Aller au contenu
Le journal TDAH de Cansu
Tous les articles

Plan d’activités de l’été pour un enfant ayant un TDAH

Passer l’été sans structure ni rigidité : rythme de la semaine, blocs de la journée, mouvement, lecture, temps social et écrans. Avec un exemple de semaine.

Cansu20 min de lectureLong

Türkçe okuRead in EnglishAuf Deutsch lesenPartager sur Reddit

Disons la première semaine de juillet. Le bulletin est arrivé, les trois premiers jours de vacances ressemblaient vraiment à des vacances : on a traîné au lit, on a pris le petit-déjeuner en pyjama, personne n’a regardé l’heure. Le quatrième jour, dans l’après-midi, l’enfant tourne dans la maison, dit « je m’ennuie », et l’adulte essaie à la fois de tenir son travail et sa maison. Le cinquième jour, l’heure du coucher a glissé, les repas se sont dispersés, l’écran est devenu la solution la plus facile. La deuxième semaine, tout se répète.

C’est un tableau très fréquent dans l’été d’un enfant ayant un TDAH, et l’enfant n’y est pour rien. Pendant l’année scolaire, une structure venue de l’extérieur portait la journée : l’horloge, la sonnerie, les rangs, l’enseignant. Quand l’été arrive, cette structure disparaît d’un coup, et l’enfant, et aussi l’adulte, doivent mettre quelque chose à sa place. J’ai écrit plus bas comment on peut remplir cette place : le squelette de la journée, un exemple de semaine, le mouvement, la lecture, les amis, les écrans, et l’équilibre entre la nature même des vacances et la routine.

Une remarque honnête dès le départ. Je ne connais aucune étude contrôlée qui dise « tel programme d’été marche » pour les enfants ayant un TDAH. Ce que j’écris ici vient de trois endroits : la littérature générale sur la place du jeu dans le développement de l’enfant, les petites études sur le mouvement et le temps passé dans la nature chez les enfants ayant un TDAH, et les principes généraux des approches comportementales (structure, prévisibilité, retour immédiat, attention positive). J’ai essayé d’indiquer dans le texte sur lequel de ces trois points repose chaque conseil. Le reste, ce sont des choses que j’ai tirées de mes lectures sur ces sujets et dont je me dis « à ta place, j’essaierais comme ça ».

Pourquoi l’été est une épreuve à part pour un enfant ayant un TDAH

L’école fonctionne comme une sorte de cerveau extérieur. La sonnerie fixe l’heure du lever, la récréation fixe le mouvement, l’enseignant fixe le début et la fin, l’emploi du temps fixe l’ordre. Comme la planification, le démarrage, la transition et la perception du temps peuvent être difficiles dans le TDAH, cette structure extérieure porte l’enfant sans lui imposer de charge.

En été, une grande partie de ce soutien disparaît d’un seul coup. À la place arrive la « liberté », et c’est souvent quelque chose que l’enfant attendait. Le problème vient moins de la liberté elle-même que de la charge de décisions qu’elle apporte : quand est-ce que je me lève, qu’est-ce que je mange, qu’est-ce que je fais, quand est-ce que je termine pour passer à autre chose. Chacune est une petite décision, et pour l’enfant ayant un TDAH, elles peuvent s’accumuler tout au long de la journée.

Il y a aussi le sommeil. Chez les enfants ayant un TDAH, on signale souvent des difficultés d’endormissement et une heure de coucher qui glisse, et en été, comme plus personne ne fait sonner la cloche du matin, ce glissement devient visible. J’ai raconté ses causes et ce qu’on peut faire dans l’article sur le sommeil de l’enfant ayant un TDAH. Ici, je me contente de dire ceci : la première constante d’un plan d’été devrait être l’heure du coucher, parce que le reste en dépend.

D’un autre côté, de la phrase « il faut de la structure » on ne tire pas la conclusion « installe un programme comme à l’école ». Les vacances sont le droit de l’enfant au repos, et le but de l’été n’est pas de revivre une fois de plus l’année scolaire. Ce que nous cherchons, c’est un squelette léger.

