctionner sur le reste. De l’extérieur, cela ressemble à une incohérence ; c’est en réalité la manière dont le système fonctionne.
- Interruption de la parole
- Couper la parole avant que l’autre ait terminé. Il y a rarement une intention d’impolitesse : on se précipite parce que, si la phrase n’est pas dite, elle va disparaître.
- Intolérance à l’ennui
- Ne pas supporter l’ennui. Dans le TDAH, ce n’est pas un simple désagrément, mais un état vécu comme quelque chose qu’il faut à tout prix éviter.
J
- Jeûne de dopamine
- Un essai où l’on s’éloigne volontairement des stimulations. Un concept populaire ; son fondement scientifique n’est pas aussi solide qu’on le prétend.
- Journée tout ou rien
- Quand un plan qui déraille dès la première heure annule toute la journée. Si l’alarme du matin est ratée, la journée est condamnée.
L
- Langage centré sur la personne
- Dire « personne vivant avec un TDAH » plutôt que « personne TDAH ». Pour ne pas réduire l’identité au diagnostic. La formulation préférée varie d’une personne à l’autre.
- Le mur
- L’obstacle invisible contre lequel on se cogne soudain devant une tâche. Il n’y a pas de raison logique, et pourtant on n’arrive pas à le franchir.
- Libération prolongée
- Une formulation qui maintient le taux du médicament dans le sang stable pendant longtemps. Elle atténue les hauts et les bas.
- Lisdexamfétamine
- Un dérivé de l’amphétamine qui ne devient actif qu’après avoir été transformé dans l’organisme. Son effet démarre lentement et dure longtemps.
- Liste d’attente
- Le temps qu’on attend son tour pour une évaluation. Dans de nombreux pays, il se mesure en mois, et c’est l’une des raisons pratiques du retard de diagnostic.
- Liste de clôture
- Une vérification fixe pour terminer la journée de travail. Comme elle ferme les boucles ouvertes, elle allège la charge mentale de la soirée.
- Ludification
- Ajouter aux tâches des éléments de jeu comme des points, des niveaux et des séries. L’effet est réel, mais il s’éteint généralement quand la nouveauté passe.
- Lumière du matin
- Sortir à la lumière naturelle après le réveil. Une façon d’avancer l’horloge interne, sans médicament et avec un effet démontré.
M
- Maintenant et pas maintenant
- Ne diviser le temps qu’en deux catégories. La description courte la plus courante de la perception du temps dans le TDAH.
- Maintien de la tâche
- Pouvoir rester dans un travail commencé. Une fois l’obstacle du démarrage franchi, c’est le deuxième obstacle, et on en parle généralement moins.
- Maladies auto-immunes
- Situations où le système immunitaire réagit contre les tissus de l’organisme. Leur lien avec le TDAH est étudié dans certaines recherches ; aucune causalité certaine n’a été établie.
- Masquage (Masking)
- Dépenser un effort constant pour cacher les symptômes. Faire semblant de prendre des notes, partir une demi-heure plus tôt que tout le monde, ne montrer le désordre à personne. À court terme, cela marche, à long terme, cela coûte cher : comme rien ne se voit de l’extérieur, le soutien n’arrive pas, tandis que la fatigue s’accumule.
- Matin lent
- La préférence de commencer la journée longuement et avec peu de stimulations. Chez les personnes qui ont de l’inertie le matin, c’est plus efficace que de se forcer.
- Médicaments stimulants (Stimulants)
- Le groupe de médicaments le plus utilisé dans le traitement du TDAH. Ils agissent en renforçant le signal dans les circuits de l’attention et de la récompense du cerveau, d’où leur nom de stimulants. Ils ne changent pas la personnalité et n’enseignent pas de compétences : ils facilitent la mise en place du système. Les prescrire, les suivre et en fixer la dose relève du médecin.
- Mélatonine
- L’hormone sécrétée dans l’obscurité, qui annonce le passage au sommeil. Dans le TDAH, sa sécrétion peut démarrer tard.
- Mémoire contextuelle
- Se souvenir d’une information avec l’environnement où on l’a apprise. C’est la raison pour laquelle travailler dans une pièce et passer l’examen dans la même pièce aide.
- Mémoire de travail (Mémoire opérationnelle)
- L’information provisoire que tu dois garder en tête pendant que tu fais quelque chose. Pourquoi tu as ouvert la porte de cette pièce, ce que tu allais dire au début de ta phrase, le deuxième des trois points que tu as en tête. Dans le TDAH, la capacité n’est pas faible, mais la prise est fragile : l’information est là, puis il suffit que quelque chose s’intercale pour qu’elle s’efface. C’est pour cela qu’écrire à l’extérieur de sa tête fonctionne : le papier n’oublie pas.
- Mémoire prospective (Mémoire tournée vers l’avenir)
- Se souvenir de faire quelque chose plus tard. « Sors la poubelle en partant », c’est exactement cela, et c’est le type de mémoire qui baisse le plus souvent dans le TDAH.
- Mémoire rétrospective
- Se souvenir de quelque chose qui s’est passé. Généralement solide dans le TDAH : le problème n’est pas d’enregistrer l’information, mais de la rappeler au bon moment.
- Ménopause
- Effet de la baisse des œstrogènes sur l’attention et la mémoire. Chez certaines femmes, les symptômes du TDAH deviennent plus marqués à cette période.
- Message resté en suspens
- Les messages écrits mais jamais envoyés, ou lus mais jamais auxquels on répond. La réponse a été donnée dans la tête, pas avec les mains.
- Méta-analyse
- La méthode qui rassemble de nombreuses études sur un même sujet pour en tirer un résultat commun. Elle réduit le risque d’être induit en erreur par une seule étude.
- Métacognition
- Remarquer sa propre manière de penser et la gérer. Pouvoir dire « là, je décroche », « j’estime toujours cette tâche plus courte qu’elle ne l’est ». Elle s’apprend, et c’est l’une des compétences les plus utiles dans le TDAH, parce qu’au lieu de solutions au cas par cas, elle permet à la personne de voir son propre schéma.
- Méthode de la boîte
- Mettre dans une boîte provisoire les affaires qu’on n’arrive pas à ranger, puis trier plus tard. Elle vise un ordre vivable plutôt qu’un ordre parfait.
