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Le journal TDAH de Cansu
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Des hommes sans femme et sans cervelle - triste pour quelqu’un

Quand certaines femmes s’en vont, ce n’est pas qu’une personne qui manque : un ordre se défait. Aujourd’hui, j’ai eu de la peine pour quelqu’un de mon entourage.

Cansu16 min de lectureLong

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Depuis longtemps, je n’arrive plus à penser à la sortie d’une femme de la vie d’un homme seulement comme à une séparation. Parce que, quand certaines femmes sortent de notre vie, ce n’est pas seulement une personne qui manque. Un ordre se défait. Une forme de mémoire, un langage, une habitude, et même certaines phrases qu’on avait construites sur soi-même perdent leur sens. On ne le remarque pas sur le moment. Sur le moment, on entend surtout la porte qui se ferme. Puis le silence à l’intérieur de la maison. Puis la main qui reste en l’air en cherchant le téléphone pour raconter quelque chose. Puis, quand on voit quelque part quelque chose de beau et qu’on se dit « Il faut que je le lui raconte », le fait de se rappeler quelques secondes plus tard qu’il n’y a plus personne à qui le raconter. La perte commence peut-être exactement ici. Non pas dans l’absence d’une personne, mais quand cette absence commence à changer les petits gestes de la vie.

Parfois, la première phrase qu’un homme dit quand il perd une femme est « Je l’aimais tellement ». Cette phrase me paraît toujours un peu étrange. Pas parce qu’elle est fausse. Parce qu’elle est incomplète. On peut avoir aimé pour de vrai. Mais entre avoir aimé et avoir su voir l’existence de la personne qu’on aimait, il y a une distance terrible. Aimer quelqu’un, ce n’est pas seulement apprécier sa présence dans notre vie. C’est accepter que cette personne est un monde à part. Voir qu’elle a une réalité en dehors de nos propres besoins, de nos peurs, de nos habitudes. Ne pas la croire réduite à sa fonction dans notre vie.

Peut-être qu’une part de la tragédie de la perte des femmes par les hommes se trouve ici. Ils aiment la femme, mais pas la femme elle-même : ils aiment la place qu’elle tient dans leur vie. Faire cette distinction est très difficile. Parce que, de l’extérieur, les deux se ressemblent. Quand la femme rentre à la maison, l’homme est heureux. Quand la femme part, l’homme est triste. À première vue, c’est de l’amour. Mais il y a peut-être ici une question plus inconfortable à poser : l’homme regrette-t-il la présence de la femme, ou le confort qu’elle avait créé dans sa vie ?

Parce qu’une femme fait parfois tant de travail invisible dans la vie d’un homme que lui n’en voit aucun comme un labeur. La femme sait quand il devient silencieux. Elle remarque le changement dans sa voix quand il parle à sa mère. S’il a une réunion importante, elle le réveille le matin. En rentrant, elle achète ce qu’il aime. Quand il est malade, elle lui rappelle son médicament. Elle comprend pourquoi une phrase dite par un ami l’a mis tellement en colère. Au fil des années, elle apprend une peur que l’homme ne s’est même pas avouée à lui-même. Elle sait quel échec touche son orgueil, quel mot touche quelque chose de son enfance, quels jours il n’a en fait pas envie de parler.

Et l’homme croit que tout cela est « comme ça, de toute façon ».

Je crois que c’est l’une des plus grandes erreurs de l’être humain : prendre la continuité pour une nécessité.

Quand une chose est dans notre vie depuis longtemps, nous pensons que sa présence n’a pas de prix. Nous n’éprouvons pas de reconnaissance envers le soleil parce qu’il se lève chaque matin. Tant que notre santé est bonne, nous ne pensons pas aux millions de choses que fait notre corps. Quand une personne nous a aimés pendant des années, nous oublions aussi que son amour est un choix. Nous pensons non pas qu’elle nous choisit de nouveau chaque jour, mais qu’elle est désormais obligée de nous choisir.

Puis, un jour, le choix prend fin.

C’est alors que l’homme est étonné.

« Comment est-ce possible ? »

Peut-être que c’est l’une des questions les plus amères de la vie : comment est-ce possible ?

Comment une personne peut-elle un jour mettre hors de sa vie quelqu’un qui est resté à ses côtés pendant des années ?

C’est possible.

Parce que, le plus souvent, on ne part pas en un jour. On part d’abord à l’intérieur. On porte encore son corps à côté de soi pendant un temps. On parle. On mange. On va au travail. On rit. On se fait photographier. Devant les gens, on a l’air normal. Mais à l’intérieur, quelque chose est déjà sorti de sa place depuis longtemps.

Une femme quitte parfois sa relation non pas le jour où elle se sépare, mais le jour où elle n’a plus rien à raconter.

