TDAH de l’enfant : activités apaisantes et jeux de respiration
Après l’école, avant le coucher, après une colère : jeux de respiration, travail lourd, coin sensoriel, dessin, eau et sable, étirements. Quand les enseigner ?
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Imaginons la sortie de l’école. L’enfant est sorti par la porte en ayant l’air heureux, mais en montant dans la voiture, il a jeté son sac, a dit qu’il ne voulait pas manger et a crié sur son frère ou sa sœur. L’enseignant avait dit « aujourd’hui, c’était très bien ». L’adulte ne comprend pas ce qui s’est passé.
Ce tableau est familier dans beaucoup de maisons. L’enfant qui se retient toute la journée, qui s’adapte au bruit et aux règles de la classe, dépose dans l’endroit où il se sent en sécurité la charge de son corps et de son émotion. Dans cet article, je décris les activités qui aident à faire redescendre cette charge : ce qui peut marcher après l’école, avant le coucher et après une explosion, comment on l’enseigne et où cela ne marche pas.
D’abord un cadre honnête. Ces activités ne traitent pas le TDAH. Il n’y a pas non plus beaucoup d’études qui les aient testées séparément chez des enfants avec TDAH et qui aient montré fortement leur effet. La méta-analyse de Sonuga-Barke et de ses collègues, qui passe en revue les méthodes non médicamenteuses, trouve des résultats plus favorables pour les approches comportementales comme la formation des parents ; la place des activités apaisantes est celle d’un soutien à côté de ce genre de dispositifs. Les conseils ci-dessous viennent des principes généraux du développement de l’enfant et de l’observation commune de ceux qui travaillent avec des enfants. Je ne suis pas parent ; j’écris en tant que personne qui lit et écrit sur ces sujets, en disant « selon moi ».
Ce qu’est une activité apaisante, ce qu’elle n’est pas
Une activité apaisante est ce qui aide à ramener le corps et l’émotion de l’enfant d’un état monté vers un point plus équilibré. Le but n’est pas de faire taire l’enfant, de le réprimer ou d’en faire un « enfant sage ». L’émotion elle-même n’est pas fautive ; le but est d’offrir un petit chemin de descente au système tendu.
L’activité apaisante n’est pas une punition. « Va dans ta chambre et calme-toi » et « on fait un peu de respiration ensemble » sont deux choses différentes. La première donne à l’enfant le sentiment d’être éloigné, la seconde propose un outil en commun. Dans les programmes de formation comportementale des parents, le retrait (time-out) existe comme méthode délibérée, mais c’est autre chose : une conséquence brève, calme et liée à un comportement désorganisé. L’activité apaisante sert à élargir le répertoire d’apaisement de l’enfant lui-même. Il est important de ne pas confondre les deux. Pour les programmes, tu peux regarder l’article sur la formation des parents.
L’activité apaisante ne résout pas l’émotion. Une fois l’enfant apaisé, ce qui se trouve en dessous (la blessure, la peur, le sentiment d’injustice) peut rester. L’activité est un pont pour arriver à un point où l’on peut parler.
Enfin, la même activité ne convient pas à chaque enfant. L’un aime le jeu de respiration, l’autre pousser ; l’un veut du silence, l’autre du mouvement. Trouver ce qui convient à l’enfant se fait par essais, et si ces essais se font quand il est calme, ils sont moins tendus.
Enseigner d’abord quand l’enfant est calme
C’est la partie la plus importante de l’article. Une activité apaisante marche quand elle est enseignée pendant que l’enfant est calme. Enseigner quelque chose de nouveau au milieu de l’explosion est une déception à la fois pour l’enfant et pour l’adulte. À ce moment-là, la partie pensante de l’enfant travaille très peu ; quand on dit « respire profondément », l’enfant l’entend comme un ordre et résiste.
L’ordre d’enseignement se déroule ainsi. D’abord, présente-la dans un moment calme, comme un jeu : « Je connais un jeu de respiration du ballon, on essaie ? » Pendant quelques jours, faites-le entre deux choses, aux bons moments de la journée. Ce qui est répété se transforme en mémoire du corps. À la deuxième étape, dans une gêne légère (« ton frère ou ta sœur a pris le jouet, la colère monte un peu »), donne un rappel. L’enfant choisit lui-même. À la troisième étape, quand la montée commence, l’adulte la nomme : « Ton visage rougit, on fait la respiration du ballon ? » Arriver à cette étape peut prendre des semaines. Au beau milieu de l’explosion, cette chose ne vient qu’ensuite, et même alors, elle ne marche pas à chaque fois.