- Méthode des comptes séparés
- Garder les dépenses fixes et l’argent dépensable sur des comptes séparés. Cela limite l’effet des dépenses impulsives.
- Méthode du canard
- Résoudre un problème en l’expliquant à un auditeur inanimé. Elle vient de la programmation ; expliquer met la pensée en ordre.
- Méthylphénidate
- Le principe actif stimulant le plus utilisé dans le TDAH. Il agit en ralentissant la recapture de la dopamine et de la noradrénaline. Il existe des formes à action courte et des formes à action longue.
- Micromanagement
- Contrôle étroit de chaque étape. On dirait qu’il apporte de la structure, mais comme il réduit l’autonomie, il se retourne le plus souvent contre son but.
- Miettes de récompense
- De petites récompenses semées au milieu d’une longue tâche. Elles résolvent concrètement le problème de la récompense différée.
- Migraine
- Crises de maux de tête violents et récurrents. Son association avec le TDAH est rapportée dans des études.
- Minuteur visuel
- Un outil qui rend le temps écoulé visible à l’œil. Un sablier ou un indicateur de durée en couleurs peut être plus efficace qu’un chiffre numérique.
- Mode attente (Waiting mode)
- Ne rien pouvoir faire jusqu’à un rendez-vous ou une rencontre prévus plus tard. Toute la journée passe à cause d’une seule réunion.
- Modèle médical
- Le regard qui définit la condition comme un trouble chez la personne. Il donne accès au traitement ; pris seul, il ne remet pas l’environnement en question.
- Modèle social
- Le regard qui cherche le handicap non pas dans un manque de la personne, mais dans l’inadaptation de l’environnement. Le cadre sur lequel repose la demande d’aménagements.
- Moi dans trois minutes
- Une manière de décider en regardant non pas le futur lointain, mais un instant très proche. Un raccourci pratique décrit pour dépasser la cécité du temps.
- Moi du futur
- La personne imaginaire à qui tu passes le relais des tâches d’aujourd’hui. On lui fait toujours trop confiance, et elle se révèle toujours être la même personne.
- Moment TDAH
- Un événement du quotidien où un symptôme se montre de façon drôle ou absurde. Comme un téléphone retrouvé dans le frigo.
- Monopolisation de la parole
- Remplir la conversation sans s’en rendre compte. L’enthousiasme et la peur d’oublier agissent ensemble.
- Multitâche
- Faire plusieurs choses en même temps. En réalité, le cerveau passe rapidement de l’une à l’autre, il ne travaille pas en parallèle. Chaque changement a un coût : le multitâche n’est pas un talent, c’est une taxe.
- Mythe du sucre
- La croyance selon laquelle le sucre provoque le TDAH ou aggrave nettement les symptômes. Les études contrôlées ne la confirment pas.
N
- Naissance prématurée
- Résultats indiquant que naître avant terme augmente le risque de TDAH. Le risque augmente, mais la plupart des enfants nés prématurément ne développent pas de TDAH.
- Neurodivergent
- Un esprit qui fonctionne en dehors du schéma courant. Une expression-parapluie qui couvre des situations comme le TDAH, l’autisme et la dyslexie.
- Neurodiversité
- L’idée qu’il n’existe pas un seul bon modèle de cerveau humain et que les différences font partie de la diversité. Elle ne définit pas des conditions comme le TDAH et l’autisme uniquement par ce qui manque. Elle n’ignore pas les difficultés, elle les lit aussi comme un décalage entre la personne et son environnement.
- Neurofeedback
- Une méthode de régulation des ondes cérébrales par le retour d’information. La recherche se poursuit ; les résultats sont incohérents, et elle n’est pas reconnue comme un traitement pouvant remplacer le médicament.
- Neuroplasticité
- Capacité du cerveau à changer avec l’expérience. Le fondement biologique qui explique pourquoi la thérapie et le travail sur les habitudes fonctionnent.
- Neurotransmetteur
- Messagers chimiques qui transportent les signaux entre les neurones. Dans les discussions sur le TDAH, ce sont surtout la dopamine et la noradrénaline qui reviennent.
- Neurotypique
- Une personne dont le développement neurologique suit le schéma considéré comme courant. On emploie neurodivergent comme contraire.
- Nicotine
- Une substance addictive qui a un effet de courte durée sur l’attention. Elle est considérée comme l’une des raisons de la forte consommation de tabac dans le TDAH.
- Niveau d’éveil (Arousal)
- Le niveau de vigilance du système nerveux à un instant donné. Trop bas, la concentration ne vient pas, trop haut, elle se disperse. Dans le TDAH, ce niveau varie beaucoup au fil de la journée.
- Nommer les émotions
- Mettre des mots sur ce qu’on ressent. Cela paraît simple, mais cela fait baisser l’intensité de l’émotion de façon mesurable.
- Non-réponse
- Le fait que le médicament ne produise pas l’effet attendu. Il est courant que le premier médicament essayé ne convienne pas ; on essaie en général le second groupe.
- Noradrénaline
- Messager qui joue un rôle dans la vigilance, l’attention et la préparation à la réponse. Une bonne partie des médicaments du TDAH agit par ce système.
O
- Objet à manipuler (Fidget)
- Petit objet que l’on fait tourner dans la main. Chez certaines personnes, il aide à rassembler l’attention, chez d’autres, il devient une distraction de plus.
- Objet de l’angle mort
- Un objet qui se trouve dans le champ de vision sans être remarqué. C’est ce qui fait que la chose qu’on cherche se retrouve sur le bureau.
- Observance thérapeutique
- La prise du médicament comme prévu. Elle peut être faible dans le TDAH, car c’est le médicament censé aider à se souvenir que l’on oublie.
- Oméga-3
- Un complément pour lequel certaines études rapportent un léger effet positif. Son effet n’est pas comparable à celui d’un traitement médicamenteux.
- Organisation limite de la personnalité
- Tableau marqué par des fluctuations émotionnelles et une instabilité dans les relations. Il peut être confondu avec le versant émotionnel du TDAH ; la distinction demande une évaluation clinique.
- Oubli de boire
- Ne pas remarquer le signal de la soif. La forme la plus fréquente, et la plus facile à corriger, de la cécité aux signaux du corps.