C’est pourquoi certains hommes sont vraiment surpris par la séparation. Parce qu’ils pensent que la relation continue encore. La femme, elle, a déjà épuisé le dernier espoir qu’il y avait dans la relation.

Ce qu’il y a de terrible là-dedans, c’est ceci : la femme l’a le plus souvent dit à l’homme.

Pas une fois.

Plusieurs fois.

Peut-être sous des formes très différentes.

« Ça me fait mal quand tu parles comme ça. »

« Je me sens seule à côté de toi. »

« Tu ne t’occupes pas de moi. »

« Tu ne m’écoutes pas. »

« C’est moi qui pense à tout. »

« Ce qui n’a pas d’importance pour toi en a pour moi. »

« Si ça continue comme ça, je vais m’épuiser. »

L’homme l’a entendu.

Mais il y a aussi une différence entre entendre et écouter.

Certaines phrases, nous les recevons avec nos oreilles, sans les faire entrer dans notre vie.

Quand une femme dit « Je suis seule », par exemple. L’homme, parce qu’il est dans la même maison, peut penser que ce n’est pas possible. « Comment ça, tu es seule, je suis là. » Mais la solitude n’est pas une distance physique. On peut être à côté de quelqu’un et ne pas pouvoir l’atteindre. Et c’est peut-être même l’une des formes de solitude les plus étranges qu’un être humain puisse vivre : vivre sans être compris à côté de la personne qui devrait te connaître de plus près que personne.

Deux personnes peuvent dormir dans le même lit et avoir un gouffre entre elles.

Elles peuvent manger à la même table sans jamais toucher à la vie l’une de l’autre.

Elles peuvent se dire « Je t’aime » et, malgré cela, ne jamais se voir.

Parce que voir est autre chose que regarder.

Reconnaître le visage de quelqu’un est facile.

Remarquer le changement qui se produit en lui est difficile.

Je crois que c’est aussi là que commence la véritable épreuve de l’amour.

À quelle vitesse remarque-t-on le changement chez la personne qu’on aime ?

Le tout petit changement dans sa voix.

Le raccourcissement de ses phrases.

Le fait qu’elle ne raconte plus ce qu’elle racontait autrefois.

Son désintérêt pour les projets à faire ensemble.

Le fait qu’elle renonce même à se disputer.

Parce que certains hommes prennent le fait que la femme ne se dispute plus pour le signe que la relation va mieux.

Pourtant, parfois, la dispute est le signe qu’il y a encore une demande à l’intérieur.

Si l’on croit qu’une chose peut changer, on se bat.

À partir d’un certain point, on ne se bat plus.

Et le fait qu’une femme n’essaie plus de te changer est une phrase plus lourde que tu ne le crois.

Parce que cela peut vouloir dire qu’elle a perdu ses attentes envers toi.

Peut-être que la vraie mort, dans les relations, c’est cela.

La mort de l’attente.

Quand quelqu’un cesse d’attendre quoi que ce soit de toi, tu peux bien te comporter avec lui aussi bien que tu veux. Parce que ta conduite n’a plus en lui le même écho qu’avant. Il ne t’applaudit pas. Il ne te punit pas. Il n’essaie pas de te convaincre. Il ne te change pas. Parce qu’il a cessé de projeter un avenir avec toi.

Pour comprendre cela, il n’est pas nécessaire d’être philosophe.

Mais pour ne pas le comprendre, il faut que l’ego soit assez fort.

Parce que l’ego sait très bien se défendre.

« J’ai fait beaucoup de choses, moi aussi. »

« Je ne l’ai jamais laissée seule. »

« J’ai travaillé pour ma famille. »

« Je ne l’ai pas trompée. »

« J’ai fait tout ce qu’elle voulait. »

Peut-être que tu l’as vraiment fait.

Mais quand on essaie de comprendre pourquoi quelqu’un ne peut pas t’aimer, dresser la liste de ce qu’on a fait soi-même, n’est-ce pas un peu absurde ?

L’amour n’est pas un livre de comptes.

Les dix bonnes actions que quelqu’un a faites pour toi n’effacent pas un mal que tu lui as fait. De la même façon, les dix bonnes actions que tu as faites ne font pas disparaître sa solitude.

Peut-être que l’une des plus grandes injustices des relations humaines est la suivante : nous connaissons notre propre intention, mais l’effet que vit l’autre, nous ne faisons que le deviner.

« Je n’ai pas voulu lui faire de peine. »

Je le crois.

Mais tu as pu lui en faire.

La distance entre l’intention d’une personne et la conséquence de son acte est peut-être l’endroit où commence la morale.

C’est peut-être pour cela qu’aimer quelqu’un n’est pas seulement une question de bonne intention.

