TDAH au collège : comment étudier, côté parents et côté ado
En 5ᵉ classe, le nombre d’enseignants, de devoirs et de contrôles se multiplie. Agenda, blocs de travail, téléphone et rôle des parents qui s’efface peu à peu.
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Imaginons la première semaine de la 5ᵉ classe, la première année du collège (en Turquie, l’ortaokul va de la 5ᵉ à la 8ᵉ classe). L’année précédente, l’enfant allait chaque matin dans la même salle, chez le même enseignant. Maintenant, il y a un enseignant par matière, dont la moitié ne connaît même pas encore son prénom. Un cahier de mathématiques, un classeur de turc, un livre à part pour les sciences. Quatre devoirs différents, chacun avec son jour de remise.
Pour les enfants avec un TDAH qui ont traversé l’école primaire en s’en sortant tant bien que mal, c’est exactement là que le collège les fait craquer. L’enfant n’est pas devenu paresseux tout à coup. La charge que quelqu’un d’autre portait avant, c’est lui qui doit la porter maintenant. J’ai rassemblé le cadre général de l’organisation du travail dans l’article comment étudier quand on est un élève avec un TDAH ; ici, je ne regarde que l’âge du collège. J’écris cet article avec deux voix, pour qu’il puisse être lu à la fois par le parent et par l’élève. Je ne suis pas parent, alors n’attends pas un récit de parent qui dirait « moi, j’ai fait comme ça » ; ce que je raconte vient de recherches et des principes des programmes de formation des parents, et là où la preuve est faible, je le dirai.
Ce qui change entre le primaire et le collège
Le changement n’est pas une seule chose, c’est plusieurs choses qui arrivent en même temps.
À l’école primaire, les devoirs, le matériel et les dates de contrôle sont le plus souvent gérés par un seul enseignant, et le parent sait ce qui se passe en parlant avec lui. Au collège, il y a une personne différente pour chaque matière, et chacune apporte son propre rythme de devoirs, sa propre fréquence de contrôles. L’enfant change de salle, laisse ses affaires quelque part pendant la récréation, oublie son livre sur la table. Les contrôles écrits se multiplient. Vers la 8ᵉ classe s’ajoute l’ombre du LGS (l’examen d’entrée au lycée), dont j’ai parlé à part dans l’article préparer le LGS avec un TDAH.
Tout cela repose sur le même groupe de capacités : planifier, démarrer, se souvenir, suivre ses affaires, sentir le temps. Ce groupe, qu’on appelle les fonctions exécutives, est justement l’endroit où le TDAH accuse du retard. Des chercheurs comme Barkley disent que, chez les enfants avec un TDAH, ces capacités mûrissent plus tard que chez leurs pairs, autrement dit que l’enfant fonctionne avec les capacités d’un âge plus jeune que son âge au calendrier (Barkley, 2015). Je ne veux pas chiffrer ce retard en disant un an ou trois ans, je ne me fie pas au chiffre. Mais la conséquence pratique est claire : attendre d’un enfant de onze ans avec un TDAH l’autonomie que le système du collège attend de tous les enfants de onze ans, c’est le plus souvent trop tôt.
Il y a aussi la question de l’âge. Le collège est en même temps le début de l’adolescence. J’ai écrit dans un autre article à quoi ressemble le TDAH à l’adolescence ; en bref, tandis que l’agitation diminue, les problèmes d’attention, d’organisation et de temps passent au premier plan, et le désir d’autonomie grandit. Deux choses se heurtent : l’enfant veut dire « je le ferai moi-même », mais les capacités nécessaires pour le faire seul ne sont pas encore en place.
Le rôle du parent se réduit, mais pas d’un coup
L’erreur que je vois le plus souvent se tient aux deux extrémités. D’un côté, le parent, parce que l’enfant est entré au collège, se dit « maintenant il est grand, qu’il se débrouille » et se retire en une nuit. De l’autre, le parent reste assis à côté des devoirs jusqu’à la 8ᵉ classe, et l’enfant n’apprend jamais à porter quoi que ce soit.