- Oubli de prendre son médicament
- Ne pas réussir à se rappeler justement le médicament censé aider à se rappeler. L’ironie la plus connue du traitement du TDAH, et un exemple typique de ce qui demande un rappel extérieur.
- Oublis
- Les tâches du quotidien qui sortent de la tête. Dans le TDAH, ce n’est pas une maladie de la mémoire, mais le résultat conjoint de la mémoire prospective et de l’attention.
- Outil de dépistage
- Une courte échelle qui repère les personnes susceptibles d’être concernées. Un score élevé n’est pas un diagnostic : c’est une raison de demander une évaluation approfondie.
P
- Paiement automatique
- Régler les factures sans avoir besoin d’y penser. L’étape unique qui réduit le plus la « taxe TDAH ».
- Paperasse
- Les démarches de documents officiels, de dossiers et de formulaires. Parce qu’elles comportent de nombreuses étapes, une récompense différée et des contours flous, c’est le type de tâche le plus repoussé dans le TDAH.
- Paradoxe du rangement
- Le fait que, pour ranger, il faille d’abord mettre encore plus de désordre. Le chaos de l’étape intermédiaire fait abandonner la plupart des tentatives à mi-chemin.
- Paralysie de l’analyse (Surréflexion)
- Se perdre dans la collecte d’informations au point de ne plus décider. À force de peser le pour et le contre de chaque option, le nombre d’options grandit et aucune ne paraît assez bonne. Le résultat, le plus souvent, est de ne rien choisir, ce qui est aussi un choix. Cela peut arriver même pour de petites décisions : chercher pendant deux heures quel film regarder, puis s’endormir.
- Paralysie de la boîte mail
- Une boîte de réception si pleine qu’on ne peut plus la regarder. Chaque ouverture est une nouvelle pile de décisions, alors la boîte est complètement abandonnée.
- Paralysie de la tâche (Blocage, Task paralysis)
- Ne pas pouvoir commencer alors que tu sais exactement ce qu’il y a à faire. De l’extérieur, cela ressemble à de l’aversion pour la tâche, de l’intérieur, cela se vit comme un gel : le corps ne bouge pas. Découper la tâche en une première étape absurdement petite, par exemple simplement ouvrir le dossier, débloque la situation la plupart du temps.
- Parcours en zigzag
- Changements fréquents de poste et de domaine. On y lit de l’indécision, mais c’est le plus souvent le résultat d’une recherche de stimulation et de postes mal adaptés.
- Parentification
- Le fait que l’un des partenaires se retrouve coincé dans le rôle de la personne qui s’occupe de l’autre. Épuisant pour les deux, et c’est le sujet le plus souvent travaillé en thérapie de couple.
- Parole sans filtre
- Dire ce qui vient à l’esprit. On peut y voir de la sincérité, mais cela coûte cher au travail ou sur des sujets sensibles.
- Partage d’expérience
- Raconter ce qu’on a vécu de façon à ce qu’une autre personne puisse s’en servir. La différence avec le conseil : on ne pose pas de règle, on donne un exemple.
- Partage excessif
- Donner plus d’informations personnelles que l’autre n’en attend. Le mélange de l’impulsivité et du désir de créer du lien.
- Partenaire de responsabilisation
- La personne à qui tu rends compte régulièrement de ce que tu as fait. L’une des façons les moins coûteuses et les plus efficaces de créer une structure extérieure.
- Pause de mouvement
- Courte pause de mouvement prévue pendant le cours. Pour rassembler l’attention, elle est posée comme un besoin et non comme une punition.
- Pause thérapeutique
- Une interruption planifiée du traitement. Elle est parfois appliquée le week-end ou pendant les vacances ; elle ne convient pas à tout le monde et ne se fait pas de sa propre initiative.
- Pensées qui s’emballent
- Des pensées qui se courent après et ne s’arrêtent pas. Cela s’accentue surtout au moment de se coucher et retarde l’endormissement.
- Penser à voix haute
- Dire les étapes à voix haute en faisant une tâche. Cela soutient la mémoire de travail et renforce le suivi des erreurs.
- Perfectionnisme
- Préférer ne pas faire plutôt que de faire quelque chose d’imparfait. Dans le TDAH, l’une des raisons de la procrastination les plus souvent dissimulées.
- Performance en situation de crise
- Capacité à travailler étonnamment bien dans l’urgence. Elle explique certains choix de métier, et ce n’est pas un mode de travail durable.
- Permanence de l’objet
- Garder à l’esprit que ce qu’on ne voit pas continue d’exister. Dans le TDAH, elle s’affaiblit pour les objets et les tâches : la nourriture qui entre dans le placard disparaît, la facture qui entre dans le tiroir n’est même plus considérée comme impayée. Les boîtes transparentes, les étagères ouvertes et les listes visibles ne sont donc pas de la décoration, mais un système.
- Perméabilité émotionnelle
- Se laisser rapidement gagner par les émotions de l’entourage. La tension d’une pièce passe directement dans le corps.
- Perte d’objets
- Déplacer sans cesse ses clés, son téléphone, son portefeuille, et ne plus les retrouver. Le résultat conjugué d’un manque de permanence de l’objet et d’un manque d’automatisation.
- Petite victoire
- Une étape qui paraît insignifiante de l’extérieur mais qui est vraiment difficile à franchir. Décrocher le téléphone, envoyer le formulaire, prendre une douche.
- Phrase interrompue
- Perdre un mot en plein milieu de la phrase en parlant. Il tombe de la mémoire de travail et, le plus souvent, ne revient pas.
- Piège de la comparaison
- Mesurer sa propre difficulté à l’aune de ce qu’on voit de quelqu’un d’autre. Comme les stratégies de compensation de chacun sont cachées, la mesure est faussée d’emblée.
- Pile d’onglets
- Des dizaines d’onglets ouverts. On n’arrive à en fermer aucun, parce que fermer, c’est oublier ; c’est la permanence de l’objet version navigateur.
- Pile de papiers
- Un amas de documents qu’on ne parvient ni à jeter ni à classer. Chaque papier qui demande une décision attend dans la pile.
- Place attitrée à la maison
- Donner à chaque objet une place fixe et visible. C’est le principe d’organisation le plus utile quand la permanence de l’objet est faible.