Il est important que l’enfant choisisse l’outil. Montre trois options, que l’enfant en décide une. Il est plus enclin à utiliser ce qu’il a choisi lui-même. Dessinez ensemble la liste d’apaisement de l’enfant : trois ou quatre images, à accrocher sur le réfrigérateur ou dans sa chambre. Une liste visible facilite pour l’enfant de trouver une réponse à « qu’est-ce que je peux faire » dans un moment de montée, parce qu’elle décharge la mémoire de travail.
La répétition demande du temps. Attendre un résultat durable en une semaine n’est pas réaliste. Dans l’étude de Lally et de ses collègues sur la formation des habitudes, l’automatisation d’un nouveau comportement a pris en moyenne des mois, avec beaucoup de différences entre les individus. Je ne connais pas d’étude qui le mesure directement chez l’enfant, mais je pense que la logique de durée est semblable.
Pour les étapes du moment même de l’explosion, l’article sur les crises de colère convient mieux ; ici, je décris la préparation en dehors de ce moment.
Jeux de respiration
L’idée qu’expirer lentement et longuement apaise le corps est généralement admise. Il n’existe pas d’étude solide qui mesure à part l’effet des jeux de respiration chez les enfants avec TDAH ; je les recommande comme des outils à faible risque, qui s’enseignent vite et que la plupart des enfants aiment. La respiration passe mieux quand elle est présentée à l’enfant non pas comme « arrête-toi et respire » mais comme un jeu.
La respiration du ballon (1-2 minutes). L’enfant imagine, en inspirant lentement par le nez, que son ventre gonfle comme un ballon. Puis, par la bouche, le « ballon » se vide lentement. S’il met la main sur son ventre, il sent le mouvement. Trois ou quatre répétitions suffisent.
La respiration des doigts (1-2 minutes). Les doigts d’une main sont écartés. L’index de l’autre main monte du bord de la paume jusqu’au bout du pouce en inspirant, et redescend en expirant. Une respiration par doigt. Cinq doigts, cinq respirations. Il y a une structure tactile qu’on peut suivre des yeux.
La soupe chaude (1 minute). L’enfant tient dans sa main une soupe imaginaire. Il en sent l’odeur par le nez et la refroidit en soufflant par la bouche. Le but est que l’expiration soit longue.
Souffler sur une plume ou du coton (2-3 minutes). Faire avancer en soufflant une plume ou une boule de coton posée sur la table jusqu’à une ligne. L’enfant contrôle sa respiration et a aussi un objectif.
La respiration du carré (à partir de 7 ans, 2 minutes). Dessine un carré avec le doigt : sur un côté, inspire (jusqu’à quatre), sur un autre, attends, sur le suivant, expire, sur le dernier, attends. Elle convient aux enfants un peu plus grands, et compter sert aussi à rassembler l’attention.
Ne faites pas faire la respiration de force. Retenir son souffle ou respirer trop profondément peut donner des vertiges à l’enfant. Si l’enfant est mal à l’aise, arrêtez. Si l’enfant trouve ce jeu « idiot », choisissez un autre outil ; aucun outil n’a à convenir à tout le monde. Pour la place de la pleine conscience et de la méditation dans le TDAH, tu peux regarder l’article sur la pratique de la pleine conscience ; j’y ai écrit que la preuve est de niveau moyen et mitigée.
Jeux de travail lourd
Le travail lourd (heavy work) est le nom donné aux mouvements qui poussent, tirent, portent avec les muscles et les articulations. C’est une notion qui revient beaucoup dans les programmes sensoriels utilisés par les thérapeutes. Soyons honnêtes sur la preuve de cette approche pour le TDAH : les études contrôlées solides qui montrent l’effet des thérapies fondées sur l’intégration sensorielle sont limitées. Pourtant, pousser, tirer et porter sont des jeux qui demandent du mouvement et de la force ; les enfants les aiment le plus souvent, et ils sont sans danger. Je les vois non comme un « traitement démontré », mais comme des « jeux de mouvement qui plairont à l’enfant et peuvent l’apaiser ».