Ce qui marche, à mon avis, c’est de découper cet intervalle en marches. Les âges n’ont rien de sacré ; ils peuvent glisser selon l’enfant.
5ᵉ classe : ensemble. Le parent est tout près à l’heure des devoirs. Ils remplissent l’agenda ensemble, ils préparent le cartable ensemble la veille au soir. Le parent ne fait pas à la place, il est présent, et il pose la question « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? ».
6ᵉ classe : côte à côte. L’enfant remplit l’agenda lui-même, le parent y jette un œil le soir. L’enfant commence ses devoirs, le parent est dans la même pièce avec une autre occupation. Quand l’enfant se coince, il appelle.
7ᵉ classe : vérification. Le parent n’est pas dans la pièce pendant les devoirs. Deux soirs en semaine, ils regardent ensemble l’agenda, le cartable et le travail fait ; les autres jours, c’est l’enfant qui gère.
8ᵉ classe : conseiller. L’enfant organise son programme lui-même. Le parent donne son avis quand on lui demande, et ils ont une conversation hebdomadaire du genre « comment ça se passe cette semaine ? ».
Derrière aucune de ces marches il n’y a d’étude qui dirait directement « chez un enfant avec un TDAH au collège, se retirer dans cet ordre-là marche ». Transmettre l’autonomie progressivement à l’adolescence est un principe commun aux programmes de formation des parents et aux approches cliniques (Daley et al., 2018). Quant aux marches, c’est moi qui les ai déduites de ce principe. Si l’enfant a du mal à la marche supérieure, revenir à celle d’en dessous n’a rien de honteux, cela fait partie du plan. Pendant les périodes chargées, comme les semaines de contrôles, revenir en arrière peut être sensé.
L’agenda : un seul endroit, trois minutes
C’est à mon avis le seul outil qui aide le plus au collège. Mais la plupart des familles achètent un agenda, l’utilisent deux semaines, et il finit dans un tiroir. La cause n’est le plus souvent pas l’agenda lui-même, mais le fait que le moment de le remplir n’est pas défini.
Il faut garder des règles simples. Qu’il n’y ait qu’un seul endroit : un agenda papier, l’application de notes du téléphone ou un calendrier mural. Quand il y en a plusieurs, on oublie aussi dans lequel on a écrit. Que l’heure de remplissage soit fixe : avant la fin du dernier cours, avant de ranger le cartable, trois minutes. Une seule ligne par devoir : la matière, quoi, pour quand. Si l’enseignant a écrit au tableau, photographier le tableau est une solution aussi, mais il faut d’abord en parler avec l’enseignant et n’utiliser la photo qu’à l’intérieur de l’école, pour les devoirs.
Ici, le plan « si-alors » aide : « Quand la sonnerie du dernier cours retentira, avant de fermer mon cartable, j’ouvrirai l’agenda et j’y noterai les devoirs d’aujourd’hui. » On a montré de manière générale que des plans de ce genre, établis à l’avance et reliés à un déclencheur précis, augmentent la probabilité d’atteindre l’objectif (Gollwitzer et Sheeran, 2006). Je ne sais pas si cela a été testé auprès de collégiens avec un TDAH ; je le rapporte comme un principe général.
À la maison aussi, le même principe du lieu unique vaut. Une seule boîte ou un seul dossier pour les papiers venus de l’école, les documents à signer, les annonces de contrôles. La moitié des disputes parents-enfant du genre « où est ce papier ? » s’arrête avec cette boîte.
Le cartable et l’emploi du temps
Pour beaucoup de collégiens, le cartable est un petit chaos. Le préparer le soir avant de se coucher, en regardant l’emploi du temps du lendemain, sert à deux choses : il réduit le nombre de décisions du matin et il fait baisser le nombre de livres oubliés.