D’abord trois constantes

Avant d’écrire un plan, je fixerais trois choses. Ce sont des choses sur lesquelles l’enfant peut compter tout l’été, que personne ne renégocie chaque jour.

La première est la plage horaire du lever. Pas une heure exacte, une plage : par exemple entre 8 h 00 et 9 h 00. Le week-end aussi reste dans la demi-heure. Une heure plus tard que l’heure d’école, mais pas assez tard pour passer la moitié de la journée au lit. Ouvrir le rideau au lever, sortir un moment dehors ou près de la fenêtre relie aussi l’horloge interne à la lumière du jour, selon les principes généraux du sommeil. Je ne sais pas si cela a été testé spécifiquement chez les enfants ayant un TDAH, mais c’est un geste sans risque et peu coûteux.

La deuxième, ce sont les repas. Que le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner tombent à peu près aux mêmes heures. Les heures de repas sont l’un des jalons les plus forts qui découpent une journée, et dire « c’est l’heure de manger » provoque chez la plupart des enfants moins de conflit que dire « arrête maintenant », parce que l’enfant voit le repas non comme une règle, mais comme une partie naturelle de la journée.

La troisième, c’est la demi-heure calme avant le coucher. Écran éteint, lumière tamisée, livre ou musique. L’heure du coucher se trouve en comptant à rebours depuis l’heure du lever, et on la met en place peu à peu. Si l’enfant se couche à 21 h 00 pendant l’année scolaire, 22 h 00 peut être raisonnable pour l’été ; 00 h 30, en septembre, on le paie cher. Dans l’article sur les vacances d’été et la perte d’apprentissage, j’ai expliqué comment avancer l’heure du coucher pendant les deux dernières semaines avant la rentrée ; la même idée vaut pour les enfants.

Une habitude met du temps à s’installer. Dans l’étude de Lally et de ses collègues menée auprès d’adultes, il a fallu en médiane environ deux mois pour qu’un nouveau comportement devienne automatique, avec de très grandes différences d’une personne à l’autre. Chez les enfants, le même chiffre n’est peut-être pas valable, mais il est réaliste de penser à une échelle semblable à la durée des vacances d’été. Si les deux premières semaines sont difficiles, cela ne veut pas dire que le plan ne tient pas.

Couper la journée en trois blocs

Écrire un programme heure par heure s’effondre vite dans la plupart des familles. Ce que je propose, c’est de couper la journée en trois grands blocs et de mettre une ou deux balises fixes dans chaque bloc.

Le bloc du matin (du lever jusqu’à midi). Il y a ici un mouvement et une tâche calme. Le mouvement dure 20 à 40 minutes : vélo, piscine, course dans le quartier, ballon. La tâche calme dure 15 à 20 minutes : lecture, casse-tête, dessin. Si la première chose du bloc du matin est le mouvement, la tâche calme qui suit devient plus facile chez la plupart des enfants. J’ai écrit la raison dans la partie sur le mouvement plus bas.

Le bloc de l’après-midi (entre le déjeuner et le soir). Ce sont les heures les plus chaudes et les plus fatigantes de la journée. Au milieu de l’été, l’activité en plein air glisse souvent vers le matin ou la fin d’après-midi. Pendant la chaleur de midi, on peut mettre à l’intérieur un travail structuré, une courte part d’écran, du repos et du jeu libre. Pour cette plage, il suffit de mettre une ou deux idées de l’article sur les activités à faire à la maison.

Le bloc du soir (du dîner jusqu’au coucher). Du temps en famille, une promenade, un jeu calme, puis la transition calme d’une demi-heure avant le coucher. Si l’enfant a beaucoup bougé pendant la journée, les activités apaisantes facilitent les choses dans ce bloc.

À l’intérieur des blocs, les morceaux de 15 à 30 minutes marchent mieux. Si un bloc dure deux heures, cela ne veut pas dire qu’on fera la même chose pendant ces deux heures. Pour un petit (5-7 ans), le morceau peut descendre à 10-15 minutes, pour un plus grand (11-13 ans), monter à 30-40 minutes. Ces intervalles ne sont pas une règle chez moi, ce sont des points de départ que tu essaies et ajustes.

