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Le journal TDAH de Cansu
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Quels sont les symptômes du TDAH chez l’enfant ?

Quel comportement est normal pour l’âge, lequel mérite une évaluation ? Les présentations, les filles passées inaperçues et où s’adresser en Turquie.

Cansu8 min de lectureMoyen

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Cette enfant, c’était moi. Pas celle qui mettait la classe sens dessus dessous, mais celle qui regardait par la fenêtre. Mes notes n’étaient pas mauvaises, je faisais toujours mes devoirs ; seulement, je les faisais la dernière nuit. Comme je ne dérangeais personne, personne ne m’a rien demandé, et j’ai eu mon diagnostic à vingt-trois ans.

C’est pourquoi, en écrivant cet article, j’ai en tête une enfant, et cette enfant n’est pas bruyante.

Je le dis tout de suite : il n’y a ici aucun outil de diagnostic, et il ne peut pas y en avoir. Mon but est de montrer à partir de quand il devient pertinent de consulter un spécialiste. Tout enfant est remuant, tout enfant n’écoute pas parfois, tout enfant oublie des choses. Mais l’endroit où passe la différence est moins flou qu’on ne le croit.

Les trois domaines où se regroupent les symptômes

Les critères diagnostiques regroupent les symptômes sous trois rubriques (American Psychiatric Association, 2013).

L’inattention

  • Laisser échapper des détails, faire des erreurs d’étourderie
  • Ne pas réussir à soutenir son attention pendant un jeu ou un devoir
  • Avoir l’air de ne pas écouter quand on lui parle directement
  • Ne pas réussir à suivre les consignes jusqu’au bout, laisser les tâches à moitié faites
  • Avoir du mal à s’organiser
  • Éviter les tâches qui demandent un effort mental soutenu
  • Perdre souvent ses affaires
  • Se laisser facilement distraire par des stimuli extérieurs
  • Oublier les tâches du quotidien

L’hyperactivité

  • Ne pas tenir en place, avoir les mains et les pieds qui bougent sans cesse
  • Se lever là où l’on doit rester assis
  • Courir ou grimper dans des situations inappropriées
  • Avoir du mal à jouer calmement
  • Être sans cesse en mouvement
  • Parler excessivement

L’impulsivité

  • Répondre avant que la question soit terminée
  • Avoir du mal à attendre son tour
  • Couper la parole aux autres, s’immiscer dans leurs jeux

Ce qui est vraiment déterminant

Tous les éléments ci-dessus existent un peu chez chaque enfant. Ce que l’on cherche dans l’évaluation n’est pas de cocher la liste, mais de voir le schéma.

Être au-dessus de ce qu’on attend pour l’âge. Qu’un enfant de cinq ans ne puisse pas rester assis dix minutes est attendu. Pour un enfant de douze ans, le même comportement a une autre signification. La mesure n’est pas un seuil absolu ; c’est la comparaison avec les enfants du même âge.

Se voir dans au moins deux contextes. Un tableau qui n’apparaît qu’à la maison ou qu’à l’école demande une autre explication ; il peut indiquer quelque chose lié à l’environnement. Dans le glossaire, cela s’appelle la règle des deux contextes.

Affecter réellement le fonctionnement. Il faut qu’il crée une difficulté visible dans la vie scolaire, sociale ou familiale. Pour un enfant remuant mais heureux, qui a des amis et qui suit ses cours, on ne cherche pas de diagnostic.

Avoir commencé tôt. On cherche des symptômes apparus pendant l’enfance ; pas un tableau qui a commencé un matin.

La continuité. Quelques semaines ne suffisent pas ; on cherche un schéma qui s’étend sur des mois.

Un enfant peut aussi traverser une période difficile. Un déménagement, une perte, une séparation, un changement d’école ou une tension à la maison peuvent produire des symptômes semblables. Faire cette distinction est le travail du spécialiste, et c’est la partie où il ne faut pas se presser.

Les trois présentations

Les critères définissent trois présentations. Dans les critères, on les appelle types de présentation.