C’est aussi, un peu, une question d’observation de soi.

En quelle sorte de personne est-ce que je me transforme à côté de cette personne ?

Est-ce que je baisse sa voix ?

Est-ce que je la force à s’expliquer ?

Est-ce que je lui fais peur ?

Est-ce que je la rapetisse ?

Est-ce que je l’isole ?

Ou est-ce qu’à côté de moi, elle peut être davantage elle-même ?

Je crois que l’une des meilleures façons de comprendre la qualité morale d’une personne est de regarder comment elle traite non pas seulement ceux qu’elle juge plus faibles qu’elle, mais aussi quelqu’un qui l’aime, qui lui est attaché et dont elle pense qu’il ne partira pas.

Parce qu’être aimable avec des inconnus est facile.

Ne pas abuser de la patience de la personne qu’on aime est plus difficile.

Devant un inconnu, tu es poli.

Mais ce que tu es chez toi, fatigué, en colère, quand personne ne te voit, est plus révélateur.

Peut-être que ce qu’on appelle le caractère, c’est exactement cela.

Comment nous sommes là où personne n’applaudit.

Et certains hommes, après avoir perdu leur femme, se voient pour la première fois à cet endroit.

La femme n’est plus là.

Par conséquent, il n’y a personne à accuser non plus.

Il est seul face à l’histoire qu’il peut se raconter.

« Elle ne m’a pas compris. »

« Elle a changé. »

« Elle n’était plus comme avant. »

Peut-être.

Mais peut-être qu’au bout d’un moment, on se lasse de ces phrases.

Parce qu’il n’est pas possible de s’approcher de la vérité sans voir sa propre part dans chaque histoire.

Peut-être que la femme a changé.

Et toi, qu’as-tu fait ?

Peut-être que la femme s’est éloignée.

Et toi, qu’as-tu fait pour qu’elle se sente proche de toi ?

Peut-être qu’elle ne t’aimait plus.

Et toi, pendant combien de temps es-tu resté spectateur de la mort de son amour ?

Aucune de ces questions n’a de réponse facile.

De toute façon, si parler honnêtement avec soi-même était facile, le regret n’existerait pas.

Le regret, n’est-ce pas aussi un peu rencontrer notre moi d’autrefois en portant ce que nous savons aujourd’hui ?

Ce jour-là, j’aurais pu agir autrement.

J’aurais pu ne pas dire cette phrase.

Cette nuit-là, j’aurais pu poser le téléphone et l’écouter.

J’aurais pu faire cas de cette petite chose.

J’aurais pu remarquer ce regard.

J’aurais pu choisir, ne serait-ce qu’une fois, non pas d’avoir raison, mais de la comprendre.

Mais je n’ai pas choisi.

Et maintenant, je sais.

Parfois, l’être humain acquiert le savoir non pas au bon moment, mais au moment même où il ne peut plus rien changer.

C’est peut-être l’une des choses qu’on appelle tragédies.

Apprendre la vérité, mais ne pas pouvoir l’apprendre au bon moment.

Comprendre la valeur d’une femme après l’avoir perdue est, d’une certaine façon, la forme la plus amère du savoir.

Parce que ce savoir ne sert peut-être plus à rien.

La femme ne reviendra peut-être pas.

Même si elle revient, elle ne sera peut-être pas la même femme.

Et toi non plus, tu ne seras peut-être pas le même homme.

Et certaines choses n’ont de valeur que parce qu’on ne peut pas les ramener.

On l’apprend très tard.

Comme une tasse de café qui refroidit.

Comme une maison qui se vide.

Comme un enfant qui grandit.

Comme la voix de quelqu’un qui ne t’appelle plus.

Le fait que la vie ne rende pas certaines choses nous fait comprendre leur valeur après coup.

Mais ici, il y a, autant que la colère que j’éprouve envers les hommes, une compassion que j’éprouve envers l’être humain.

Parce que nous apprenons tous les choses trop tard.

Aucun de nous ne donne à certaines personnes l’attention qu’elles méritent.

Nous prenons tous parfois la présence de ceux que nous aimons pour l’ordre naturel de notre vie.

Nous pouvons tous trouver plus naturel que quelqu’un nous attende que de l’attendre, nous.

Nous prenons tous parfois l’amour de quelqu’un pour un trait de son caractère.

« Cette personne est comme ça, de toute façon. »

Non.

Elle est comme ça avec toi.

Cette distinction est très grande.

Une personne n’est pas obligée d’être tendre avec tout le monde.

Mais si elle l’est avec toi, il te faut comprendre que c’est quelque chose de particulier dans ta vie.

Si elle te fait confiance, tu dois la mériter.

Si elle te parle d’elle, tu dois porter ce savoir avec soin.