Accrocher l’emploi du temps sur le rabat du cartable ou près de la porte rend inutile la question « demain, c’est quel jour ? ». Un classeur séparé par matière ou un seul classeur accordéon, selon ce qui paraît le plus facile à l’enfant. Moi, je laisserais l’enfant choisir le code couleur, parce qu’il utilise davantage le système qu’il a choisi lui-même. Pour les affaires qui se perdent, la règle du point d’entrée peut aussi s’appliquer au cartable de l’enfant : en rentrant à la maison, le cartable va toujours au même endroit.
Les blocs de travail : combien de minutes, dans quel ordre
Au collège, il n’y a pas de chiffre précis sur le nombre de minutes à travailler. Comme point de départ, je proposerai des blocs de 15 à 25 minutes, suivis d’une pause de 5 minutes. La raison, c’est que cette fourchette est, pour la plupart des enfants, assez courte pour que commencer ne prenne pas des proportions énormes, et assez longue pour suffire à finir quelque chose. Mais c’est le début d’une expérience ; on ajuste jusqu’à ce que l’enfant trouve sa propre durée.
Pour l’ordre, deux règles aident. La première : mettre la matière qui suscite le plus de résistance dans le premier bloc ou, si cette matière est trop lourde, s’échauffer avec une courte tâche que l’enfant aime, puis la placer juste après. Quand on laisse le travail difficile pour la fin de la soirée, l’enfant est fatigué et le travail risque de ne jamais être fait. La seconde : une seule tâche à l’intérieur du bloc. Pas « le devoir de mathématiques », mais « les six premières questions de la page 12 de mathématiques ». Savoir ce qui est terminé donne à l’enfant une ligne d’arrivée.
Les devoirs tout de suite après l’école, ou faut-il se reposer d’abord ? Chez la plupart des enfants, la journée d’école est déjà fatigante, et commencer après environ une heure de temps libre provoque moins de disputes. Mais certains enfants, une fois entrés dans le jeu, n’arrivent plus à en sortir ; pour eux, l’ordre « d’abord un petit goûter, puis les devoirs, puis le temps libre » vaut mieux. Chez les enfants qui prennent un médicament, il faut y penser avec l’heure d’action du médicament ; il faut en parler avec le médecin, et l’article médicament et travail scolaire explique aussi cette logique d’horaire.
Si c’est le démarrage lui-même qui bloque, les idées de l’article sur les cinq premières minutes conviennent aussi à l’âge du collège : si le premier pas de l’enfant reste aussi petit que « ouvrir le livre et lire la première question », la résistance baisse.
Un exemple de soirée en semaine
Ce qui suit est un exemple construit pour un collégien de 6ᵉ classe hypothétique ; décale les horaires selon ta maison. Tout cela change selon que l’enfant prend ou non un médicament, selon l’heure du transport scolaire, selon ses cours.
| Heure | Ce qui se passe |
|---|---|
| 15 h 30 | Retour à la maison. Le cartable reste près de la porte, goûter et eau |
| 15 h 45-16 h 45 | Temps libre, écran compris, mais l’heure de fin a été dite avec l’enfant |
| 16 h 45 | Regarder l’agenda, diviser les tâches du jour en trois |
| 17 h 00-17 h 20 | Bloc 1 : le devoir qui suscite le plus de résistance, téléphone sur l’étagère |
| 17 h 20-17 h 25 | Pause : se lever, eau, regarder par la fenêtre |
| 17 h 25-17 h 45 | Bloc 2 : le deuxième devoir |
| 17 h 45-18 h 00 | Pause et un peu de mouvement |
| 18 h 00-18 h 15 | Bloc 3 : un travail court et facile, préparation du cartable du lendemain |
| 18 h 15 | Trois minutes de point avec le parent, ensuite c’est libre |
Dans ce tableau, je fais attention à deux choses. Le temps libre a une heure de fin, parce que le temps libre sans limite rend, chez la plupart des enfants, le passage aux devoirs plus difficile. Et les blocs de devoirs ne dépassent pas une heure au total. Les jours où trois blocs ne tiennent pas, il doit être possible d’arrêter le deuxième bloc en cours de route et de laisser une note écrite à l’enseignant.