Pousser le mur (1-2 minutes). L’enfant pousse le mur aussi fort que possible avec ses deux paumes, pendant dix secondes. Il se repose, recommence. On peut utiliser une histoire comme « essaie de déplacer le mur ».
Écraser les coussins (3-5 minutes). Presser un grand coussin des deux côtés puis le lâcher, ou presser légèrement le corps de l’enfant entre deux coussins (le jeu du sandwich). La pression doit être légère et sous le contrôle de l’enfant. On ne doit pas appuyer sur la tête ni sur la poitrine.
Le rouleau de couverture (5 minutes). L’enfant s’allonge au bord de la couverture et l’adulte l’enroule ; la tête et le visage doivent rester dégagés, et l’enfant doit pouvoir sortir à tout moment. Non pas s’il ne veut pas sortir, mais de façon à pouvoir sortir quand il le souhaite. Si le sentiment d’être entravé apparaît, on arrête aussitôt.
Porter un tapis ou un drap (5 minutes). Porter un panier à linge plein, pousser une caisse, transporter un lourd sac d’une pièce à l’autre. Un poids adapté à l’âge. Donner une tâche à l’enfant (« porte les sacs de courses à la cuisine ») donne aussi un sentiment de contribution.
Pétrir la pâte (10 minutes). Pétrir une pâte dure ou presser de la pâte à modeler. Cela occupe les mains et les bras.
Marche d’animaux (3-5 minutes). La marche de l’ours, la marche du crabe : des mouvements qui donnent du poids aux mains et aux pieds. D’un bout à l’autre de la pièce.
Séries de flexions et de sauts (2-3 minutes). Dix flexions, dix sauts. Quand le mouvement doit être rapide et énergique, il peut être non pas apaisant mais excitant. Utilise-le dans la journée, pas avant le coucher.
Il ne faut pas confondre les jeux de travail lourd avec des produits comme les couvertures et les gilets lestés. La preuve de l’utilité de ces produits pour le TDAH et le sommeil est limitée et mitigée. Certains enfants se détendent sous une couverture lourde, mais ce n’est pas valable pour tous. Avant d’acheter, essayer avec une épaisse couette de la maison montre si l’enfant aime. Pour les petits enfants, concernant la sécurité des couvertures lestées, il faut suivre les recommandations d’âge et de poids du produit, et l’enfant doit pouvoir soulever la couverture seul.
Le coin sensoriel
Le coin sensoriel, ou coin calme, est un petit endroit tranquille où l’enfant peut aller quand il monte. Ce n’est pas un lieu de punition, mais une zone de pause que l’enfant a choisie. La mise en place est la suivante :
Un coin de la pièce peu éclairé et peu bruyant. Un pouf ou de grands coussins, une couverture. Quelques choses : un casque (réducteur de bruit), une peluche douce, une balle antistress ou un objet texturé, quelques livres, du papier et des crayons de couleur, une petite lampe de poche ou un sablier à mousse. Il ne faut pas mettre trop de choses ; la foule des options est aussi un nouveau stimulus.
Montez le coin ensemble. Que l’enfant décide de ce qu’il y aura. Présente le coin quand l’enfant est calme et asseyez-vous-y ensemble quelques jours. Savoir que « quand tu te tends, tu peux aller ici » permet à l’enfant de l’utiliser volontairement quand il est en difficulté.
Que l’adulte n’y envoie pas l’enfant de force. La phrase « va au coin jusqu’à ce que tu sois calme » fait du coin une punition. À la place, demander « tu as envie d’y aller ? » ou « je m’assois à côté de toi ? ». L’adulte doit être proche mais ne pas forcer l’enfant à parler.
Le coin peut être petit selon la taille de la maison : une tente en couverture, le dessous d’une table, le fond d’un placard. Pour le rapport entre la surcharge sensorielle et le TDAH, j’ai écrit l’article sur la surcharge sensorielle dans le TDAH du point de vue de l’adulte ; il a des côtés applicables à l’enfant. Pour réduire le bruit, un essai de bruit blanc peut aussi marcher chez certains enfants, mais la preuve n’est pas cohérente.
Dessin, pâte, eau et sable
Les activités apaisantes, lentes, qui occupent les mains portent l’attention de l’enfant vers quelque chose d’extérieur et font redescendre l’émotion par un chemin indirect.
