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Le journal TDAH de Cansu
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Autisme et TDAH : comment se passe le parcours scolaire ?

Enfant avec un diagnostic AuDHD : évaluation au RAM, objectifs du BEP et aménagements en classe, pour planifier deux profils aux besoins parfois opposés.

Cansu6 min de lectureMoyen

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Un parent se rend au RAM (le centre d’orientation et de recherche turc), et le dossier porte deux diagnostics à la fois. Dans la salle de la commission, on pose souvent cette question : lequel est le plus dominant ?

Cette question part d’une bonne intention, mais elle est mal posée. Les deux diagnostics ne se remplacent pas, et l’un n’est pas la version légère de l’autre. La planification scolaire doit tenir compte des deux en même temps.

Cet article explique comment faire cette planification.

Les deux diagnostics peuvent coexister

Pendant de longues années, il n’était pas possible de poser ensemble les diagnostics d’autisme et de TDAH. Avec le DSM-5, cette limite a été levée, et l’on a admis que les deux profils pouvaient se trouver chez la même personne.

Dans la littérature, cette association s’appelle AuDHD. Sur le site, j’ai traité le cadre général dans l’article sur l’AuDHD, et le terrain de difficulté commun dans l’article sur les fonctions exécutives.

Pour l’école, cette association compte pour une raison : sur certains points, les deux profils vont dans le même sens, et sur d’autres, ils se contredisent.

Où ils vont dans le même sens

Les fonctions exécutives. Dans les deux profils, le démarrage, le séquençage, le passage d’une activité à l’autre et la planification sont difficiles. C’est le terrain commun le plus visible en classe.

La charge sensorielle. Le bruit, la lumière et la foule épuisent la capacité dans les deux profils. J’ai écrit sur ce sujet en détail dans l’article sur les différences sensorielles.

Les transitions. Passer du cours à la récréation, puis de la récréation au cours est difficile dans les deux profils, et ce sont généralement ces transitions qui concentrent les moments les plus problématiques de la journée.

Un aménagement fait sur ces trois points aide les deux profils à la fois. C’est par là qu’il est le plus efficace de commencer la planification.

Où ils se contredisent

C’est ici que la vraie difficulté commence, et les parents vivent souvent cette contradiction sans pouvoir la nommer.

La routine. Le versant autisme demande de la prévisibilité. Un programme qui ne change pas, un ordre qui reste le même, un enseignant qui avance toujours dans la même séquence : tout cela crée de la sécurité. Le versant TDAH, lui, voit son éveil chuter dans la monotonie, et la répétition de la même chose fait perdre l’attention.

Le changement. Du côté de l’autisme, un changement soudain provoque de la difficulté. Du côté du TDAH, la nouveauté rassemble l’attention.

L’environnement social. Le versant autisme veut réduire la charge sociale. Le versant TDAH peut, lui, peiner quand il travaille seul, car son niveau d’éveil baisse.

Un plan préparé sans voir cette contradiction soulage un côté en dérangeant l’autre.

L’approche qui résout la contradiction

Dans la pratique, la solution qui marche est simple et tient en une phrase : gardez le cadre fixe, changez le contenu.

Voici ce que cela donne concrètement.

Le programme reste fixe, la méthode change. Le cours de mathématiques a lieu chaque jour à la même heure. À l’intérieur de ce cours, on travaille tantôt en écrivant, tantôt au tableau, tantôt debout. La prévisibilité est préservée et la monotonie est brisée.

Le changement est annoncé à l’avance. Si le programme doit changer, l’enfant l’apprend le matin. Un changement annoncé provoque beaucoup moins de difficulté du côté de l’autisme.

Le choix reste limité. « Fais ce que tu veux » convient mal aux deux profils. « Choisis l’un de ces deux chemins » convient bien aux deux.

Le mouvement est intégré à la routine. Se lever pour effacer le tableau ou distribuer des feuilles répond au besoin du versant TDAH sans casser la routine. J’ai écrit, preuves à l’appui, que le mouvement soutient la performance dans certaines tâches, dans l’article sur s’asseoir en bougeant.

Ce qu’il faut écrire dans le dossier du RAM

C’est l’endroit où les parents se trompent le plus souvent. Quand un seul diagnostic figure au dossier, le plan préparé ne voit pas les besoins de l’autre profil.

Voici les informations qui doivent figurer au dossier :

  • Les rapports médicaux qui montrent les deux diagnostics.
  • Des observations concrètes sur le comportement de l’enfant lors des transitions.
  • Les environnements dans lesquels apparaît la difficulté sensorielle.
  • Ce qui se passe quand la routine est perturbée.
  • Ce qui se passe pendant un cours monotone.

