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Le journal TDAH de Cansu
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Rester assis en bougeant : pourquoi gigoter aide avec un TDAH

Avec un TDAH, balancer le pied et gigoter ne distrait pas forcément et peut soutenir certaines tâches. Les preuves, le mécanisme et l’usage au quotidien.

Cansu5 min de lectureMoyen

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« Arrête de bouger, reste tranquille sur ta chaise » est l’une des phrases qu’on entend le plus dans une enfance avec un TDAH.

Les recherches de ces dernières années ne regardent pas cette phrase d’un bon œil. La bougeotte, au moins dans certaines tâches, pourrait ne pas être l’altération elle-même, mais une compensation développée contre l’altération.

Niveau de preuve : moyen. Il y a des études expérimentales, mais les échantillons sont petits et la plupart ont été menées auprès d’enfants. Il faut généraliser aux adultes avec prudence.

L’affirmation

L’étude de Sarver et de ses collègues (2015) a examiné la relation entre l’activité motrice et la performance en mémoire de travail chez des enfants de 8 à 12 ans avec un TDAH et chez des enfants au développement typique.

Le résultat a été le suivant : dans le groupe TDAH, l’augmentation de l’activité motrice pendant les tâches de mémoire de travail était associée à une meilleure performance. Dans le groupe témoin, aucune relation de ce genre n’a été observée.

Kofler, Sarver et Wells (2020) ont testé cette relation de manière expérimentale et ont rapporté des résultats qui soutiennent la trouvaille : il y a une relation fonctionnelle entre l’activité motrice et la mémoire de travail.

Autrement dit, bouger, au moins dans ces tâches, n’est pas le signe que l’attention se disperse ; cela peut être quelque chose qu’on fait pour rassembler son attention.

Le mécanisme

L’explication proposée tient au niveau d’éveil. Pendant une tâche qui demande de la mémoire de travail, un niveau d’éveil insuffisant fait baisser la performance ; le mouvement moteur accru peut servir à remonter ce niveau.

Cette logique appartient à la même famille que le modèle d’éveil intermédiaire dans l’article sur le bruit blanc. Les deux disent la même chose : avec un TDAH, le niveau de stimulation nécessaire à une performance optimale peut être plus élevé, et la personne se met d’elle-même à le chercher.

Une partie des comportements que j’ai décrits dans l’article sur la recherche de stimulation vient peut-être de là.

Réprimer la bougeotte peut revenir à retirer à quelqu’un l’outil qu’il utilise pour rassembler son attention.

L’application

La traduction pratique n’est pas de laisser le mouvement libre, c’est de le diriger vers un canal qui ne fait pas de dégâts.

Le mouvement du pied. Balancer le pied sous la table, mettre sous le pied une petite marche ou un élastique. Cela ne dérange personne, et c’est le canal le plus naturel.

Un objet pour la main. Une balle anti-stress, un stylo dont la pointe est rentrée, un petit objet. La condition : que l’objet ne fasse pas de bruit et n’oblige pas à regarder. Un objet qui oblige à regarder se transforme en distraction.

Le travail debout. Un bureau réglable en hauteur ou un plan de travail haut. Cela marche surtout pour les tâches de lecture et de relecture.

De courtes pauses de mouvement. Se lever cinq minutes toutes les quarante minutes. Le plus simple est de l’associer à la structure pomodoro.

Penser en marchant. Sortir marcher pour les tâches qui n’ont pas besoin d’écran, comme produire des idées et planifier. Prendre des notes vocales associe les deux.

Ne pas confondre avec l’exercice

Nous parlons de deux choses distinctes.

Le sujet de cet article est le petit mouvement pendant la tâche. L’exercice est un autre sujet : la méta-analyse de Cerrillo-Urbina et de ses collègues (2015) rapporte que l’exercice physique régulier est associé, chez les enfants avec un TDAH, à une amélioration des mesures d’attention et de fonctions exécutives.

L’un ne remplace pas l’autre. J’ai traité l’effet général de l’exercice dans les articles mouvement et exercice et le sport est-il vraiment efficace.

Quand cela ne marche pas

Si le mouvement oblige à regarder. Jouer avec son téléphone n’est pas un canal de bougeotte ; l’écran prend toute l’attention.

Si le lieu ne s’y prête pas. Balancer le pied en réunion ne pose pas de problème, sauf s’il fait trembler la table. Il faut que le canal soit invisible.

Si la tâche exige un contrôle moteur fin. L’écriture manuscrite, les travaux qui demandent une précision de chirurgien, jouer d’un instrument. Dans ces tâches, le mouvement dégrade directement la performance.

