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Le journal TDAH de Cansu
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Développe-t-on une tolérance au médicament du TDAH ?

Le médicament n’agit plus comme avant : tolérance, mauvaise dose ou autre chose ? Quand une hausse de dose est envisagée et ce que l’on confond.

Cansu4 min de lectureMoyen

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La phrase « le médicament n’agit plus comme les premiers mois » revient souvent, et un mot la suit aussitôt : tolérance.

Or, sous cette phrase, il y a au moins cinq possibilités différentes, et la tolérance est l’une des plus rares. Cet article les écarte une à une. Les décisions de dose appartiennent au médecin.

D’abord la question des attentes

L’effet des premières semaines est souvent le plus frappant. Que quelque chose de difficile depuis des années devienne soudain facile laisse une forte impression.

Avec le temps, cette facilité devient la nouvelle normalité. Le point de comparaison change : tu ne compares plus avec la période d’avant le médicament, mais avec le premier mois du médicament.

Ce n’est pas que l’effet diminue ; c’est que la graduation de la mesure a bougé. Pour faire la différence, il faut revenir aux semaines d’avant le médicament. La question « qu’est-ce que je n’arrivais pas à faire à l’époque » remet souvent le tableau à sa place.

La dose est peut-être restée basse depuis le début

Le traitement commence en général par une dose faible et se règle par paliers. Le NICE (NG87) et la déclaration de consensus européenne (Kooij et al., 2019) décrivent ce réglage progressif comme l’approche standard.

Parfois le réglage est abandonné avant d’être terminé : la première dose fait un peu effet, la personne est satisfaite, on ne va pas aux contrôles et la dose reste là. Le sentiment de « ça ne suffit pas » qui apparaît des mois plus tard est en réalité le résultat d’un réglage jamais achevé.

Ce n’est pas de la tolérance ; c’est une titration incomplète.

La vie a peut-être changé

L’effet du médicament est fixe, la charge de la vie varie.

  • Si la charge de travail a augmenté, la même dose ne donne pas le même résultat.
  • Si la dette de sommeil s’est creusée, l’attention baisse déjà ; je l’ai écrit dans l’article sur le sommeil.
  • Un changement de poids peut modifier ce que la dose représente dans le corps.
  • Une nouvelle source de stress ajoute un poids que le médicament ne peut pas couvrir.

Une hausse de dose faite sans parler de ces points change la mauvaise variable.

Un tableau associé s’est peut-être aggravé

Dépression, anxiété, apnée du sommeil, problèmes de thyroïde et carence en fer : tous influencent l’attention et l’énergie.

Si le médicament ne fonctionne plus comme avant, il peut y avoir derrière un autre tableau qui grandit. C’est la raison pour laquelle on les demande lors du rendez-vous de contrôle.

J’ai écrit sur le lien entre la dépression et le TDAH dans un article à part.

À quel point la vraie tolérance est réelle

Que les stimulants provoquent une tolérance au sens clinique est un sujet discuté. Le texte de consensus de la Fédération mondiale (Faraone et al., 2021) indique que l’efficacité se maintient globalement lors d’un usage prolongé.

L’approche acceptée en pratique est la suivante : le diagnostic de « tolérance » est quelque chose dont on parle une fois les autres possibilités écartées. D’abord les attentes, la dose, le sommeil, la charge et les tableaux associés.

Le problème d’augmenter la dose de soi-même

Prendre un comprimé de plus dans la boîte qu’il reste est très répandu et déconseillé.

Premièrement, les effets indésirables dépendent de la dose : anxiété, palpitations, insomnie et perte d’appétit deviennent plus marqués quand la dose augmente. Deuxièmement, pour un médicament contrôlé, la quantité est suivie ; j’ai présenté ce cadre dans l’article sur l’ordonnance. Troisièmement, quand la dose augmentée ne donne pas le bénéfice attendu, il ne reste aucune information, puisque le changement a été fait sans plan.