Rendre la journée visible aide aussi. Une simple feuille à trois cases sur le frigo ou sur la porte : matin, après-midi, soir. Dans chaque case, deux ou trois images ou mots. Que l’enfant coche ou dessine ce qu’il a fait. Il n’est pas nécessaire que ce soit un système de récompenses ; c’est seulement une carte qui montre où en est la journée. Si tu veux mettre en place des récompenses, tu peux regarder le cadre de l’article sur le système de récompenses.

Un exemple de semaine

Le tableau ci-dessous est un exemple que j’ai construit pour un enfant de 7 à 10 ans. Je l’ai écrit pour que tu le changes selon ta maison ; ce n’est pas une ordonnance à appliquer. Pour chaque jour, il y a une activité principale le matin et une l’après-midi ; je n’ai pas écrit le soir et les repas à part, parce qu’ils sont fixes.

Jour Matin (mouvement + tâche calme) Après-midi (travail structuré + libre) Soir
Lundi Vélo ou course 30 min, puis 15 min de lecture Projet en carton ou en blocs de construction 30 min, part d’écran 45 min Promenade dans le quartier 20 min
Mardi Piscine ou jeux d’eau 40 min, puis 15 min de dessin Recette simple en cuisine 30 min, jeu libre Jeu en famille (jeu de société) 20 min
Mercredi Jeu de ballon au parc ou dans un espace vert 30 min Rencontre avec un ami ou bibliothèque 1-2 h Transition calme, sans écran
Jeudi Monter un parcours ou corde à sauter 20 min, puis 15 min de lecture Expérience ou activité manuelle 30 min, part d’écran 45 min Promenade ou jeu dans le jardin
Vendredi Randonnée dans la nature ou balade au marché 45 min Puzzle ou court jeu de nombres 20 min, jeu libre Film ou soirée partagée
Samedi Sortie en famille ou un endroit inhabituel Repos, jeu libre Libre
Dimanche Journée sans plan Journée sans plan Regard sur la semaine : « Qu’est-ce qui était bien cette semaine ? » 10 min

Je voudrais attirer l’attention sur quelques points. Que chaque matin commence par un mouvement n’est pas un hasard : il existe de petites études montrant que le passage à une tâche calme après le mouvement est plus facile (je les décris plus bas). Il y a deux demi-journées par semaine avec une part d’écran, mais ce n’est pas un quota, c’est un exemple. Le dimanche est entièrement sans plan, parce que l’enfant et l’adulte ont besoin de respirer sans suivre aucun plan. Le samedi est à moitié sans plan, comme une sortie ou une journée en famille. La conversation de 10 minutes « qu’est-ce qui était bien cette semaine » le dimanche soir laisse une trace de la semaine et aide l’enfant à construire son propre récit de l’été.

Pour 11-13 ans, le même squelette fonctionne, mais si l’enfant écrit lui-même le plan, il se l’approprie davantage. S’asseoir le dimanche soir et choisir trois choses pour la semaine suivante (un mouvement, un ami, un projet) est à la fois de l’autonomie et un exercice de planification. À 5-7 ans, les blocs sont plus courts, plus souvent faits avec un adulte et visuels.

Le mouvement : le plus grand avantage de l’été

L’été est un moment bien plus favorable au mouvement que la période scolaire. Dehors, la journée est longue, et l’enfant a bien plus de place que pendant la récréation.

Dans l’étude de Pontifex et de ses collègues, des enfants d’âge scolaire ayant un TDAH ont obtenu de meilleurs résultats aux tests d’inhibition et de lecture-arithmétique après une seule séance de 20 minutes sur tapis roulant à intensité modérée. L’étude est petite et son effet porte sur une seule séance. Elle ne suffit donc pas pour dire « si je le fais courir tous les étés, son attention s’améliorera », mais elle dit que mettre du mouvement le matin repose sur une base raisonnable. J’ai décrit plus en détail l’effet du mouvement sur l’attention et ses limites dans l’article sur le sport et le mouvement chez l’enfant ayant un TDAH.

