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Le journal TDAH de Cansu
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Le médicament du TDAH agit-il sur le cœur ?

L’effet des médicaments du TDAH sur la tension et le pouls, les questions posées avant de commencer, le suivi et les signes à signaler sans attendre.

Cansu5 min de lectureMoyen

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Le cœur est le sujet le plus effrayant et le plus déformé à propos des médicaments du TDAH. Sur Internet, il y a deux extrêmes : « il ne se passe rien » et « ça détruit le cœur ».

La vérité est entre les deux, à un endroit ennuyeux : un effet mesurable mais généralement petit, un processus géré par le suivi et, pour un petit groupe, une vraie nécessité d’être attentif. Cet article décrit ce cadre ; la décision et l’évaluation reviennent au médecin.

Ce qui se passe

Les stimulants prolongent l’action de la noradrénaline et de la dopamine. Du côté de la circulation, cela se traduit chez la plupart des gens par une petite élévation de la tension et du pouls.

Le langage des recommandations est prudent sur ce point : l’effet est petit sur les moyennes de groupe, mais il varie d’une personne à l’autre, et c’est pourquoi il faut le mesurer (NICE NG87 ; Kooij et al., 2019).

Avec les médicaments non stimulants, le tableau est différent mais pas nul ; pour des médicaments comme l’atomoxétine, un suivi du pouls et de la tension est lui aussi recommandé.

Ce qu’on demande avant de commencer le médicament

Les recommandations préconisent de recueillir des antécédents avant de commencer le médicament. Les questions posées sont en général les suivantes :

  • Y a-t-il dans la famille un antécédent de mort subite inexpliquée à un jeune âge ?
  • Y a-t-il un antécédent de cardiopathie congénitale ou d’opération du cœur ?
  • Y a-t-il un trouble du rythme connu, une insuffisance cardiaque, une cardiomyopathie ?
  • Y a-t-il des malaises, des douleurs dans la poitrine ou un essoufflement à l’effort ?
  • Y a-t-il un diagnostic ou un traitement pour l’hypertension ?

Si la réponse à l’une de ces questions est oui, cela ne veut pas dire que le médicament est interdit ; cela veut dire qu’une évaluation cardiologique est envisagée.

Un électrocardiogramme systématique pour tout le monde n’est pas une recommandation standard des guides ; il est demandé quand les antécédents montrent un signe de risque. La pratique peut varier selon le médecin et le centre.

Ce qu’on mesure pendant le suivi

Une fois le traitement commencé, la tension et le pouls font partie de la routine des rendez-vous de contrôle. La régularité de la mesure compte plus qu’un chiffre isolé : elle permet de voir l’évolution.

Si tu mesures chez toi, deux choses importent. La première, c’est de mesurer dans les mêmes conditions : à la même heure, assis, après quelques minutes de repos. La seconde, c’est d’écrire le chiffre. Dans ce tableau, essayer de tout garder en tête ne marche de toute façon pas ; la logique du journal de suivi s’applique ici aussi.

La période qui suit les augmentations de dose est elle aussi importante. Une nouvelle dose, c’est un nouveau point de mesure.

Les signes à signaler sans attendre

Voici ce qu’il faut dire sans attendre le contrôle :

  • Douleur dans la poitrine ou pression sur la poitrine.
  • Palpitations, sensation de battements irréguliers.
  • Essoufflement, surtout à l’effort.
  • Malaise ou sensation de malaise imminent.
  • Fatigue inhabituelle à l’effort.

Tous ces signes ne sont pas forcément liés au cœur ; l’anxiété peut produire des choses semblables. Faire la distinction est le travail du médecin, et pour qu’il puisse la faire, il faut que le signe ait été dit.

Le côté qui se mêle à l’anxiété

La sensation de palpitations vient en réalité de l’anxiété chez beaucoup de gens qui prennent un médicament du TDAH. L’anxiété est aussi l’un des effets indésirables connus de ces médicaments ; je l’ai traitée en détail dans l’article sur l’anxiété.

Il n’existe pas de raccourci pour distinguer ces deux tableaux, et essayer de le faire seul n’est pas la bonne démarche non plus. En pratique, voici ce qu’il faut faire : décrire l’épisode (quand il est survenu, combien de temps il a duré, ce que tu faisais), si possible mesurer le pouls à ce moment-là et le dire au médecin.

Caféine, nicotine et autres charges

Quand on prend un médicament stimulant, la consommation de caféine ajoute une deuxième charge sur le même système. Quand l’appétit est coupé, se débrouiller avec du café est un comportement courant, et une partie des plaintes de palpitations vient de là.