- Placebo
- Une préparation sans principe actif, utilisée à titre de comparaison. C’est la méthode qui permet de distinguer si les médicaments étudiés fonctionnent ou non.
- Plafond de compétence
- Le sentiment d’une limite que l’effort ne permet pas de dépasser. Le plus souvent, c’est la limite de la mauvaise méthode, pas celle de la personne.
- Planification
- Découper un résultat en étapes et les mettre en ordre. Dans le TDAH, l’objectif est net, mais les marches intermédiaires restent invisibles.
- Planification d’activités
- Découper la journée à l’avance en activités concrètes. Cela évite que le temps libre se remplisse de lui-même.
- Planification par blocs de temps
- Réserver dans l’agenda des plages nommées pour chaque tâche. C’est plus réaliste qu’une liste de choses à faire qui ne comporte aucune durée.
- Polygénique
- Dépendre non pas d’un seul gène, mais de la petite contribution d’un grand nombre de gènes. Il n’existe pas de « gène du TDAH ».
- Pourrissement cérébral (Brain rot)
- Le fait de consommer pendant des heures du contenu de faible valeur. C’est employé sur le ton de la plaisanterie, mais le temps perdu qu’il décrit est bien réel.
- Préparation excessive
- Se préparer indéfiniment au lieu de commencer le travail. Acheter un nouveau carnet, mettre un système en place, faire des recherches. Tout cela a l’air d’un vrai travail.
- Préservation de la série
- La motivation de maintenir un nombre de jours consécutifs. Un moteur puissant ; quand la série est rompue, le risque d’abandon est tout aussi élevé.
- Prévalence
- La fréquence d’une condition dans la population. Pour le TDAH, on rapporte environ 5 % chez les enfants et environ 2,5 % chez les adultes.
- Priorité aux protéines
- La recommandation de commencer la journée avec une part importante de protéines. Les preuves sont limitées, mais on en parle parce que cela réduit les variations de la glycémie.
- Problème des surfaces horizontales
- Chaque surface plane laissée libre se remplit en peu de temps. Le bureau, la chaise, le banc. Cela naît de la rencontre entre le rangement et la visibilité.
- Procrastination (Remise à plus tard)
- Repousser à plus tard ce qui doit être fait, tout en sachant que le résultat sera mauvais. On la confond avec la paresse, mais c’est l’inverse : en général, on sait très bien à quel point la tâche est importante, et c’est pour cela qu’il est difficile de s’en approcher. En dessous, il y a l’ennui, l’incertitude ou la peur d’échouer.
- Procrastination du coucher par vengeance (Revenge bedtime procrastination)
- Le comportement qui consiste à se faire payer la nuit pour n’avoir pas pu maîtriser sa journée. Au prix d’un lendemain sacrifié en toute conscience.
- Procrastination productive (Productive procrastination)
- Faire une autre tâche pour fuir la tâche principale. C’est quand la date de rendu approche que la maison est le mieux nettoyée.
- Productivité de dernière minute
- Devenir soudain capable de travailler quand la date limite approche. La concentration passagère que procure l’anxiété prend la place de la motivation interne qui fait défaut. Cela fonctionne, et c’est pour cela qu’on y recourt encore et encore. Le prix se paie en santé, et avec le temps, la même panique produit de moins en moins de travail.
- Programme éducatif individualisé (BEP)
- Plan éducatif écrit, établi selon les besoins de l’élève. Les objectifs, les méthodes et les soutiens y sont définis.
- Promesse des cinq minutes
- Se promettre de ne travailler que cinq minutes. Comme commencer est l’étape la plus coûteuse, cela dure en général plus de cinq minutes.
- Psychoéducation
- Apprendre à la personne et à son entourage comment fonctionne son état. C’est la première étape du traitement, et son effet est sous-estimé : comprendre réduit directement la culpabilité.
Q
- Quête d’approbation
- Un fort besoin de retours extérieurs. Un résultat attendu chez quelqu’un qui a été critiqué pendant longtemps.
R
- Rangement visible
- Ranger les affaires à découvert ou dans des contenants transparents plutôt que fermés. Quand la permanence de l’objet est fragile, c’est le choix qui décide si l’ordre tient.
- Rappel externe
- Confier le souvenir à l’environnement plutôt qu’à la mémoire. Une alarme, un papier, un sac accroché à la porte. Ce n’est pas de la triche, c’est de la bonne conception.
- Rapport d’évaluation
- Le résumé écrit du processus et des résultats. C’est en général ce document qu’il faut pour demander des aménagements à l’école et au travail.
- Recadrage cognitif
- Changer l’effet émotionnel d’une situation en l’interprétant sous un autre angle. L’un des outils de base de la thérapie.
- Recapture
- Retrait du messager libéré vers l’intérieur de la cellule. Les médicaments stimulants ralentissent ce retrait et prolongent ainsi le signal.
- Récepteur
- Structure réceptrice à laquelle le messager se lie. Leur nombre et leur sensibilité varient d’une personne à l’autre.
- Recherche de nouveauté
- La tendance à se tourner vers ce qui est nouveau. Elle accélère l’apprentissage et rend plus difficile le fait de finir. Nettement plus élevée dans le TDAH.
- Recherche de stimulation
- Quand le cerveau n’est pas assez stimulé, il produit lui-même la stimulation. Trois onglets à la fois, une série en arrière-plan, une dispute inutile, un changement de plan à la dernière minute. L’ennui n’est pas ici un simple désœuvrement, c’est une sensation difficile à supporter.
- Redémarrage à zéro
- Reconstruire depuis le début au lieu de reprendre le travail resté en plan. Parce que le coût de se rappeler où l’on s’était arrêté pèse plus lourd que celui de recommencer.
- Régime d’éviction
- L’approche qui consiste à retirer certains aliments pour observer les symptômes. Un effet est rapporté dans un petit sous-groupe ; ce n’est pas une recommandation générale.
- Règle d’attente
- Mettre un délai entre la décision et l’achat. Laisser le panier une nuit est la pratique la plus courante.
- Règle de la liste unique
- Garder toutes les tâches au même endroit. Plusieurs listes ne marchent pas, parce qu’elles ajoutent aussi la décision de savoir laquelle regarder.