Il y a un tableau semblable pour le temps passé dans la nature. Dans l’étude de Faber Taylor et Kuo, des enfants ayant un TDAH ont obtenu un meilleur résultat à un test d’attention après avoir marché 20 minutes dans un parc que lorsqu’ils avaient marché le même temps en ville. L’étude a été menée avec un petit groupe, et les enfants ont été comparés à eux-mêmes. Le résultat est intéressant, mais pas certain.

Pour le plan, cela signifie une chose simple : mettre dans le bloc du matin 30 à 45 minutes de mouvement en extérieur, si possible dans un espace vert. Si tu cherches des idées, je les ai classées par tranche d’âge dans l’article sur les activités à faire en plein air. Vélo, piscine, ballon, corde à sauter, parcours du quartier. Deux ou trois choix que l’enfant choisit lui-même suffisent. Les activités avec beaucoup de monde et de compétition ne conviennent pas à certains enfants, et d’autres s’y épanouissent. Ton enfant, c’est toi qui le connais.

Si le temps est très chaud, déplace le mouvement vers le début de la matinée ou la fin d’après-midi, et n’oublie ni l’eau ni l’ombre. Les jours où sortir est impossible, un parcours ou une danse dans la maison font l’affaire, 15 minutes suffisent.

La lecture et l’apprentissage léger

C’est le sujet qui crée le plus d’inquiétude en été : si l’enfant ne travaille pas du tout pendant trois mois, prendra-t-il du retard ?

La synthèse de Cooper et de ses collègues sur l’effet des vacances d’été sur les tests de réussite montre que, dans les groupes d’élèves en général, il y a une certaine perte en été, plus nette en mathématiques. Son ampleur et qui la subit dans quelle mesure sont discutés, et je ne connais pas de données solides propres aux enfants ayant un TDAH. C’est pourquoi je ne veux pas donner de chiffre qui fait peur. L’idée de ne pas couper le lien me paraît plus logique.

À ta place, je mettrais deux petites constantes pour l’été. La première, 15 à 20 minutes de lecture par jour, que l’enfant choisit lui-même. Un livre, une bande dessinée, une encyclopédie des animaux, même un carnet de recettes. Si lire est difficile, un adulte qui lit à voix haute ou un livre audio comptent aussi. Plutôt que de prévoir une heure à part pour la lecture, la mettre dans la demi-heure calme avant le coucher est facile dans la plupart des foyers. La seconde, quelques fois par semaine un jeu de nombres de 10 à 15 minutes : jeux de dés, calcul de la monnaie aux courses, mesures d’une recette. Rien de tout cela n’a l’air d’une « leçon ».

Quant à travailler les cours, c’est un autre sujet s’il y a un domaine où l’enfant a eu du mal pendant l’année scolaire. Une seule tâche de 20 à 30 minutes par jour, un seul sujet, cinq ou six jours par semaine, est un point de départ suffisant pour la plupart des enfants. J’ai expliqué en détail comment mettre en place le travail à l’âge scolaire dans l’article travailler pour les élèves ayant un TDAH. La différence pour l’été : le rythme est lent, la mesure légère, et l’enfant reste en mode « vacances » les deux premières semaines.

À l’approche de septembre, il faut aussi changer le système. Avancer l’heure du coucher pendant les deux dernières semaines, essayer la routine du matin et préparer le cartable ensemble adoucissent le passage des vacances à l’école. Ce sont encore des déductions tirées de principes généraux ; je ne connais pas d’étude qui examine ce passage chez les enfants ayant un TDAH.

Amis, frères et sœurs, et temps social

L’été est une période à double tranchant pour l’amitié. Comme l’école est finie, les camarades de classe se dispersent, et pour l’enfant ayant un TDAH, ce lien peut s’affaiblir. D’un autre côté, l’été donne aussi des occasions de jouer plus longtemps et avec moins de pression.