Si cela vient de l’anxiété. Toute bougeotte n’est pas une recherche d’éveil ; une partie vient de l’anxiété. L’agitation liée à l’anxiété ne se règle pas avec cette méthode ; l’article sur l’anxiété raconte ce côté.

Ce qui compte pour les enfants

La conséquence la plus pratique de cette trouvaille se situe en classe.

Arrêter un enfant qui bouge donne l’impression de l’aider, mais cela peut produire l’inverse. Des aménagements applicables en classe : un espace où l’enfant peut travailler debout, l’autorisation d’un objet silencieux pour la main, de courtes tâches de mouvement pendant le cours (effacer le tableau, distribuer des feuilles).

Il est sensé de les ajouter à la liste de demandes de l’article sur parler avec l’enseignant. Si un BEP (programme éducatif individualisé) est en préparation, on peut aussi les y inscrire.

Ce que cela donne chez moi

Ce sujet a changé chez moi une phrase : « reste tranquille sur ta chaise ».

Pendant de longues années, j’ai porté ma bougeotte comme un défaut. Essayer de garder le pied immobile en réunion a dépensé de l’énergie comme un travail à part. C’était l’un des postes du deuxième travail que j’ai décrit dans l’article sur le masquage.

Maintenant je fais le contraire : au lieu de réprimer le mouvement, je le dirige vers un canal invisible. Je ne prétends pas à un bénéfice mesurable ; ce que je peux mesurer, c’est la disparition de l’énergie dépensée à réprimer.

Quant aux preuves, elles ne sont pas encore définitives. Les échantillons sont petits, les études portent surtout sur des enfants. Mais cela suffit au moins pour dire ceci : bouger n’est pas la preuve d’un manque d’attention.

Questions fréquentes

Bouger ne distrait-il pas ?
Pas toujours. Dans l’étude de Sarver et de ses collègues (2015), l’augmentation de l’activité motrice pendant des tâches de mémoire de travail était associée à une meilleure performance chez les enfants avec un TDAH ; la même relation n’apparaissait pas dans le groupe témoin. Un mouvement qui oblige à regarder, comme jouer avec son téléphone, n’entre pas dans ce cadre.
Quelles formes de mouvement conviennent ?
Des canaux qui ne font pas de bruit et qui n’obligent pas à regarder : un mouvement du pied sous la table, une balle anti-stress, le travail debout et un court temps debout toutes les quarante minutes. Dans les tâches qui demandent un contrôle moteur fin, comme l’écriture manuscrite ou le jeu d’un instrument, le mouvement dégrade la performance.
Cela remplace-t-il l’exercice physique ?
Non. Le sujet de cet article est le petit mouvement pendant la tâche. L’effet de l’exercice physique régulier sur les mesures d’attention et de fonctions exécutives dans le TDAH est un autre sujet, appuyé sur des preuves plus solides.

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À propos de l'autrice

Cansu est une adulte qui vit avec un TDAH. Elle n'a pas de formation dans le domaine ; derrière ces pages, il y a seulement les méthodes qu'elle a essayées elle-même et son quotidien. Ce qui a marché pour elle ne marchera pas forcément pour toi, et ce qui n'a pas marché pour elle peut quand même t'aider.

Rien ici ne remplace l'avis d'un médecin, un diagnostic ou un traitement. Les questions sur les médicaments et les doses relèvent de ton médecin. En savoir plus sur ce site.

Sources4
  1. Sarver, D. E., Rapport, M. D., Kofler, M. J., Raiker, J. S., & Friedman, L. M. (2015). Hyperactivity in attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD): Impairing deficit or compensatory behavior? Journal of Abnormal Child Psychology, 43, 1219-1232.
  2. Kofler, M. J., Sarver, D. E., & Wells, E. L. (2020). Working memory and increased activity level (hyperactivity) in ADHD: Experimental evidence for a functional relation. Journal of Attention Disorders, 24(9), 1330-1344.
  3. Cerrillo-Urbina, A. J., García-Hermoso, A., Sánchez-López, M. et al. (2015). The effects of physical exercise in children with attention deficit hyperactivity disorder: a systematic review and meta-analysis of randomized control trials. Child: Care, Health and Development, 41(6), 779-788.
  4. Faraone, S. V., Banaschewski, T., Coghill, D. et al. (2021). The World Federation of ADHD International Consensus Statement. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 128, 789-818.

Cette page a été mise à jour le 29 septembre 2026.