- Règle des deux contextes
- L’exigence que les symptômes se manifestent dans au moins deux contextes différents, pour montrer que le problème ne vient pas des conditions d’un seul milieu.
- Règle des deux minutes
- Faire tout de suite ce qui prend moins de deux minutes. Elle a été proposée pour éviter que la liste ne gonfle ; dans le TDAH, sa vraie fonction est d’abaisser le seuil de démarrage.
- Règle du canal unique
- Le travail arrive par un seul endroit. Quand messages, e-mails et demandes orales se mélangent, aucun ne peut être suivi de façon fiable.
- Règle du double exemplaire
- Avoir volontairement deux exemplaires d’un objet souvent perdu. Chargeur, ciseaux, lunettes. Elle achète le temps qu’on aurait passé à chercher.
- Règle du geste unique
- Ne pas lâcher ce que tu as pris en main sans l’avoir remis à sa place. Cela empêche les piles de se former à la source.
- Règle du premier rang
- Faire asseoir l’élève près de l’enseignant. Un aménagement de classe simple, mais dont l’effet a été mesuré.
- Regroupement en blocs (Chunking)
- Retenir l’information en la divisant en ensembles porteurs de sens. Comme regrouper un numéro à onze chiffres par trois.
- Régularité des repas
- Caler les repas à des heures précises. Cela prend de l’importance avec la perte d’appétit.
- Relecture en boucle
- Lire le même paragraphe plusieurs fois sans rien en retenir. Les yeux sont sur la ligne, l’attention est ailleurs.
- Remise à zéro de fin de journée
- Terminer la journée par une courte remise en ordre. Cela laisse au lendemain une surface de départ propre.
- Remise échelonnée
- Remise d’un gros devoir en plusieurs parties. Elle empêche structurellement que tout s’entasse la dernière nuit.
- Rendez-vous manqué
- Manquer un rendez-vous pourtant noté. Même quand l’alerte de l’agenda arrive, quelque chose s’intercale et le rappel disparaît.
- Renforcement
- Une conséquence qui suit un comportement et en augmente la répétition. Dans le TDAH, le renforcement doit être immédiat ; s’il tarde, le lien ne se fait pas.
- Répétition espacée
- Répéter l’information à des intervalles de plus en plus larges. L’une des méthodes qui augmentent le plus la durabilité de l’apprentissage, et elle sert tout particulièrement dans le TDAH.
- Réseau attentionnel exécutif
- Le réseau cérébral qui oriente l’attention et résout les conflits. Il doit fonctionner en alternance avec le réseau du mode par défaut.
- Réseau de soutien
- Les sources d’aide dans l’entourage d’une personne. Dans le TDAH, il peut peser plus que l’effort individuel.
- Réseau du mode par défaut
- Le réseau cérébral qui fonctionne quand on ne fait rien. Normalement, il se tait quand on passe à une tâche. Dans le TDAH, son extinction est retardée et l’errance mentale s’immisce.
- Réserve cognitive
- La capacité de réserve dont le cerveau dispose face à l’effort. Elle grandit avec les études, les centres d’intérêt et les liens sociaux.
- Résidu attentionnel (Attention residue)
- Une partie de l’esprit reste sur la tâche précédente après être passé à une autre. C’est pour cela que, quand tu regardes une notification puis que tu reviens, tu recommences le texte depuis le début. Le résidu dure particulièrement longtemps pour les tâches laissées en plan, et il est donc moins coûteux de finir un petit morceau et de se lever plutôt que de faire une pause.
- Résilience (Robustesse)
- Pouvoir se remettre après une épreuve. Ce n’est pas une qualité innée, mais une capacité qui se développe avec les relations et l’expérience.
- Résistance à la douche
- Prendre une douche ou se brosser les dents paraît d’une difficulté disproportionnée. Parce que c’est une tâche en plusieurs étapes, chargée sur le plan sensoriel, et dont la récompense est différée.
- Résistance à terminer
- Ne pas réussir à faire les cinq derniers pour cent d’une tâche. La nouveauté est passée, la récompense est prise, il ne reste que la corvée.
- Ressassement
- Rejouer dans sa tête, encore et encore, un moment social passé. En général, c’est un moment de honte qui est choisi, et cela perturbe le sommeil.
- Retard chronique
- Être sans cesse en retard alors qu’on avait l’intention d’être à l’heure. Un mélange de cécité du temps et d’habitude de tout faire tenir à la dernière minute.
- Retard de maturation
- Développement cérébral qui accuse quelques années de retard dans certaines régions. Il ne s’agit pas de ne jamais rattraper, mais de rattraper plus tard.
- Retard de phase du sommeil
- Le décalage constant de l’heure du coucher vers plus tard. Après minuit, l’esprit s’éveille et se lever le matin devient plus lourd. Cela n’a rien à voir avec la paresse, il s’agit d’un décalage de l’horloge interne. Il y a aussi une part volontaire : la personne qui ne trouve pas de temps à elle dans la journée ne veut pas lâcher la nuit.
- Retour des enseignants
- Prise en compte des observations faites en classe dans l’évaluation. Pour évaluer un enfant, il pèse autant que le récit des parents.
- Retour immédiat
- La réaction qui suit tout de suite le comportement. Un compliment ou une remarque tardifs ne servent presque à rien dans le TDAH.
- Retrait silencieux
- Se retirer d’une relation sans donner d’explication. La conséquence de l’évitement d’une conversation difficile, pas de la mauvaise intention.
- Réussite silencieuse
- Un accomplissement que personne ne remarque mais qui est grand pour la personne. La raison d’être des tableaux de motivation.
- Revue hebdomadaire
- L’habitude de rassembler une fois par semaine toutes les tâches ouvertes au même endroit. Elle fait passer les boucles non fermées de la tête au papier.
- Risque de dépendance
- La possibilité de devenir dépendant du médicament. Il existe des données solides indiquant que le traitement prescrit du TDAH n’augmente pas le risque de dépendance et réduit même le risque de consommation de substances.
- Risque de surdosage
- Le danger de prendre plus que la dose prescrite. Les stimulants agissant sur le cœur et sur la tension artérielle, on n’augmente pas la dose de soi-même.
- Rituel de transition
- Un petit comportement fixe placé entre deux tâches. Comme il marque le passage, il réduit le temps perdu dans l’attente.