Les guerres des devoirs
La dispute du soir ne naît généralement pas du devoir ; elle naît d’un maillon de la chaîne qui entoure le devoir. L’enfant n’a peut-être pas noté le devoir, a peut-être laissé le livre à l’école, s’est peut-être rappelé à sept heures du soir qu’il y avait un devoir. Toute intervention faite sans avoir trouvé quel maillon s’est rompu produit une discussion. J’ai écrit cette chaîne morceau par morceau dans l’article le suivi des devoirs et je ne la répète pas ici.
Ce qui est propre au collège, c’est que la quantité de devoirs peut dépasser ce que l’enfant peut porter. Pour un enfant avec un TDAH, les devoirs peuvent signifier qu’un travail qui prend une demi-heure chez les autres enfants s’étire jusqu’à une heure et demie, et cette durée dépasse toute la capacité d’attention de l’enfant pour la journée. Dans ce cas, la seule solution n’est pas « fais plus d’efforts ». Il faut voir l’enseignant, avec des demandes comme réduire la quantité de devoirs, considérer comme suffisants quelques exemples d’un type de question, fixer un plafond de durée précis. Une règle familiale du genre « les devoirs s’arrêtent à neuf heures du soir, ce qui reste inachevé, je le signale par une note écrite à l’enseignant » marche aussi, si l’enseignant l’approuve.
L’autre sujet important, c’est que le parent fasse le devoir. Quand l’enfant n’y arrive pas, reprendre la main est facile et très tentant. Mais cela envoie à l’enfant le message « tu ne peux pas porter ça » et ne montre pas à l’enseignant la situation réelle de l’enfant. Il vaut mieux donner un indice là où il se coince, faire le premier pas ensemble, et en vérifiant, dire d’abord ce qui est bien, puis montrer une seule chose à corriger. J’ai un article à part sur le côté récompense et retour, sur le système de récompenses.
Téléphone et écran
À l’âge du collège, dans la plupart des familles, le téléphone se transforme en question de limite. D’abord la partie connue : on rapporte une petite relation, mais constante, entre l’usage des écrans et les symptômes du TDAH, mais le sens de cette relation n’est pas clair, et il n’est pas démontré que l’écran provoque le TDAH (en détail dans l’article écran et TDAH chez les enfants). Chercher un coupable n’a donc aucun sens. Mais pendant le travail, le téléphone est une échappatoire facile pour une attention qui glisse déjà.
Le conseil pratique est simple : pendant le bloc de travail, le téléphone est dans une autre pièce. Le mettre en silencieux ne suffit pas à la plupart des enfants, parce que se demander si un message est arrivé perturbe aussi l’attention. Il faut le présenter non comme une punition, mais comme une organisation du travail : « Pendant que tu travailles, le téléphone reste sur cette étagère, tu le reprends quand le bloc est fini. » Si les adultes de la maison posent eux aussi leur téléphone au même endroit, l’enfant trouve cela juste et les objections diminuent. Si le devoir doit être fait sur le téléphone ou sur une tablette, il faut couper les notifications et ne laisser ouverte que l’application nécessaire.
Il y a aussi la possibilité de résoudre le conflit, au lieu de partir d’une règle, par un accord construit ensemble. Un accord du genre « les jours de semaine, pendant les heures de travail, le téléphone est sur l’étagère, le week-end c’est libre » dure plus longtemps, parce que l’enfant a aussi son mot à dire.
Comment en parler
Quand on ouvre le même sujet avec deux phrases différentes, on obtient deux soirées différentes. « Tu as fait tes devoirs ? » est une question de contrôle, dont la réponse est le plus souvent « oui » ou « après ». « Aujourd’hui, tu as des devoirs de quelle matière, et par laquelle veux-tu commencer ? » est une question de plan.
Quelques exemples. Au lieu de « Pourquoi tu oublies toujours ? » dans un moment de colère, à une heure calme : « Dans ce que tu as oublié cette semaine, y a-t-il quelque chose en commun, le matin ou le soir, le cartable ou la note ? » C’est une invitation faite à l’enfant à devenir un partenaire d’enquête, pas à recevoir un reproche. Au lieu de « Tu fais ça par paresse » : « C’est le démarrage qui est difficile, ou de continuer ? » Les deux réponses sont légitimes et leurs solutions sont différentes.
