Diagnostic du TDAH chez l’enfant : le processus pas à pas
Un TDAH est soupçonné chez ton enfant : qui consulter, quels entretiens et échelles, quand le diagnostic est posé. Les étapes de l’évaluation et les attentes.
Türkçe okuRead in EnglishAuf Deutsch lesenPartager sur Reddit
Quand un enseignant ou un proche te dit « cet enfant est un peu trop remuant, vous devriez le faire examiner », la première question qui vient à l’esprit est généralement celle-ci : où va-t-on aller, et que vont-ils faire là-bas ?
Connaître le processus réduit à la fois l’inquiétude inutile et l’attente du genre « un test suffit pour savoir ». Cet article explique comment le diagnostic de TDAH est posé chez l’enfant, ce qui te sera demandé et comment tu peux te préparer à l’entretien.
Qui pose le diagnostic
En Turquie, le diagnostic de TDAH est posé par un spécialiste de la santé mentale et des maladies de l’enfant et de l’adolescent. Le médecin de famille ou le pédiatre peut, en première ligne, écouter la situation et t’orienter, mais pour le diagnostic et le plan de traitement, il faut s’adresser à ce spécialiste.
Le psychologue et le pédagogue peuvent apporter une évaluation et un soutien dans le processus. Le diagnostic médical, lui, relève de la responsabilité du médecin. Pour le côté du rapport et du soutien éducatif, tu peux regarder l’article sur le rapport du RAM.
Il n’y a pas de test unique
Une analyse de sang, une imagerie ou un « test d’attention » ne pose pas à lui seul le diagnostic de TDAH. Le diagnostic est posé en réunissant les informations rassemblées par un médecin expérimenté. Voici les principales.
L’entretien avec les parents. Le médecin interroge l’histoire du développement de l’enfant : la grossesse et la naissance, le développement du langage et de la motricité, le sommeil, l’alimentation, les maladies passées. Puis il demande quand les symptômes ont commencé, dans quels contextes ils se voient et comment ils affectent la vie quotidienne.
L’entretien avec l’enfant et l’observation. Le comportement de l’enfant pendant l’entretien donne une information, mais il n’est pas déterminant à lui seul. Un enfant qui reste assis tranquillement dans le cabinet du médecin ne veut pas dire qu’il n’a pas de TDAH ; ce qui se passe en classe et à la maison est au moins aussi important. Dans un environnement nouveau et intéressant, les symptômes peuvent être moins visibles.
Les informations venant de l’école. Les échelles remplies par l’enseignant ou ses observations écrites montrent si les symptômes se voient aussi dans un deuxième contexte. Demander cette information n’est pas le médecin qui t’interroge ; c’est une exigence du critère diagnostique.
Les échelles d’évaluation. On utilise des formulaires standardisés remplis par le parent et par l’enseignant. Il existe en Turquie des échelles adaptées, et c’est le médecin qui décide de celle qui sera utilisée. L’échelle ne pose pas le diagnostic à elle seule ; elle soutient l’impression de l’entretien ou la remet en question.
Les évaluations complémentaires. Si c’est jugé nécessaire, on demande des tests de QI et d’attention, un examen de l’audition et de la vue, des examens comme une analyse de sang. Leur but n’est pas de prouver le TDAH, mais de distinguer d’autres situations d’apparence semblable. Pour la difficulté d’apprentissage, l’article TDAH et difficultés d’apprentissage peut être complémentaire.
Les critères nécessaires au diagnostic
Selon le DSM-5, pour le diagnostic, il faut que les éléments suivants soient réunis :
- Un nombre suffisant de symptômes d’inattention ou d’hyperactivité et d’impulsivité. Chez l’enfant, on utilise un seuil de six symptômes ; à 17 ans et plus, de cinq.
- Que les symptômes aient commencé avant l’âge de 12 ans.
- Que les symptômes se voient dans au moins deux contextes : par exemple la maison et l’école.
- Que les symptômes entraînent une réelle altération de la vie scolaire, des relations ou du fonctionnement quotidien.
- Que les symptômes ne s’expliquent pas mieux par une autre situation psychique ou médicale.
Pour la liste détaillée des symptômes, tu peux regarder l’article les symptômes du TDAH chez l’enfant. Ce qui compte ici : même si le critère « six symptômes sur neuf » ressemble à un travail de comptage, le médecin regarde moins le nombre que la perte de fonctionnement.