- Rythme circadien
- L’horloge interne du corps, qui tourne sur un cycle d’environ vingt-quatre heures. Dans le TDAH, cette horloge prend souvent du retard.
S
- Salle de soutien scolaire
- Espace de l’école où l’on offre un soutien individuel ou en petit groupe. Pratique courante en Turquie.
- Salle de travail en ligne
- Un cadre où les gens allument leur caméra et travaillent ensemble en silence. La version à distance du body doubling (travailler avec quelqu’un à côté de soi).
- Saut d’un sujet à l’autre
- Passer d’un sujet à un autre en parlant, sans transition. Pour celui qui parle, le lien est évident ; pour celui qui écoute, le fil est rompu.
- Second cerveau
- Une organisation où les notes et les systèmes remplacent la mémoire. Le concept vient du champ général de la productivité ; dans le TDAH, il est plus indispensable.
- Semaine pourrie
- Une période où aucun système ne fonctionne et où tout part en vrac. Elle arrive souvent avec une dette de sommeil, une maladie ou du stress.
- Sentiment d’imposture (Syndrome de l’imposteur)
- Penser qu’on ne mérite pas sa réussite et qu’un jour on sera démasqué. Très répandu chez les personnes qui pratiquent le masquage.
- Séquençage
- Savoir dans quel ordre faire les étapes. Jeter les pâtes avant que l’eau ne bouille, en cuisinant, c’est l’exemple principal d’un séquençage qui échappe.
- Sérotonine
- Messager lié à l’humeur, au sommeil et au contrôle des impulsions. Il n’est pas au centre du TDAH, mais il entre en jeu dans les tableaux associés.
- Seuil de stimulation
- La limite à partir de laquelle un stimulus commence à être remarqué. Il varie d’une personne à l’autre et n’est pas fixe au cours de la journée non plus.
- Simulation mentale
- Se représenter un travail dans sa tête avant de le faire. Elle nourrit la motivation et la planification. Quand elle est faible, l’avenir reste abstrait.
- Soulagement du diagnostic
- L’allègement qu’apporte le diagnostic. Apprendre que ce qu’on prenait depuis des années pour un défaut de caractère a un nom.
- Souplesse sur les absences
- Ne pas sanctionner le fait de ne pas pouvoir suivre le cours les mauvais jours. L’illustration la plus concrète d’une performance irrégulière.
- Soutien par les pairs
- Le soutien que s’apportent les personnes qui vivent la même situation. Il ne remplace pas l’aide d’un professionnel, mais il réduit nettement la solitude.
- Spectre de l’autisme
- Condition développementale définie par la communication sociale et des schémas d’intérêts répétitifs. Sa présence avec le TDAH est courante, et l’on peut désormais poser les deux diagnostics en même temps.
- Stigmatisation
- L’exclusion ou le mépris à cause d’un diagnostic. Elle rend plus difficile d’annoncer le diagnostic et retarde l’accès au soutien.
- Stigmatisation intériorisée
- Adopter le jugement négatif venu de l’extérieur. Le mécanisme derrière la phrase « je suis comme ça, de toute façon ».
- Stimulation optimale
- Le niveau de stimulation auquel une personne travaille le mieux. Dans le TDAH, ce niveau est élevé, c’est pourquoi un environnement calme et vide ne facilite parfois pas la concentration, il la complique.
- Stimulation transcrânienne
- Des méthodes qui stimulent le cerveau de l’extérieur par un courant faible ou un champ magnétique. Elles en sont au stade expérimental et ne constituent pas un traitement de routine.
- Stratégie de compensation
- Combler une difficulté avec une autre compétence. Travailler à l’excès, faire des listes, partir plus tôt. Ça marche, et ça coûte cher.
- Striatum
- Structure cérébrale profonde qui fait partie des circuits de la récompense et des habitudes. L’une des principales étapes où le signal de la dopamine est traité.
- Suivi de la réponse
- Le fait de suivre l’efficacité du traitement avec des échelles et l’observation au quotidien. « Je me sens bien » ne suffit pas comme critère.
- Suivi de santé
- Faire régulièrement les rendez-vous de contrôle et de dépistage. Comme cela cale dans le TDAH, la santé générale en subit les conséquences.
- Suivi des consignes
- Se perdre au milieu d’une consigne en plusieurs étapes. Les deux premières étapes sont faites, la troisième tombe de la mémoire de travail.
- Surapprentissage
- Continuer à répéter une compétence après l’avoir apprise. Dans le TDAH, le nombre de répétitions nécessaires pour que les routines durent est plus élevé.
- Surcharge sensorielle
- Le moment où les entrées comme le bruit, la lumière, la foule et le toucher deviennent insupportables toutes en même temps. Le supermarché, l’open space et les transports en commun en sont des déclencheurs fréquents. Le résultat est une envie de fuir qui, de l’extérieur, ressemble à de la mauvaise humeur. Un casque et des pauses ne sont pas un remède, mais ils aident vraiment.
- Surcorrection
- Mettre en place un système excessif après une erreur. Le nouveau système est souvent trop détaillé pour pouvoir être tenu.
- Surveillance cardiaque
- Le suivi du pouls et de la tension avant et pendant un traitement stimulant. Une étape de sécurité de routine.
- Symptôme cible
- Un comportement précis que le traitement doit améliorer. Pas « aller mieux », mais un objectif concret comme « ne pas couper la parole en réunion ».
- Symptôme somatique
- Souffrance psychique qui se manifeste dans le corps sous forme de douleur ou de gêne. Les maux de tête et les maux d’estomac sont fréquents.
- Symptômes résiduels
- Des symptômes qui diminuent avec le traitement sans disparaître complètement. C’est une situation attendue ; l’objectif n’est pas de les ramener à zéro, mais de retrouver le fonctionnement.
- Syndrome de Gilles de la Tourette
- Tableau où des tics moteurs et des tics vocaux coexistent sur une longue durée. Le taux de TDAH associé est élevé.
- Syndrome de la dernière minute
- Ne commencer le travail que lorsque le délai se resserre. La concentration que procure l’anxiété prend la place de la motivation qui manque.
- Syndrome des 90 %
- Des tâches presque terminées mais jamais rendues. L’un des schémas qui coûtent le plus cher dans le TDAH.