Le moment de la conversation compte aussi. Parler au beau milieu des devoirs, pendant la dispute, ne sert le plus souvent à rien. Une conversation de dix minutes un week-end, à un moment calme, quand l’enfant n’est pas fatigué, fait davantage. Si l’enfant se ferme, parler en marchant ou en voiture, sans être assis face à face, ouvre parfois la porte. C’est encore une observation générale ; elle n’a pas de preuve, mais l’essayer ne coûte rien.
Se préparer aux contrôles écrits
Au collège, les contrôles écrits arrivent souvent, et pour la plupart des enfants, la préparation signifie « relire le livre une fois de plus ». On a montré, dans des études menées auprès d’adultes et d’étudiants, que cette méthode est faible ; s’auto-tester et étaler le travail sur plusieurs jours donne de meilleurs résultats (Dunlosky et al., 2013). Je sais qu’il existe aussi des études menées dans des classes de collège, mais je n’ai pas vu de preuve distincte pour les enfants avec un TDAH. C’est quand même un essai à faible coût.
À la maison, cela peut s’appliquer ainsi. Trois jours avant le contrôle, l’enfant ouvre le sujet, ferme le cahier, et le parent, ou l’enfant lui-même, pose quelques questions ; l’enfant répond. Les endroits qu’il ne sait pas sont marqués et, le lendemain, on ne revient que sur ces endroits. Le parent n’a pas besoin de poser des questions sur une matière qu’il ne connaît pas ; des cartes de questions écrites par l’enfant lui-même font le même travail. J’ai rassemblé un cadre plus large pour la semaine des contrôles dans l’article comment étudier pour un examen avec un TDAH, mais au niveau du collège, l’objectif est d’installer une organisation où l’enfant ne regarde pas le sujet pour la première fois la veille du contrôle.
À l’enfant, c’est-à-dire à toi
J’écris cette partie à l’élève de collège, parce que tu lis peut-être ce texte à côté de tes parents.
Je voudrais que tu saches que le fait d’avoir du mal à l’école ne dit rien de ce que tu vaux. Si quelqu’un assis dans la même classe fait trois questions tout de suite et sort, c’est une particularité de cette personne. Une de tes particularités, c’est d’avoir du mal à garder beaucoup de choses en tête en même temps et à te mettre au travail. Cela ne s’appelle pas de la paresse. L’agenda, le téléphone qui reste sur l’étagère, les blocs courts ne sont pas des astuces : ce sont des outils qui adaptent le travail à ton cerveau.
Moi aussi, je laissais les devoirs à la dernière nuit, mais je les faisais. Cela ne veut pas dire que je te recommande cette méthode ; cela veut dire que je connais le prix de cette méthode. Le travail laissé à la dernière nuit se fait dans l’angoisse et la fatigue, et c’est pour cela qu’il semble deux fois plus difficile. Un début petit, tôt et ennuyeux fatigue bien moins que cette nuit-là.
Encore une chose. Quand tu te disputes avec tes parents à propos des devoirs, pense qu’aucun de vous ne fait quelque chose de mal. Eux te regardent avec inquiétude, et toi, tu te sens sous pression. Leur dire « la façon dont vous m’aidez, et le moment où vous m’aidez, ça marche » est une manière de le dire sans se disputer.
Les enseignants, le soutien, et quand aller voir quelqu’un d’autre
En tant que parent, établir la relation avec l’école au début de l’année est bien plus facile que de l’établir quand un problème surgit. Parler séparément avec chaque enseignant est difficile au collège, c’est pourquoi il est sensé de choisir une ou deux personnes : l’enseignant d’orientation de l’école et l’enseignant principal de la classe. On peut leur demander de lancer la circulation de l’information vers les autres.