À mon avis, une ou deux rencontres planifiées par semaine valent mieux que vingt rencontres désordonnées. Par planifiées, j’entends : quel jour, combien de temps, ce qu’on fera, c’est clair. Une rencontre d’1 à 2 heures de l’enfant avec un ami autour d’une activité (vélo, bac à sable, cuisiner ensemble) est souvent la plus facile. Une rencontre très longue et sans structure, surtout avec un nouvel ami, peut glisser vers le conflit. Le côté compétences sociales et le moment où un soutien est nécessaire se trouvent dans l’article sur l’amitié.

S’il y a un frère ou une sœur à la maison, l’été est plus intense pour tout le monde. Une demi-heure de temps particulier pour chacun, séparément, fonctionne à côté de l’activité commune. J’ai écrit le côté vécu par le frère ou la sœur dans l’article sur le frère ou la sœur de l’enfant ayant un TDAH. Être tout le temps ensemble dans la même pièce peut augmenter les disputes en été, c’est pourquoi le plan devrait aussi comporter des heures de « coin séparé ».

Les options structurées comme un camp d’été, une école de sport ou un cours sont une autre possibilité. Si l’enfant va à quelque chose qu’il aime, cela peut être un grand squelette pour la structure de la journée. À ta place, je choisirais une seule activité et je construirais l’été autour d’elle, je ne remplirais pas l’été avec plusieurs camps : les programmes denses peuvent laisser l’enfant fatigué à la fin de l’été, et la nouvelle adaptation à un nouvel environnement est aussi une charge.

Écran et ennui

Les écrans en été sont ce qui paraît le plus facile à régler et qui se révèle le plus difficile. Les limites de la période scolaire disparaissent, la journée s’allonge, et l’écran reste sous la main comme le remplissage le plus facile.

Il n’est pas prouvé que l’écran provoque le TDAH ; on signale une petite relation entre l’écran et les symptômes. Je l’ai écrit en détail dans l’article sur les écrans et le TDAH chez l’enfant. Pour le plan, deux autres choses me semblent utiles : l’endroit de la journée où tu mets l’écran, et la façon dont tu le termines.

Pour l’emplacement, une règle pratique : ne le mets pas en première activité du matin ni dans la dernière demi-heure avant le coucher. L’enfant qui commence le matin par l’écran peut avoir ensuite plus de mal à passer au mouvement et à la tâche calme. Une plage l’après-midi, par exemple de 14 h 30 à 15 h 15, est bonne pour cela. Quand l’heure de l’écran est connue à l’avance, une bonne partie du marchandage « tu me le donnes maintenant » tombe.

Pour terminer, ce qui marche, c’est de donner la fin à l’avance et de façon visible. « Quand cet épisode finit », ou un minuteur. Annoncer à l’avance l’étape qui vient juste après une activité que l’enfant aime (promenade, goûter) facilite la transition. Quand l’écran se met à concurrencer les activités, rendre le côté activité attirant est un autre geste : une nouvelle boîte, un nouveau matériel, quelque chose lancé par l’adulte.

L’ennui, lui, est un autre sujet. Il n’est pas nécessaire de combler chaque vide. Dans le rapport de l’Académie américaine de pédiatrie écrit par Ginsburg, le jeu libre, dirigé par l’enfant, est considéré comme important pour le développement ; ce rapport n’a pas été écrit pour les enfants ayant un TDAH, il porte sur le développement de l’enfant en général. Pour l’enfant ayant un TDAH, après un court moment d’ennui il peut trouver sa propre idée, mais un ennui long et agité tourne souvent à l’écran ou au conflit. À ta place, je laisserais deux voies ouvertes : quand l’enfant dit « je m’ennuie », attends d’abord trois minutes, puis propose deux choix. La boîte à activités aide aussi. J’ai décrit l’idée de la boîte dans l’article sur les activités à la maison.

L’équilibre entre vacances et routine

La structure de l’été a l’air belle sur le papier, mais la vie s’y glisse. Voyage, invités, fête, maladie, semaine de forte chaleur, charge de travail. Que le plan se disloque dans ces cas n’est pas un échec du plan, c’est normal.