- Syndrome des jambes sans repos
- Gêne dans les jambes qui crée une envie de les bouger. Elle perturbe le sommeil, et son association avec le TDAH est connue.
- Système de jetons (Économie de jetons)
- Un système où les petits comportements sont récompensés par des points. Il s’applique à l’école comme à la maison, et il est indispensable que la récompense soit fréquente et visible.
- Système de suivi des devoirs
- Suivi visible des devoirs entre l’école et la maison. Il comble de l’extérieur le déficit de mémoire prospective.
T
- Tâche vampire
- Une tâche qui dure peu mais consomme une énergie disproportionnée. Passer un appel, remplir un formulaire, écrire une contestation.
- Tâche-obstacle
- Une autre petite tâche qui se met en travers de ce qu’il y a à faire et le rend impossible. Comme devoir vider l’évier pour pouvoir faire la vaisselle.
- Tâches laissées en plan
- Abandonner ce qu’on a commencé avant de l’avoir fini. La maison devient souvent un ensemble de couches archéologiques de projets inachevés.
- Taille d’effet
- La mesure chiffrée de la différence qu’un traitement produit. Elle montre l’écart entre « statistiquement significatif » et « on le remarque dans la vie ».
- Taxe TDAH (ADHD tax)
- La facture, payée en argent, de l’oubli, de la procrastination et du désordre. L’amende pour une facture réglée en retard, les frais d’un rendez-vous manqué, le chargeur acheté une deuxième fois, les légumes qui ont pourri. Chaque élément est petit, mais le total annuel est considérable. Lui donner un nom aide : ce n’est pas de la maladresse, c’est le coût prévisible de la condition.
- TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ADHD)
- Une condition neurodéveloppementale liée à la régulation de l’attention, des impulsions et de l’agitation motrice. Le nom induit en erreur : l’attention ne manque pas, elle ne se laisse pas diriger. Des heures pour ce qui capte l’intérêt, trois minutes pour ce qui est nécessaire. Il commence dans l’enfance et, dans la grande majorité des cas, se poursuit à l’âge adulte, seule son apparence change.
- TDAH caché
- Quand le trouble passe inaperçu chez une personne qui paraît parfaitement organisée de l’extérieur. Une apparence produite par le masquage et une intelligence élevée réunis.
- TDAH comme identité
- Voir la condition moins comme une maladie que comme une partie de l’identité. Répandu dans la communauté ; ce n’est pas une approche adoptée par tout le monde.
- TDAH passé inaperçu chez les femmes
- Le fait que, chez les petites filles, les symptômes ne soient pas remarqués parce qu’ils s’expriment moins vers l’extérieur. Ce sont l’air absent et l’agitation intérieure qui ressortent, plutôt que le besoin de bouger.
- TDAH sous le seuil
- Vivre des difficultés marquées sans remplir pleinement les critères diagnostiques. Le besoin de soutien est réel, c’est la case du diagnostic qui est trop étroite.
- Technique Pomodoro
- Une méthode fondée sur un temps de travail défini suivi d’une courte pause. Comme la durée est visible, elle agit contre la cécité du temps.
- Télétravail
- Travail en dehors du bureau. Il facilite le contrôle des stimuli, mais il réduit aussi la structure, d’où un effet à double sens.
- Tempérament soupe au lait
- Une colère qui s’enflamme vite. En général, elle retombe vite aussi, mais ce qui se dit entre-temps peut rester.
- Temps d’écran
- Le temps passé devant un écran. Il n’a pas été démontré qu’il provoque le TDAH, mais il peut rendre les symptômes plus marqués.
- Temps dans la nature
- L’effet réparateur, sur l’attention, du temps passé dans un espace vert. Les résultats sont modestes, mais reproductibles.
- Temps de récupération
- Le repos nécessaire après un effort intense. S’il n’est pas planifié, il s’impose de lui-même sous forme d’épuisement.
- Temps supplémentaire
- Temps additionnel accordé pendant un examen. Il sert à compenser l’effet de la vitesse de traitement et des fluctuations de l’attention.
- Test de performance continue (CPT)
- Un test informatisé qui mesure l’attention lors d’une tâche longue et ennuyeuse. Son résultat est considéré comme une donnée complémentaire, pas comme une donnée déterminante.
- Test neuropsychologique
- Une batterie de tests qui mesure l’attention, la mémoire et les fonctions exécutives. Elle ne pose pas le diagnostic à elle seule, elle détaille le tableau.
- Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
- Une approche thérapeutique à durée définie, avec des exercices à faire entre les séances, qui travaille le lien entre les schémas de pensée et les comportements. Dans sa version adaptée au TDAH, elle s’occupe moins de fouiller les souvenirs d’enfance que de mettre en place le système d’aujourd’hui : la planification, la procrastination, l’estimation du temps. Elle ne remplace pas le traitement médicamenteux, elle travaille à ses côtés, et les résultats sont meilleurs chez celles et ceux qui utilisent les deux ensemble.
- Thérapie comportementale dialectique (TCD)
- Un programme structuré qui enseigne des compétences de régulation émotionnelle et de tolérance à la détresse. Il est utilisé pour le versant émotionnel du TDAH.
- Thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)
- Une approche qui travaille à agir selon ses valeurs en compagnie de la pensée dérangeante, au lieu de chercher à la faire disparaître.
- Titration
- Dans le traitement médicamenteux, le processus qui consiste à trouver la dose efficace et bien tolérée, en partant d’une dose basse et en l’augmentant progressivement. Cela peut durer des semaines, et il est courant que le premier médicament essayé ne convienne pas. C’est le médecin qui conduit ce processus, c’est pourquoi il n’y a ici aucune recommandation de dose ou de nom de médicament.
- Toi aussi ?
- Le soulagement qu’on ressent en apprenant qu’un symptôme existe aussi chez quelqu’un d’autre. Le moment où les communautés servent le plus.
- Tolérance
- Le fait qu’une même dose agisse moins avec le temps. Ce n’est pas une situation attendue avec les médicaments du TDAH ; quand elle survient, on en recherche la cause.
- Tolérance à la détresse
- Savoir porter une sensation désagréable sans la faire disparaître. C’est une compétence centrale, parce qu’elle brise le cycle de l’évitement.