Les deux derniers points sont les plus souvent oubliés, et ce sont précisément les informations qui montrent la contradiction. Quand les phrases « Il pleure quand le programme change » et « Quand le même type d’exercice dure dix minutes, il n’arrive plus à rester en place » sont écrites côte à côte, la commission voit un tableau qu’un seul diagnostic ne peut pas expliquer.

J’ai décrit tout le processus du RAM dans l’article sur le rapport du RAM.

Comment rédiger les objectifs du BEP

Quand on prépare le BEP (le programme éducatif individualisé), les objectifs doivent être mesurables. Dans l’AuDHD, il s’ajoute une condition : on doit savoir à quel profil l’objectif répond.

Un exemple. L’objectif « Sa participation au cours augmentera » n’est pas mesurable, et l’on ne sait pas quel besoin il couvre. En revanche, l’objectif « Quand un programme écrit lui est remis au début du cours, il terminera la transition en cinq minutes » est à la fois mesurable et clair sur la difficulté à laquelle il correspond.

J’ai expliqué en détail comment le BEP est préparé et comment le parent peut s’impliquer dans le processus dans l’article sur le BEP.

En parlant avec l’enseignant

Expliquer les deux diagnostics à l’enseignant à la fois transforme souvent la conversation en discussion sur le diagnostic. Le chemin le plus efficace consiste à parler du comportement.

Ces trois phrases marchent :

« Quand on prévient à l’avance qu’il y aura un changement de programme, la transition est beaucoup plus facile. »

« Quand le même type d’exercice s’allonge, son attention se perd ; si on change de méthode entre-temps, elle se rassemble. »

« Dans un environnement bruyant, sa capacité s’épuise vite. »

Les trois sont concrètes, les trois sont applicables, et aucune n’ouvre une discussion sur le diagnostic. J’ai expliqué comment se préparer à l’entretien dans l’article sur l’entretien avec l’enseignant.

Ce que j’en retiens

Dans l’association de ces deux profils, le plus fatigant est de devoir traduire en permanence. L’école entend un diagnostic et agit en fonction de lui ; les besoins de l’autre diagnostic restent en suspens.

Le travail qui revient au parent est de nommer la contradiction. La phrase « Il veut de la routine, mais il se disperse dans la monotonie », dite dans la salle de la commission ou lors d’un entretien avec l’enseignant, change la planification. Car la personne qui l’entend comprend qu’une seule solution ne suffira pas.

Les informations données ici sont un cadre général. Les décisions de diagnostic et de traitement se prennent avec ton médecin, et les décisions éducatives avec le RAM et ton école.

Questions fréquentes

L’autisme et le TDAH peuvent-ils être diagnostiqués en même temps ?
Oui. Avec le DSM-5, l’obstacle qui empêchait de poser les deux diagnostics ensemble a disparu. Dans la littérature internationale, cette association s’appelle AuDHD, et elle n’est pas rare.
Lequel des deux faut-il mettre en avant lors de l’évaluation au RAM ?
Il faut faire inscrire les deux. Quand un seul diagnostic figure au dossier, le plan éducatif qui en découle ne répond pas aux besoins de l’autre profil, et les aménagements appliqués à l’école restent incomplets.
Que faire quand les besoins des deux profils se contredisent ?
La contradiction apparaît le plus souvent autour de la routine. La solution qui marche consiste à garder le cadre de la routine fixe et à y ajouter un choix limité et de l’espace pour bouger : l’ordre reste le même, c’est la méthode à l’intérieur de l’ordre qui change.

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Comment cet article a été écrit

Cansu est une adulte qui vit avec un TDAH, pas une médecin ni une professionnelle de santé. Ce texte est davantage une synthèse qu'un récit personnel : les informations s'appuient sur des études publiées et des sources officielles, listées sous l'article.

Le texte n'a pas été relu par une personne spécialisée. Les décisions sur le diagnostic, les médicaments et le traitement appartiennent à ton médecin. Les informations sur les droits, les formulaires et les démarches varient d'un pays à l'autre et changent avec le temps : vérifie-les auprès de l'organisme compétent. En savoir plus sur ce site.

Sources5
  1. American Psychiatric Association (2013). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5ᵉ éd.).
  2. Faraone, S. V., Banaschewski, T., Coghill, D. et al. (2021). The World Federation of ADHD International Consensus Statement. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 128, 789-818.
  3. Lai, M.-C., Lombardo, M. V., & Baron-Cohen, S. (2014). Autism. The Lancet, 383(9920), 896-910.
  4. Milli Eğitim Bakanlığı. Özel Eğitim Hizmetleri Yönetmeliği.
  5. DuPaul, G. J., Eckert, T. L., & Vilardo, B. (2012). The effects of school-based interventions for ADHD: a meta-analysis 1996-2010. School Psychology Review, 41(4), 387-412.

Cette page a été mise à jour le 6 octobre 2026.