TDAH chez l’enfant : le sport, ce qui aide et ce qui n’aide pas
Le mouvement régulier soutient-il l’attention et le comportement de l’enfant avec un TDAH ? Ce que montrent les recherches, les sports adaptés, et ses limites.
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« Cet enfant a trop d’énergie, inscrivons-le à un sport. » Cette phrase s’entend souvent dans la famille et à l’école. Elle contient une intuition juste, mais il lui manque quelque chose.
Cet article raconte ce que dit la recherche sur le mouvement et le sport chez les enfants avec un TDAH, et ce que le parent peut en tirer en pratique. Pour la version adulte, il y a l’article le sport aide-t-il vraiment dans le TDAH.
Ce que dit la recherche
La méta-analyse de Cerrillo-Urbina et ses collègues, qui rassemble des études contrôlées randomisées, a rapporté que l’exercice physique montre des effets positifs chez les enfants avec un TDAH dans certains domaines, en particulier les fonctions exécutives et le comportement. Dans l’étude de Pontifex et ses collègues, même après une seule courte séance de tapis roulant d’intensité modérée, on a observé chez les enfants une amélioration du contrôle de l’inhibition (le freinage de la réponse) ainsi que de la réussite en lecture et en arithmétique.
Il faut ici être honnête : une partie des études est petite, les durées et les types d’exercice diffèrent d’une étude à l’autre, et la taille de l’effet est en général plus modeste que celle du traitement médicamenteux. La conclusion est donc la suivante : le mouvement est un outil d’appoint, il ne remplace pas le traitement.
Ce que le mouvement apporte
À côté de l’effet direct sur l’attention, les bénéfices indirects comptent aussi :
- Le sommeil. Bouger dans la journée peut augmenter la pression de sommeil le soir. Voir le sommeil de l’enfant avec un TDAH.
- L’humeur et l’anxiété. Le mouvement régulier soutient la régulation de l’humeur et du stress.
- L’estime de soi. Trouver un domaine où il est bon peut être un appui pour l’enfant les jours où l’école est difficile.
- Le cadre social. Les sports d’équipe et les groupes permettent de se faire des amis. L’article l’amitié chez l’enfant avec un TDAH développe ce lien.
- La gestion de l’énergie. La possibilité de réduire l’explosion, en classe ou à la maison, d’une motricité réprimée.
Quel sport
Les études portent sur différents types d’exercice et il n’y a pas de classement net permettant de dire « tel sport est le meilleur ». Une façon pratique d’y penser :
- Le sport que l’enfant aime. Un sport qu’on n’aime pas, on l’abandonne.
- Des règles nettes et simples. Des règles trop compliquées et de longs temps d’attente peuvent mettre certains enfants en difficulté. Les sports qui comportent du mouvement continu, comme la natation, la course, la gymnastique, les arts martiaux, le vélo ou l’escalade, s’accordent souvent bien. Ce n’est pas une liste définitive, cela varie selon l’enfant.
- L’enfant qui veut un sport d’équipe. Dans des sports comme le football ou le basket, attendre la tactique et les moments d’attente peut être difficile. Si l’enfant le souhaite, il est utile de parler avec l’entraîneur pour clarifier le rôle et les attentes.
- Un bon entraîneur. Un entraîneur patient, qui comprend l’enfant et donne des retours positifs peut compter plus que le sport lui-même.
À quoi faire attention
- Ne l’utilise pas comme punition. La menace « on arrête le sport » retire à l’enfant son domaine le plus utile.
- Ne force pas. Mettre l’enfant dans un sport dont il ne veut pas du tout se retourne contre toi.
- La pression de la compétition. Un cadre trop compétitif peut abîmer l’estime de soi.
- Avec le médicament. Si l’enfant prend un médicament, les symptômes survenus pendant l’exercice (palpitations, vertiges) doivent être signalés au médecin.
- La sécurité. Chez les enfants impulsifs, il faut veiller en plus au port du casque et des équipements de protection.
Une pause de mouvement dans la journée
S’il n’y a pas de club de sport ou si l’enfant n’en veut pas, de petits morceaux de mouvement ont aussi de la valeur :
- Une courte course ou quelques sauts avant les devoirs. Voir le suivi des devoirs de l’enfant avec un TDAH.
- De courtes pauses de mouvement pendant les devoirs.
- Des jeux actifs à la récréation à l’école. Il est utile d’en parler avec l’enseignant.
- Aller à l’école à pied ou à vélo.
- Une balade dans la nature en famille le week-end.
Raccourcir la récréation comme punition retire le mouvement à l’enfant qui en a le plus besoin. Pour en parler avec l’enseignant, tu peux regarder l’article parler avec l’enseignant.
L’équilibre entre écran et mouvement
Quand le mouvement diminue, le temps d’écran augmente en général et il se forme un cercle où chacun nourrit l’autre. L’article temps d’écran et TDAH chez les enfants raconte cet équilibre.
Conclusion
Dans le plan de soin de l’enfant avec un TDAH, le mouvement a une place petite mais réelle. Il ne prend pas la place du traitement ; mais pour la journée, le sommeil et la confiance en soi de l’enfant, c’est un soutien peu coûteux et qui a peu d’effets indésirables.
Cet article est donné à titre d’information ; pour ton enfant, la décision revient au médecin qui l’évalue.
Questions fréquentes
- Le sport soigne-t-il le TDAH ?
- Non. Les recherches montrent un bénéfice de petit à moyen, mais le sport ne remplace ni le médicament ni le traitement comportemental. Il faut le penser comme un soutien complémentaire.
- Quel sport convient le mieux à l’enfant avec un TDAH ?
- Il n’y a pas un seul meilleur sport. Le meilleur est celui que l’enfant aime et peut poursuivre régulièrement. Certains enfants sont plus à l’aise dans les sports individuels (natation, arts martiaux, course), d’autres dans les sports d’équipe.
- Faut-il faire du sport pour fatiguer un enfant très remuant ?
- Le sport peut aider l’enfant à gérer son énergie, mais le but n’est pas de le fatiguer. Un cadre éprouvant ou plein de règles peut devenir une source de stress pour l’enfant ; il est important de trouver un cadre qui lui convienne.
- Quelle quantité de mouvement suffit dans la journée ?
- L’Organisation mondiale de la santé recommande, de 5 à 17 ans, en moyenne au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à élevée. Il n’y a pas de recommandation distincte pour les enfants avec un TDAH.