La nicotine agit de la même façon sur le pouls et la tension. J’ai écrit dans un article à part pourquoi la cigarette attire davantage en cas de TDAH ; quand elle est associée au médicament, la charge sur la circulation augmente.

Les boissons énergisantes sont l’élément le plus risqué de ce tableau : beaucoup de caféine, beaucoup de sucre et, le plus souvent, une consommation répétée dans la journée.

Ce que disent les preuves

Le texte de consensus de la Fédération mondiale (Faraone et al., 2021) considère l’efficacité et la sécurité générale des médicaments du TDAH comme très bien documentées ; le même texte précise aussi qu’il faut surveiller les effets sur le cœur et la circulation.

La méta-analyse de Cortese et ses collègues (2018) inclut aussi les effets sur le cœur et la circulation dans l’évaluation de la tolérance. Le résumé des résultats est le suivant : des changements mesurables mais le plus souvent petits, et des événements graves rares.

Le mot « rares » est important ici. Rare ne veut pas dire inexistant ; c’est aussi la raison du suivi.

Ce qu’il me reste à dire

Ce que j’ai retenu de plus utile de cet article, c’est de transformer la peur en une action : mesurer.

Un tensiomètre n’est pas un objet cher, et la mesure elle-même réduit l’anxiété, parce qu’elle réduit l’incertitude. Quelques mesures par mois produisent un chiffre à apporter au rendez-vous de contrôle.

L’inquiétude pour le cœur est un sujet qui peut conduire à arrêter le médicament en silence. Or, quand on en parle, il existe beaucoup d’étapes intermédiaires qui offrent une solution : la dose, la forme, la charge de caféine, l’organisation des mesures.

L’évaluation et la décision reviennent au médecin. Cet article est là pour que tu y ailles en sachant ce qu’il faut demander.

Questions fréquentes

Une personne atteinte d’une maladie du cœur peut-elle prendre un médicament du TDAH ?
La décision se prend après une évaluation cardiologique. En cas de trouble du rythme connu, de cardiopathie congénitale ou d’antécédent de mort subite précoce dans la famille, une évaluation avant le médicament est envisagée.
Faut-il un contrôle du cœur avant de commencer le médicament ?
Les recommandations préconisent d’interroger les antécédents cardiaques et de mesurer la tension et le pouls. En cas de mort subite précoce dans la famille, de cardiopathie congénitale, de trouble du rythme connu ou de malaise à l’effort, une évaluation cardiologique est envisagée.
Quels signes faut-il signaler sans attendre ?
Douleur dans la poitrine, palpitations, essoufflement à l’effort et malaise sont des signes à signaler sans attendre le rendez-vous de contrôle.
Le café et la cigarette augmentent-ils l’effet du médicament ?
La caféine et la nicotine font aussi monter la fréquence cardiaque et la tension. Ces charges s’ajoutent à l’effet du médicament, et c’est pourquoi on les évalue ensemble lors du suivi.

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Comment cet article a été écrit

Cansu est une adulte qui vit avec un TDAH, pas une médecin ni une professionnelle de santé. Ce texte est davantage une synthèse qu'un récit personnel : les informations s'appuient sur des études publiées et des sources officielles, listées sous l'article.

Le texte n'a pas été relu par une personne spécialisée. Les décisions sur le diagnostic, les médicaments et le traitement appartiennent à ton médecin. Les informations sur les droits, les formulaires et les démarches varient d'un pays à l'autre et changent avec le temps : vérifie-les auprès de l'organisme compétent. En savoir plus sur ce site.

Sources4
  1. National Institute for Health and Care Excellence (2018, mise à jour 2019). Attention deficit hyperactivity disorder: diagnosis and management. NICE guideline NG87.
  2. Kooij, J. J. S., Bijlenga, D., Salerno, L. et al. (2019). Updated European Consensus Statement on diagnosis and treatment of adult ADHD. European Psychiatry, 56, 14-34.
  3. Faraone, S. V., Banaschewski, T., Coghill, D. et al. (2021). The World Federation of ADHD International Consensus Statement: 208 evidence-based conclusions about the disorder. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 128, 789-818.
  4. Cortese, S., Adamo, N., Del Giovane, C. et al. (2018). Comparative efficacy and tolerability of medications for ADHD in children, adolescents and adults: a systematic review and network meta-analysis. The Lancet Psychiatry, 5(9), 727-738.

Cette page a été mise à jour le 10 octobre 2026.