En voyage, réduis le squelette. La plage horaire du lever, les repas et la demi-heure calme avant le coucher : ces trois-là sont transportables. Le reste de la journée peut être entièrement souple. Que le lit de l’enfant, sa couverture ou un jouet vienne avec lui. Dans un nouvel environnement, les enfants ayant un TDAH sont souvent plus agités, et tout encadrer par des règles les met davantage en difficulté.

Pour tenir le plan, à ta place, je m’accorderais une part de « soixante-dix pour cent ». Si les deux tiers de la semaine suivent le plan, c’est bien. Quand une journée se dérègle, il est possible de recommencer le lendemain sans demander de comptes à personne. Se fâcher contre l’enfant quand le plan est raté, ou dire « cette fois non plus, on n’y est pas arrivés », transforme le plan en outil d’évaluation. Dans les approches comportementales, l’attention positive et la constance sont un thème récurrent (la synthèse de Daley et de ses collègues le résume), et mener un petit plan d’été de manière constante peut aussi se penser dans ce cadre.

Le côté de l’adulte compte aussi. L’adulte qui porte tout seul finit par abandonner le plan au bout de trois semaines. Confier quelques morceaux du plan à quelqu’un d’autre (l’autre parent, une grand-mère, une baby-sitter, une grande sœur), en donner un morceau à l’enfant et garder le reste lâche est plus tenable. Le plan sous sa meilleure forme, c’est celui que l’adulte aussi peut supporter.

Il y a aussi le côté médicament. Certaines familles font une pause du médicament en été, d’autres non. Je ne peux rien dire là-dessus, c’est une décision à discuter avec le médecin. Mais si une pause doit être faite ou une dose ajustée, le côté sommeil, repas et mouvement du plan doit être pensé avec cette décision.

Ce qui me reste

Ce que je voudrais le plus souligner dans le plan d’été, c’est ceci : le plan n’existe pas pour remplir l’enfant, il existe pour porter la journée. Il n’est pas nécessaire que chaque ligne du papier soit remplie. Pour moi, un bon plan d’été, c’est un plan où l’enfant sait plus ou moins ce qui l’attend quand il se lève le matin, où il bouge au moins une fois dans la journée plus que son souffle ne le permet, où il se couche le soir après une transition calme, et où, de temps en temps, il ne fait vraiment rien.

Deuxièmement, je donne à l’heure du coucher et à l’heure fixe du lever une valeur en dehors du plan. Un été où toutes les autres activités sont bien installées mais où l’heure du coucher est ratée coûte cher à l’enfant et à la famille en septembre. Même un été où tu renonces aux idées d’activités et où tu ne gardes que les trois constantes ira le plus souvent mieux qu’un été sans plan. Je le dis non comme une preuve, mais comme un choix tiré de ce que j’ai vu et lu.

Troisièmement, je trouve que cela vaut la peine de construire le plan avec l’enfant. S’asseoir avec lui et demander « quelles trois choses veux-tu faire cet été ? », c’est lui dire qu’il est partenaire de son propre été. Nager, dormir chez un ami, construire une tour, aller loin à vélo, ce qui sortira. On peut en faire une semaine conforme au plan, et pour l’enfant, l’été devient une histoire qu’il tient lui-même plutôt que trois mois où on le dirige sans cesse. Si les difficultés qui touchent sérieusement la vie quotidienne de l’enfant augmentent encore en été, il vaut mieux en parler avec le médecin ou avec le conseiller scolaire de l’école plutôt que de chercher dans les idées de cet article.