À dominante inattentive. L’enfant silencieux, rêveur, qui reste en arrière. Celui qui fait ses devoirs et les oublie à la maison, dont le cartable est incomplet chaque matin. Il ne dérange personne, et c’est précisément pour cela qu’on ne le voit pas. J’ai raconté le détail de ce tableau dans l’article sur le TDAH de type inattentif.

À dominante hyperactive et impulsive. L’enfant remuant, bavard, qui se remarque en classe. C’est le tableau remarqué le plus tôt et orienté le plus tôt.

Combinée. Les deux ensemble. C’est le tableau fréquent dans les consultations cliniques.

La présentation n’est pas pensée comme une catégorie fixe ; elle peut se déplacer au fil des années. Quelqu’un qui paraît combiné pendant l’enfance peut paraître surtout inattentif à l’adolescence, car l’agitation tournée vers l’extérieur tend à diminuer avec l’âge.

Pourquoi cela passe inaperçu chez les filles

La synthèse de Quinn et Madhoo (2014) montre que chez les filles, le tableau à dominante inattentive est plus fréquent et que cela retarde le diagnostic.

Le mécanisme est, selon moi, très simple et très douloureux : une enfant qui regarde par la fenêtre ne perturbe pas l’ordre de la classe. Quand l’enseignant n’est pas gêné, l’orientation ne vient pas. S’y ajoute la docilité attendue des filles, et l’enfant apprend à cacher dès l’école primaire. Ce qu’elle apprend a un nom : le masquage.

Le résultat est un groupe nombreux, dont je fais partie : des femmes qui reçoivent leur diagnostic à l’âge adulte. Dans les bulletins, ce sont toujours les mêmes phrases. « Rêveuse. » « N’utilise pas son potentiel. » « Y arriverait si elle travaillait plus. »

Relire ces phrases des années plus tard produit un sentiment étrange. Personne n’était malveillant ; personne n’a posé la bonne question.

La fréquence et la question de « est-ce exagéré »

Une méta-analyse qui regroupe des études du monde entier rapporte une prévalence du TDAH d’environ 5 % chez les enfants et les adolescents, et montre que les différences entre pays viennent en grande partie de différences de méthode (Polanczyk et al., 2007).

Connaître ce chiffre sert à quelque chose : dans une classe de trente élèves, cela fait en moyenne un ou deux enfants. Autrement dit, ni « tous les enfants l’ont » ni « c’est très rare ».

Où s’adresser en Turquie

L’évaluation relève d’un spécialiste de la santé mentale de l’enfant et de l’adolescent. Le chemin se déroule généralement ainsi :

  • La consultation de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. C’est ici que se prennent les décisions de diagnostic et de traitement. Hôpital public, hôpital universitaire ou cabinet privé, peu importe ; ce qui compte, c’est la spécialité du médecin.
  • Le service d’orientation de l’école. Il peut être le premier point de contact pour l’observation et l’orientation. L’observation en classe du conseiller d’orientation est l’une des informations les plus précieuses que tu aies en main en allant chez le médecin.
  • Le Centre d’orientation et de recherche. Pour l’évaluation éducative et l’orientation vers un soutien scolaire. Dans le glossaire, il y a la rubrique centre d’orientation et de recherche.

Le guide du NICE (2018) souligne que l’évaluation exige de recueillir des informations de plusieurs sources : la famille, l’école et, si possible, l’enfant lui-même. Un diagnostic posé en un seul entretien, à partir d’un seul récit, est un diagnostic incomplet.

Ce qu’il faut préparer avant l’évaluation

Voici ce qu’il te sera utile d’apporter au spécialiste :

  • Les observations des enseignants, les commentaires des bulletins, et les bulletins des années précédentes s’il y en a
  • De courtes notes sur quelques semaines : quel comportement, à quelle fréquence ; « trois fois cette semaine » plutôt que « souvent »
  • L’information sur la présence ou non d’un tableau semblable dans la famille
  • Des observations sur le rythme de sommeil, l’alimentation et les habitudes d’écran
  • Les domaines où l’enfant va bien. La plupart des gens oublient de l’écrire, alors que le tableau ne se décrit pas uniquement par les manques.