Dessin et coloriage (10-20 minutes). Papier, crayon, pastel. Au lieu de demander « qu’est-ce que tu vas dessiner », on peut dire « dessine aujourd’hui avec une couleur ». Quand l’enfant est monté, le dessin sert parfois à déposer l’émotion sur le papier. Les mandalas et les formes aux contours définis peuvent être plus calmes que le dessin libre. Il n’est pas nécessaire que le dessin soit beau.
Aquarelle à gouttes (10-15 minutes). Des gouttes de couleur sur du papier mouillé ; regarder les couleurs s’étaler donne une tranquillité lente et visuelle.
Jeux d’eau (10-20 minutes). Jouer avec de l’eau tiède dans la salle de bains ou dans le lavabo. Récipients, entonnoirs, éponges. Regarder l’eau couler et le retour tactile sont apaisants chez la plupart des enfants. Dans la salle de bains, l’adulte doit absolument rester proche. Un bain tiède avant le coucher peut aussi faire partie de la routine du sommeil.
Plateau de sable et de riz (10-20 minutes). Sur un grand plateau, du sable cinétique, du riz sec ou des lentilles. Dedans, de petits récipients, des cuillères. Verser, tamiser, enfouir. Chez les très petits enfants, il y a un risque de mettre à la bouche ; que l’adulte soit à proximité.
Pâte à modeler (10-20 minutes). Pétrir, écraser, façonner. Sortir la colère avec de la pâte (la frapper, l’écraser) est un chemin assez sûr pour un enfant.
Ces activités ne sont pas un traitement en elles-mêmes. Mais quand les mains et l’attention de l’enfant sont occupées par quelque chose, parler et nommer l’émotion devient plus facile. L’adulte peut s’asseoir à côté et faire quelque chose sans attendre que l’enfant raconte ce qu’il fait ; le silence n’est pas un problème. Dans l’article sur les activités à faire à la maison, j’ai écrit plus en détail combien de temps elles durent et comment les mettre en place.
Musique lente, étirements et livre en commun
Musique lente (5-10 minutes). Une musique sans paroles ou à tempo lent. La chanson que l’enfant a choisie est la meilleure, parce qu’une musique imposée est un nouveau stimulus. Pendant que la musique joue, l’enfant peut s’allonger sur le lit ou dessiner. Dans le TDAH, l’effet de la musique sur la concentration est mitigé ; pour l’effet apaisant non plus, il n’y a pas de preuve solide propre au TDAH, mais une chanson lente que l’enfant a choisie ne fait le plus souvent pas de mal.
Étirements (3-5 minutes). L’enfant tend les bras vers le haut et s’étire comme un arbre, puis se penche lentement en avant et devient une « poupée de chiffon molle ». La posture du chat et de la vache, la posture de l’enfant (se pencher en avant sur les genoux). Sans mesurer le temps, lentement. Il n’y a pas besoin d’un cours de yoga, il suffit de le présenter comme un jeu.
Livre en commun (10-20 minutes). L’adulte lit à voix haute, l’enfant écoute ou regarde les images. De la proximité, un tempo lent et une structure prévisible. Si l’enfant n’arrive pas à rester en place, il peut dessiner ou tenir quelque chose en écoutant ; cela ne veut pas dire qu’il n’écoute pas. Laisse l’enfant choisir le livre, tu peux aussi lire le même livre pour la vingtième fois ; ce n’est pas un problème, c’est le réconfort du connu.
Marche lente (5-10 minutes). Une marche tranquille autour de la maison ou dans le jardin. Le jeu du « moteur lent » ou de la « marche de tortue » : qui marche le plus lentement. Quand la lenteur devient une compétition, l’inhibition est travaillée.
Après l’école
La sortie de l’école est, chez beaucoup d’enfants, une sorte de moment de décharge. L’enfant qui s’est retenu toute la journée le dépose à la maison. J’observe que c’est fréquent et qu’on l’appelle de noms comme « l’effondrement après l’école », mais je ne connais pas de données mesurées nettes à ce sujet chez les enfants avec TDAH ; je l’écris comme une observation.