Si de sérieux problèmes persistent dans les devoirs et les contrôles de l’enfant, ou s’il a des difficultés partout, pas seulement chez l’enseignant mais aussi à la maison, il peut être nécessaire de regarder ce que sont les soutiens institutionnels comme le BEP (programme éducatif individualisé) et la salle de soutien. Ce n’est pas nécessaire pour tous les enfants avec un TDAH, mais si l’enfant est bloqué depuis un an, cela vaut la peine de poser la question.
À l’âge du collège, une baisse des notes, un repli sur soi, un refus d’aller à l’école ou des explosions émotionnelles qui deviennent nettes peuvent s’accompagner d’anxiété et de dépression. Ces aspects demandent une évaluation séparée du TDAH. Si tu vois un tableau de ce genre, parle-en avec le médecin qui suit l’enfant.
Ce qui me reste
Je vois le collège, pour un enfant avec un TDAH, comme une période de « changement de charge ». L’enfant est le même enfant, mais la structure a été retirée et celle qui doit la remplacer n’existe pas encore. Construire cette structure est le travail commun du parent et de l’enfant. La laisser à l’école ne suffit pas, la laisser entièrement à l’enfant non plus.
À mon avis, deux choses aident le plus : garder petits et ennuyeux les systèmes qui portent les devoirs et la planification (agenda, boîte, cartable du soir), et parler de ce sujet avec l’enfant sans reproche. Le premier rend le travail plus facile, le second rend plus facile pour l’enfant de demander de l’aide.
Je redis une fois de plus que la plus grande partie de ce que j’ai écrit n’a pas été testée une par une auprès de collégiens avec un TDAH. Il existe des preuves solides pour la formation comportementale des parents et pour les interventions en classe (Daley et al., 2018 ; DuPaul et al., 2011). Quant aux détails, comme se retirer marche après marche, l’heure de l’agenda, la longueur des blocs, c’est moi qui les ai déduits de principes généraux. Considère donc chacun comme une expérience de deux semaines, demande à l’enfant, et abandonne ce qui ne marche pas. L’organisation n’est pas quelque chose qu’on installe une fois pour toutes au collège, c’est quelque chose qui grandit avec l’enfant.
Questions fréquentes
- Pourquoi un élève avec un TDAH se met-il soudain à avoir du mal au collège ?
- À l’école primaire, l’enseignant de la classe tient en une seule main les devoirs, le matériel et le calendrier. Au collège, chaque matière a son enseignant, son rythme de devoirs et de contrôles. La charge des fonctions exécutives, comme planifier, se souvenir et commencer, augmente d’un coup, et l’enfant qui s’en sortait jusque-là ne parvient plus à la porter.
- Le parent doit-il continuer à s’asseoir près de l’enfant pendant les devoirs ?
- En 5ᵉ et en 6ᵉ classe, le plus souvent oui, s’asseoir côte à côte aide. Mais le but est de réduire cette présence avec le temps. On commence ensemble, puis l’enfant travaille seul et le parent ne regarde qu’au début et à la fin, puis on descend à deux vérifications par semaine.
- L’enfant n’utilise pas l’agenda, que faire ?
- L’agenda doit vraiment être à un seul endroit, sous la forme que l’enfant a choisie. Ce peut être du papier, une note sur le téléphone ou une photo du tableau. Un système simple, rempli chaque jour à la même heure, par exemple en trois minutes avant de quitter l’école, marche bien mieux qu’un agenda joli mais jamais rempli.
- Le téléphone peut-il rester à côté pendant le travail ?
- Même en silencieux, un téléphone posé sur le bureau attire l’attention de la plupart des enfants. La méthode la plus fiable consiste à le garder dans une autre pièce pendant toute la durée du travail. Si les adultes de la maison appliquent la même règle, au lieu de l’imposer à l’enfant seul, il y a moins de conflits.
- Les soirées se passent en disputes à cause des devoirs, qu’est-ce qui doit changer ?
- Il faut d’abord regarder à quelle étape de la chaîne on se bloque : noter, rapporter à la maison, commencer ? Chaque étape a sa solution. Et si la quantité et la durée des devoirs dépassent largement ce que l’enfant peut porter, en parler avec l’enseignant devient encore plus important.