- Tolérance à la frustration
- La capacité de supporter que les choses ne se passent pas comme tu le voulais. Quand elle est faible, de petits obstacles provoquent des réactions disproportionnées.
- Tout ou rien
- L’idée que si je ne peux pas le faire entièrement, je ne le fais pas du tout. Elle rend invisible la valeur d’un travail fait à moitié.
- Traitement combiné
- Le fait de mener le médicament de pair avec une thérapie ou un entraînement aux compétences. À long terme, il donne de meilleurs résultats que le médicament seul.
- Traitement fondé sur les preuves
- L’approche qui consiste à privilégier les méthodes dont l’efficacité a été démontrée par la recherche. Dans le TDAH, les médicaments et les interventions comportementales en font partie.
- Traitement non stimulant
- Les options médicamenteuses autres que les stimulants. Elles passent au premier plan quand un stimulant n’est pas toléré, quand l’anxiété est marquée ou quand il existe un risque d’usage abusif.
- Traitement numérique
- Des interventions sous forme d’applications ou de jeux sur ordonnance. Certaines ont reçu une autorisation ; leurs effets sont limités et elles sont positionnées comme un élément d’un traitement global.
- Traitement pendant la grossesse
- Équilibre entre bénéfices et risques d’un médicament pendant la grossesse et l’allaitement. La décision se prend entièrement avec le médecin.
- Transporteur de la dopamine
- Protéine qui retire la dopamine de la fente synaptique. L’une des cibles les plus souvent étudiées dans les recherches sur la génétique du TDAH.
- Traumatisme développemental
- Effet sur le développement d’expériences négatives prolongées durant l’enfance. Ses symptômes peuvent recouper ceux du TDAH, et les distinguer demande une expertise.
- Travail invisible
- La part de la gestion du foyer et de la relation qui se porte dans la tête. Porter la question de qui fait quoi et quand peut être plus fatigant que de faire le travail.
- Travail invisible
- Les tâches qu’on ne remarque pas quand elles sont faites et qu’on voit tout de suite quand elles ne le sont pas. C’est le cas de la plupart des tâches ménagères et d’entretien.
- Trois priorités
- Ne noter pour la journée que trois tâches principales au maximum. Dans le TDAH, une longue liste produit de la paralysie, pas de la motivation.
- Trou noir du temps
- Des heures dont on ne comprend pas où elles sont passées. Faire défiler, ouvrir des onglets, enchaîner les vidéos. Ensuite, la surprise est sincère.
- Trouble anxieux
- Situations où l’anxiété est répandue et perturbe le fonctionnement. L’un des groupes les plus souvent associés au TDAH.
- Trouble bipolaire
- Situation où alternent des périodes d’abattement et d’exaltation. Il peut être confondu avec le TDAH ; la différence tient à la durée et au cycle : ici des semaines, dans le TDAH des heures.
- Trouble d’apprentissage
- Difficulté dans un domaine d’apprentissage précis, indépendante de l’intelligence. Fréquent avec le TDAH.
- Trouble de la personnalité
- Situations où des schémas de comportement durables et envahissants perturbent le fonctionnement. Certains peuvent être confondus avec le TDAH.
- Trouble des conduites
- Schéma de comportement durable qui viole les droits des autres. Il demande une intervention précoce.
- Trouble des conduites alimentaires
- Situations où le comportement alimentaire et la perception du corps sont perturbés. Dans le TDAH, l’hyperphagie boulimique est notamment plus fréquente.
- Trouble disruptif avec dysrégulation émotionnelle
- Tableau marqué, chez l’enfant, par des explosions de colère fréquentes et violentes. Il a été défini pour réduire le surdiagnostic du trouble bipolaire.
- Trouble du sommeil
- Problème durable pour s’endormir, rester endormi ou se réveiller reposé. Très répandu dans le TDAH, il aggrave directement les symptômes.
- Trouble lié à l’usage de substances
- Perte de contrôle de la consommation d’alcool ou de substances. Le risque est élevé dans le TDAH ; un TDAH traité réduit ce risque.
- Trouble obsessionnel compulsif
- Pensées involontaires et comportements répétés pour les apaiser. Il peut survenir avec le TDAH et modifie le plan de traitement.
- Trouble oppositionnel avec provocation
- Schéma de résistance constante à l’autorité et de colère. L’un des tableaux comportementaux les plus souvent associés au TDAH de l’enfance.
- Trouble tic
- Mouvements ou sons involontaires, soudains et répétitifs. Son association avec le TDAH est bien connue.
- Types de présentation
- Les trois visages du TDAH : celui où l’inattention domine, celui où l’agitation et l’impulsivité dominent, et la présentation combinée, où les deux se rencontrent. On ne reste pas de la même présentation toute sa vie, le tableau peut changer avec l’âge. La présentation inattentive passe longtemps inaperçue, surtout chez les femmes.
U
- Usage abusif
- L’utilisation du médicament à une fin autre que thérapeutique. Quand l’usage est prescrit et suivi, le risque est faible ; le vrai risque tient au fait de donner le médicament à quelqu’un d’autre.
- Usage hors AMM (Off-label)
- La prescription d’un médicament en dehors de son champ d’utilisation approuvé. C’est légal et courant, mais la justification doit être établie par le médecin.
V
- Variabilité du temps de réaction
- Grande fluctuation de la vitesse de réaction d’une même personne d’un essai à l’autre. L’un des résultats de mesure les plus constants dans le TDAH.
- Vidage mental (Brain dump)
- Écrire tout ce qu’on a en tête sans le trier. C’est le moyen le plus rapide d’alléger la charge mentale, et le tri se fait ensuite.
- Vide après la récompense
- Le sentiment d’absurdité qui vient une fois une grande tâche terminée. L’effet secondaire connu d’une motivation liée à l’objectif.
- Vitesse de traitement de l’information
- La vitesse à laquelle on comprend l’information reçue et on y réagit. Sans rapport avec l’intelligence. Quand elle est faible, la personne comprend la question, mais la réponse arrive tard.
Z
- Zone d’atterrissage
- L’endroit fixe où l’on dépose ses affaires dès qu’on rentre. Le seul obstacle efficace à la perte des clés et du portefeuille.