Selon moi, à la sortie de l’école, la première demi-heure devrait être sans question et sans tâche. Des questions et des consignes comme « qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui », « tu as des devoirs ? », « accroche ton sac » augmentent la charge de l’enfant. D’abord manger et boire quelque chose (la faim est la cause cachée de l’émotion qui monte chez beaucoup d’enfants), puis quelque chose de calme choisi par l’enfant : un court mouvement, une demi-heure de jeu libre, le coin calme ou une chanson.
Pour les devoirs, la logique « d’abord le mouvement, ensuite la table » marche aussi ; je l’ai décrite dans l’article sur le suivi des devoirs. Pour remplir la demi-heure après l’école, je ne mettrais pas non plus l’écran comme récompense ; l’écran amène chez certains enfants l’apaisement, chez d’autres la montée. Pour cela, tu peux regarder l’article sur le temps d’écran et le TDAH chez l’enfant.
Avant le coucher
Les problèmes de sommeil sont fréquents chez les enfants avec TDAH ; dans l’article sur le sommeil de l’enfant avec TDAH, j’ai décrit leurs causes et l’organisation. Ici, je regarde seulement les activités apaisantes d’avant le coucher.
L’heure avant le coucher devrait être faite d’activités lentes, à lumière tamisée, accomplies dans le même ordre. Un exemple d’ordre : douche ou bain tiède, pyjama, brossage des dents, étirements ou travail lourd (sandwich de coussins, rouleau de couverture), livre en commun, extinction de la lumière, quelques respirations. Quand le même ordre est répété chaque jour, le corps se met à attendre l’étape suivante. C’est important pour l’enfant avec TDAH, parce que cela décharge la mémoire de travail ; c’est l’ordre qui prend la décision.
Au moins une demi-heure avant le coucher, les jeux excitants, la compétition et les écrans doivent être finis. Il faut régler cela non comme une règle rigide, mais en regardant le rythme de sommeil de l’enfant. Si l’enfant est encore monté une fois au lit, regarde l’étape d’avant, c’est-à-dire ralentir une demi-heure plus tôt.
Pour les enfants qui restent éveillés au lit, de petits outils : un jeu de respiration lente, regarder le plafond en comptant trois choses bien de la journée, dessiner du doigt une forme simple dans le dos (« devine »), un livre audio lent. Pour le sommeil, les décisions médicales comme la mélatonine ou un médicament se discutent avec le médecin.
Après une explosion
Après l’explosion, l’enfant comme l’adulte sont fatigués et fragiles. Trois règles marchent ici : d’abord le corps, ensuite le lien, tout à la fin la conversation.
D’abord le corps : de l’eau, manger quelque chose, baisser la lumière et le son, que l’enfant se tienne assez près mais sans être pressé. L’enfant n’est pas prêt pour une conversation à voix haute. Quelques outils d’apaisement simples : le travail lourd (rouleau de couverture, presser un coussin), la respiration lente, un verre d’eau. Si l’enfant en veut un lui-même, qu’il le choisisse.
Ensuite le lien : dire « je suis là », serrer dans les bras s’il le veut, sinon s’asseoir près de lui. Il est trop tôt pour répéter qu’il a fait une erreur. L’enfant qui ressent de la honte passe à la défense ; pour l’effet de la honte chez l’enfant, l’article sur la honte et l’auto-compassion dans le TDAH est écrit du point de vue de l’adulte, mais le mécanisme est semblable.
Tout à la fin la conversation, et elle aussi est courte. « C’était très dur, n’est-ce pas ? La prochaine fois, qu’est-ce qu’on peut faire ? » Si l’enfant reste encore agité, on peut reporter la conversation. Dans la journée ou le lendemain, à un moment calme, ouvrir avec « hier, quand la colère est montée, tu aurais voulu essayer quelque chose ? » est souvent plus productif. Pour distinguer l’explosion émotionnelle liée à la difficulté de régulation émotionnelle du TDAH de la fusion et du retrait (shutdown) dans l’autisme, il y a l’article sur la fusion, le retrait et le TDAH.
Si les explosions sont très fréquentes, très violentes ou assez graves pour que l’enfant se fasse du mal ou fasse du mal à d’autres, il faut plus que ces activités : un médecin ou un spécialiste de la santé mentale de l’enfant. Les outils de cet article ne remplacent pas cette évaluation.