Questions fréquentes

Pendant les vacances d’été, peut-on laisser la journée de l’enfant ayant un TDAH totalement libre ?
Quelques jours, oui, mais pas pendant des semaines, je pense. Pour un enfant ayant un TDAH, la structure est le plus souvent un soutien venu de l’extérieur, et quand elle disparaît complètement tout l’été, le sommeil, les repas et les transitions peuvent se disloquer. Il n’est pas non plus nécessaire d’avoir un programme complet : l’heure du lever, les repas et une ou deux activités fixes par jour suffisent dans la plupart des foyers.
Combien d’heures d’activités planifier par jour pour l’été ?
Il n’existe pas de durée mesurée sur ce point chez les enfants ayant un TDAH. À ta place, je mettrais un bloc structuré le matin et un l’après-midi, d’une à deux heures chacun, avec des morceaux de 15 à 30 minutes à l’intérieur. Le reste du temps, c’est le jeu libre, le repos et les repas. Si l’enfant a l’air fatigué, raccourcir le plan compte plus que le maintenir.
Faut-il arrêter complètement la lecture et le travail scolaire pendant l’été ?
Les recherches menées sur les groupes d’élèves en général montrent une certaine perte d’apprentissage en été, surtout en mathématiques, mais il n’y a pas de données solides propres aux enfants ayant un TDAH. 15 à 20 minutes de lecture plaisante par jour et un court jeu de nombres quelques fois par semaine sont un juste milieu raisonnable pour garder le lien sans gâcher les vacances.
Comment régler le temps d’écran pendant l’été ?
Plutôt que de discuter de la durée seule, regarde à quel endroit de la journée tu mets l’écran. L’écran en tout premier le matin et juste avant le coucher pose problème dans la plupart des foyers. Une plage horaire fixe l’après-midi et un signal de fin visible (minuteur, chanson) réduisent le bras de fer chez la plupart des enfants.
Que faire quand l’enfant dit « je m’ennuie » ?
Il n’est pas nécessaire de combler chaque ennui tout de suite. Un court moment d’ennui peut amener l’enfant à produire sa propre idée. Mais si l’enfant devient agité à cause de l’ennui, proposer deux choix ou ouvrir la boîte à activités rend les choses plus faciles.
Le plan de vacances change-t-il si l’enfant prend un médicament ?
Quand les heures de prise, les repas et le rythme du sommeil changent pendant les vacances, l’effet du médicament et ses effets indésirables peuvent aussi se ressentir autrement. Arrêter ou ajuster le médicament en été est une décision à discuter avec le médecin ; le plan se construit autour de cette décision.

vacances d’étéactivitésroutineenfantTDAH

Comment cet article a été écrit

Cansu est une adulte qui vit avec un TDAH, pas une médecin ni une professionnelle de santé. Ce texte est davantage une synthèse qu'un récit personnel : les informations s'appuient sur des études publiées et des sources officielles, listées sous l'article.

Le texte n'a pas été relu par une personne spécialisée. Les décisions sur le diagnostic, les médicaments et le traitement appartiennent à ton médecin. Les informations sur les droits, les formulaires et les démarches varient d'un pays à l'autre et changent avec le temps : vérifie-les auprès de l'organisme compétent. En savoir plus sur ce site.

Sources6
  1. Ginsburg, K. R. (2007). The importance of play in promoting healthy child development and maintaining strong parent-child bonds. Pediatrics, 119(1), 182-191.
  2. Pontifex, M. B., Saliba, B. J., Raine, L. B., Picchietti, D. L., & Hillman, C. H. (2013). Exercise improves behavioral, neurocognitive, and scholastic performance in children with ADHD. Journal of Pediatrics, 162(3), 543-551.
  3. Faber Taylor, A., & Kuo, F. E. (2009). Children with attention deficits concentrate better after walk in the park. Journal of Attention Disorders, 12(5), 402-409.
  4. Cooper, H., Nye, B., Charlton, K., Lindsay, J., & Greathouse, S. (1996). The effects of summer vacation on achievement test scores: A narrative and meta-analytic review. Review of Educational Research, 66(3), 227-268.
  5. Lally, P., van Jaarsveld, C. H. M., Potts, H. W. W., & Wardle, J. (2010). How are habits formed: Modelling habit formation in the real world. European Journal of Social Psychology, 40(6), 998-1009.
  6. Daley, D. et al. (2018). Practitioner review: Current best practice in the use of parent training and other behavioural interventions in the treatment of children with attention-deficit/hyperactivity disorder. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 59(9), 932-947.

Cette page a été mise à jour le 16 octobre 2026.