Les situations que le médecin cherche à écarter
Un problème d’attention et de l’agitation ne veulent pas à eux seuls dire TDAH. Le médecin pense aussi aux tableaux d’apparence semblable :
- les problèmes de sommeil et les ronflements ou l’apnée du sommeil
- les problèmes d’audition et de vue
- les troubles anxieux et la dépression
- une difficulté d’apprentissage et un enseignement qui ne correspond pas au niveau intellectuel
- un déménagement ou un changement d’école récent, une crise familiale, une perte
- le spectre de l’autisme. Les deux peuvent aussi coexister, c’est pourquoi l’AuDHD est une rubrique à part.
Cette liste n’est pas là pour inquiéter, mais pour que tu comprennes pourquoi le médecin pose encore quelques questions.
La préparation à l’entretien
Une courte préparation rend l’entretien beaucoup plus efficace.
- Écris trois ou quatre comportements qui t’inquiètent, avec des exemples concrets. « Il est inattentif » devient « pendant les devoirs, il se lève toutes les dix minutes, il lui faut une heure pour une page ».
- Réfléchis à quand les symptômes ont commencé. Si tu te souviens de quelque chose d’avant l’école, note-le.
- Apporte les bulletins scolaires, les notes des enseignants et, s’il y en a, les rapports précédents.
- Écris grossièrement le sommeil, l’appétit et le temps d’écran de l’enfant.
- Demande-toi s’il y a dans la famille quelqu’un qui a un TDAH, une difficulté d’apprentissage ou un diagnostic semblable. Comme l’effet héréditaire est fort dans le TDAH, le médecin le demande.
Au lieu d’énumérer longuement les « problèmes » de l’enfant devant lui, en donner une partie par écrit si possible, ou en parler séparément, aide aussi à ne pas le faire se sentir mal.
Combien de temps cela prend
Dans certains cas, le diagnostic peut être posé dès le premier entretien. Le plus souvent, cela prend un à plusieurs entretiens, parce que l’on rassemble les informations de l’école et les échelles. Le médecin peut demander une période d’observation. Ce n’est pas de l’indécision, c’est l’importance d’un diagnostic juste.
Une fois le diagnostic posé, le plan de traitement se fait ensemble. Il varie selon l’âge : chez les enfants d’âge préscolaire, la première étape est la formation des parents ; à l’âge scolaire, on peut envisager ensemble le médicament et le soutien comportemental. Pour une question souvent posée sur les médicaments, tu peux lire l’article les médicaments et la croissance en taille.
La décision t’appartient, et elle est revue avec le temps
Le diagnostic n’est pas une étiquette, c’est un cadre utilisé pour comprendre les besoins de l’enfant. Ce qui est fait après le diagnostic est planifié en tenant compte de l’enfant lui-même et de son besoin, réévalué et, si nécessaire, modifié. Demander quand tu ne comprends pas ce que dit le médecin, prendre un deuxième avis, c’est ton droit.
Cet article est là pour informer. Pour les décisions concernant ton enfant, la personne à consulter est le médecin qui l’a vu et évalué.
Questions fréquentes
- Qui pose le diagnostic de TDAH ?
- En Turquie, le diagnostic est posé par un spécialiste de la santé mentale et des maladies de l’enfant et de l’adolescent. Le psychologue et le pédagogue peuvent contribuer à l’évaluation, mais le diagnostic médical relève de l’autorité du médecin.
- Existe-t-il une analyse de sang ou une imagerie cérébrale pour le TDAH ?
- Non. Le diagnostic repose sur l’entretien clinique, l’histoire et les échelles. L’analyse de sang et l’imagerie sont demandées, quand c’est nécessaire, pour écarter d’autres causes, non pour confirmer le TDAH.
- Pourquoi demande-t-on des informations à l’école ?
- Les critères du DSM-5 exigent que les symptômes se voient dans au moins deux contextes. Le comportement observé à la maison et à l’école se complète ; un tableau qui n’apparaît que dans l’un des deux fait envisager d’autres explications.
- Le diagnostic est-il posé dès le premier entretien ?
- Il peut parfois l’être dès le premier entretien, mais le plus souvent il faut un ou plusieurs entretiens. Le médecin rassemble les échelles, les informations de l’école et, s’il y en a, les tests complémentaires, puis décide.
- Pourquoi demande-t-on un test de QI ?
- Le test de QI ne montre pas le TDAH. Il est demandé pour distinguer une difficulté d’apprentissage, le niveau des capacités intellectuelles et d’autres situations qui pourraient être à l’origine du problème d’attention.