Cette préparation améliore directement la qualité de l’évaluation. La donnée la plus faible dont dispose le médecin, ce sont les choses dont on se souvient au moment de l’entretien.

Les tests sur internet ne posent pas de diagnostic. Les échelles en ligne ne sont que des outils de dépistage ; seules, elles n’ont pas de sens, et elles peuvent donner des résultats complètement différents selon l’humeur du moment de l’enfant. La rubrique faux positif du glossaire explique pourquoi ces outils peuvent tromper.

Deux erreurs fréquentes

La première est d’attendre. La phrase « ça passera en grandissant » est très répandue et se révèle parfois juste ; mais quand elle est fausse, ce qu’on perd n’est pas seulement du temps. Pendant ces années, l’enfant construit une histoire sur lui-même, et cette histoire devient « je n’y arrive pas ».

La seconde est de se précipiter. Chercher un diagnostic à partir d’une semaine d’observation, comme faire porter à un seul comportement tout un tableau, ne sert à rien.

J’ai écrit à quoi ressemble le même tableau à l’âge adulte dans l’article les symptômes du TDAH chez l’adulte ; l’apparence se distingue nettement de celle de l’enfance.

Une note

Quand je pense à ce que j’étais enfant, ce que je voudrais le plus, ce n’est pas un diagnostic, en fait. C’est que quelqu’un s’arrête et dise : « Tu n’es pas paresseuse, quelque chose est difficile pour toi, voyons ce que c’est. »

Si tu as un doute, consulter plutôt qu’attendre, c’est dire cette phrase plus tôt à un enfant. Si tu as toi-même un TDAH et que tu vis ce processus en tant que parent, l’article être un parent avec un TDAH pourra aussi t’être utile.

Questions fréquentes

Dans quels domaines les symptômes du TDAH apparaissent-ils chez l’enfant ?
Dans trois domaines : l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Un enfant n’a pas besoin de les avoir tous les trois ; les présentations se distinguent selon le poids de ces domaines.
Un enfant très remuant a-t-il un TDAH ?
Ce qui est déterminant n’est pas la présence du comportement. On cherche s’il est nettement au-dessus de ce qu’on attend pour l’âge, s’il se voit dans au moins deux contextes, s’il s’étend sur des mois et s’il affecte réellement la vie.
Où dois-je m’adresser pour mon enfant ?
L’évaluation relève d’un spécialiste de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. L’évaluation éducative du côté de l’école suit un chemin distinct, par le Centre d’orientation et de recherche.
Pourquoi le diagnostic arrive-t-il tard chez les filles ?
Chez les filles, le tableau à dominante inattentive est plus fréquent, et comme il se remarque moins, il ne fait pas l’objet de plaintes. Le diagnostic est souvent repoussé à l’adolescence ou à l’âge adulte.

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Comment cet article a été écrit

Cansu est une adulte qui vit avec un TDAH, pas une médecin ni une professionnelle de santé. Ce texte est davantage une synthèse qu'un récit personnel : les informations s'appuient sur des études publiées et des sources officielles, listées sous l'article.

Le texte n'a pas été relu par une personne spécialisée. Les décisions sur le diagnostic, les médicaments et le traitement appartiennent à ton médecin. Les informations sur les droits, les formulaires et les démarches varient d'un pays à l'autre et changent avec le temps : vérifie-les auprès de l'organisme compétent. En savoir plus sur ce site.

Sources4
  1. American Psychiatric Association (2013). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed.).
  2. National Institute for Health and Care Excellence (2018, updated 2019). Attention deficit hyperactivity disorder: diagnosis and management (NG87).
  3. Polanczyk, G., de Lima, M. S., Horta, B. L., Biederman, J., & Rohde, L. A. (2007). The worldwide prevalence of ADHD. American Journal of Psychiatry, 164(6), 942-948.
  4. Quinn, P. O., & Madhoo, M. (2014). A review of attention-deficit/hyperactivity disorder in women and girls. Primary Care Companion for CNS Disorders, 16(3).

Cette page a été mise à jour le 16 septembre 2026.