Si l’enfant les refuse
L’enfant peut trouver le jeu de respiration idiot, ne pas vouloir aller au coin, se mettre encore plus en colère quand on lui demande de dessiner. C’est normal. Quelques idées :
Changez d’outil. Le jeu de respiration n’a pas marché, passez au jeu de pousser. Pousser n’a pas marché, passez à l’eau ou au dessin. Aucun outil seul ne convient à tout le monde.
Changez le moment. L’enfant refuse peut-être pendant qu’il est en colère, essayez quand il est calme.
Revoyez le comportement de l’adulte. Si ces activités sont arrivées à l’enfant comme un ordre « calme-toi », l’enfant les refuse. Le ton « faisons-le ensemble » et « je le fais aussi » marche mieux. Le fait que l’adulte ralentisse lui-même sa respiration sert aussi de modèle à l’enfant.
Si rien ne marche, regardez la cause de la montée de l’enfant : manque de sommeil, faim, une difficulté vécue à l’école, l’heure où l’effet du médicament s’arrête. Ce peut être non pas un problème d’outil mais un problème de cause. Le rapport entre l’heure du médicament et les fluctuations émotionnelles est un sujet à discuter avec le médecin.
Ce que j’en pense
Ce qui m’échappe le plus dans les activités apaisantes, je pense, c’est qu’elles sont en réalité aussi pour l’adulte. Quand l’enfant est monté, l’adulte monte aussi ; si l’adulte peut rester calme, l’enfant redescend aussi plus facilement. C’est pourquoi, pour moi, la première activité apaisante est la propre respiration de l’adulte. Je l’écris non comme une leçon de morale, mais comme une observation pratique.
Deuxièmement, il ne faut pas charger ces activités d’espoirs exagérés. Elles ne remettent pas les explosions à zéro, elles ne changent pas le TDAH de l’enfant. Elles peuvent réduire un peu la durée et la violence des explosions, donner à l’enfant le sentiment qu’« il peut faire quelque chose » et créer des moments de lien à la maison. Cela vaut déjà assez pour la plupart des maisons. Pour les problèmes plus grands, il faut travailler avec le médecin et les programmes comportementaux.
Troisièmement et le plus important, le principe qu’elles s’enseignent à un moment calme. La plupart des déceptions viennent du fait qu’on essaie l’outil pour la première fois au milieu de l’explosion. À ta place, cette semaine, je ne choisirais qu’une seule chose : un jeu de respiration ou un jeu de travail lourd. Chaque jour à la même heure, deux minutes, comme un jeu. Si, un mois plus tard, l’enfant réclame de lui-même cet outil, c’est plus précieux que la meilleure liste d’apaisement qu’on puisse écrire en un an.
Questions fréquentes
- Les activités apaisantes traitent-elles le TDAH ?
- Non. Ces activités aident à faire redescendre un état monté, mais elles ne traitent pas les symptômes de base du TDAH. Le plan de traitement se discute avec le médecin ; ce sont des outils du quotidien qu’on utilise à côté de ce plan.
- Peut-on faire faire un exercice de respiration à un enfant en colère ?
- Le plus souvent, non. Au milieu de la colère, on n’enseigne pas une nouvelle compétence. Des outils comme la respiration, pousser ou dessiner se pratiquent quand l’enfant est calme ; ensuite, quand l’explosion approche, l’adulte peut rappeler « on fait la respiration du ballon ? ».
- Une couverture ou un gilet lesté, ça marche ?
- La preuve sur l’effet de ces produits pour le TDAH est limitée et mitigée. Certains enfants disent se sentir détendus, mais ce n’est pas valable pour tous. Avant d’acheter, tu peux vérifier si l’enfant aime une couverture lourde en essayant avec une épaisse couette de la maison.
- Quelles activités conviennent avant le coucher ?
- Des choses à lumière baissée, sans écran, lentes et faites chaque jour dans le même ordre : douche tiède, étirements, livre en commun, musique lente. Les jeux excitants et la compétition doivent s’arrêter au moins une demi-heure avant le coucher.
- Le coin calme est-il une punition ?
- Il ne doit pas l’être. Si l’enfant y est envoyé de force, le coin devient un lieu de punition et l’enfant l’évite. Il faut le mettre en place comme un endroit que l’enfant peut choisir lui-même, confortable et près de l’adulte.