Une hausse de dose n’est pas un essai, c’est une mesure. Pour que la mesure serve, il faut que soient écrits quand, de combien et en regardant quoi elle a été faite.

Quand une hausse de dose est envisagée

Si le médecin décide d’augmenter la dose, voici en général ce qu’il faut suivre :

  • Le changement dans les symptômes : quelles tâches sont devenues plus faciles.
  • Les effets indésirables : sommeil, appétit, anxiété, palpitations.
  • La tension et le pouls.
  • La durée de l’effet : à quel moment de la journée il commence à baisser.

Écrire ces quatre points pendant deux semaines fournit une base à la décision lors du rendez-vous suivant.

Ce qui me reste

La phrase « une tolérance s’est installée » sert en réalité souvent à clore une conversation. Or le vrai travail est d’ouvrir cette phrase.

La question utile que j’ai tirée de cet article est la suivante : est-ce le médicament qui a changé, ou la charge de la vie ? Se poser cette question conduit souvent, avant toute discussion de dose, à une discussion sur le sommeil et la charge de travail.

Les décisions de dose, de médicament et de durée se prennent avec ton médecin. Cet article est là pour que tu ailles à ce rendez-vous les mains pleines.

Questions fréquentes

Faut-il augmenter la dose si le médicament n’agit plus comme avant ?
Pas directement. On écarte d’abord des attentes qui ont monté, une dose restée basse depuis le début, une dette de sommeil et l’aggravation d’un tableau associé. La hausse n’est envisagée qu’après cela et sur décision du médecin.
Si l’effet a diminué, que faut-il regarder en premier ?
Si les attentes ont monté avec le temps. Ensuite, on écarte tour à tour une dose restée basse depuis le début, un changement de poids ou de mode de vie, une dette de sommeil qui s’est creusée et l’aggravation d’un tableau associé.
Quel est l’inconvénient d’augmenter la dose de soi-même ?
Une hausse de dose modifie aussi le tableau des effets indésirables et, faite sans suivi, elle fait perdre l’équilibre entre l’effet et les effets indésirables. De plus, à cause de la limite de boîtes, le médicament s’épuise en milieu de période.
Quand une hausse de dose est-elle envisagée ?
Une fois les autres possibilités écartées et sur décision du médecin. La hausse se fait par paliers et, à chaque palier, la réponse et les effets indésirables sont évalués ensemble.

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Comment cet article a été écrit

Cansu est une adulte qui vit avec un TDAH, pas une médecin ni une professionnelle de santé. Ce texte est davantage une synthèse qu'un récit personnel : les informations s'appuient sur des études publiées et des sources officielles, listées sous l'article.

Le texte n'a pas été relu par une personne spécialisée. Les décisions sur le diagnostic, les médicaments et le traitement appartiennent à ton médecin. Les informations sur les droits, les formulaires et les démarches varient d'un pays à l'autre et changent avec le temps : vérifie-les auprès de l'organisme compétent. En savoir plus sur ce site.

Sources4
  1. National Institute for Health and Care Excellence (2018, mise à jour 2019). Attention deficit hyperactivity disorder: diagnosis and management. NICE guideline NG87.
  2. Kooij, J. J. S., Bijlenga, D., Salerno, L. et al. (2019). Updated European Consensus Statement on diagnosis and treatment of adult ADHD. European Psychiatry, 56, 14-34.
  3. Faraone, S. V., Banaschewski, T., Coghill, D. et al. (2021). The World Federation of ADHD International Consensus Statement: 208 evidence-based conclusions about the disorder. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 128, 789-818.
  4. Cortese, S., Adamo, N., Del Giovane, C. et al. (2018). Comparative efficacy and tolerability of medications for ADHD in children, adolescents and adults: a systematic review and network meta-analysis. The Lancet Psychiatry, 5(9), 727-738.

Cette page a été mise à jour le 10 octobre 2026.