Parce que le fait qu’une personne s’ouvre à toi ne te donne pas de pouvoir sur elle.

Elle te confie un dépôt.

Peut-être que l’une des plus grandes pertes des femmes dans leurs relations avec les hommes est là aussi.

La femme se raconte à l’homme.

Ses peurs.

Son passé.

Sa famille.

Ses faiblesses.

Parfois son enfance.

L’homme sait tout cela.

Puis, quand le rapport de force change à l’intérieur de la relation, ce qui avait été raconté un jour avec amour peut devenir une arme.

C’est là que la ligne entre l’amour et le pouvoir devient terriblement mince.

Connaître quelqu’un, ce n’est pas l’aimer.

Connaître quelqu’un, c’est aussi savoir assez de choses pour pouvoir le blesser.

La morale commence peut-être exactement là.

Ne pas utiliser les faiblesses de l’autre quand on les a entre les mains.

Ne pas blesser, à cause de la confiance qu’elle te porte, une personne assez libre pour te quitter.

Parce que la confiance est en réalité la plus grande force qu’on ait entre les mains.

Et certains hommes perdent non pas l’amour des femmes, mais la confiance que les femmes avaient en eux.

Je crois que c’est aussi, le plus souvent, l’endroit où une relation se termine vraiment.

L’amour peut rester encore un moment.

Le manque peut rester.

Les souvenirs peuvent rester.

Même le désir peut rester.

Mais la confiance peut ne pas revenir.

Si une femme ne peut plus te tourner le dos sans crainte, quelque chose est mort dans la relation.

Parce que l’amour, c’est aussi un peu pouvoir se laisser sans défense.

« Je pense que tu ne me feras pas de mal. »

Cette phrase est l’un des plus grands compliments qu’on puisse dire dans une relation.

Et c’est en même temps l’une des plus grandes responsabilités.

Quand tu perds cela, la personne en face peut encore t’aimer.

Mais elle ne peut plus s’abandonner à toi.

C’est cela que certains hommes ne comprennent pas, des années plus tard.

« Est-ce qu’elle m’aime encore ? »

Peut-être.

Mais ce n’est pas la question.

« Est-ce qu’elle peut me faire de nouveau confiance ? »

Voilà la vraie question.

Parce que l’amour, parfois, fait revenir quelqu’un.

La confiance, elle, crée une raison de revenir.

Et certaines femmes ne reviennent plus.

Pas seulement parce qu’elles ont cessé d’aimer leur homme.

Parce qu’elles ne veulent pas se perdre de nouveau à côté de cet homme.

C’est peut-être pour cela que, quand je regarde certains hommes restés sans femme, je pense que ce n’est pas une femme qui leur manque, mais la version d’eux-mêmes qui était aimée par cette femme.

Quand elle était là, ils se sentaient importants.

Spéciaux.

Désirés.

Attendus.

Connus.

Maintenant, ce regard n’existe plus.

Et on se perd parfois dans les yeux de quelqu’un d’autre.

Peut-être que tout se joue ici.

Perdre une femme, c’est parfois bien plus que perdre son amour.

C’est perdre un miroir qui te montre à toi-même.

Mais quand le miroir se brise, notre visage ne change pas.

Il devient seulement plus difficile de nous voir.

Peut-être que c’est pour cela que certains hommes, après avoir perdu leur femme, mettent longtemps à revenir à eux.

Parce que, pour la première fois, ils sont obligés de rester avec eux-mêmes, indépendamment de l’amour venu de l’extérieur.

Et là, ils rencontrent une chose très dérangeante :

Peut-être qu’être vraiment quelqu’un qui mérite d’être aimé et être aimé par quelqu’un, ce n’est pas la même chose.

Une femme a pu t’aimer.

Cela ne prouve pas que tu es un homme bien.

Une femme a pu te quitter.

Cela ne prouve pas non plus que tu es un homme mauvais.

Mais cela te laisse une question.

À côté de la personne qui t’aimait, quel genre de personne étais-tu ?

C’est peut-être la question la plus honnête qu’on puisse se poser.

Parce qu’à la fin, la femme s’en va.

L’homme reste.

La maison reste.

Les souvenirs restent.

Et il ne reste entre les mains de l’être humain que le silence de ses propres comportements.

Un jour, dans ce silence, il pourra de nouveau entendre une phrase dite des années plus tôt :

« Je n’attends pas beaucoup de toi. »

Peut-être qu’elle n’attendait vraiment pas beaucoup.

Peut-être qu’elle voulait seulement être vue.

Peut-être se reposer.

Peut-être être prise au sérieux.

Peut-être sentir qu’elle était, dans la vie de la personne qu’elle aimait, un être humain et non un décor.

Et l’homme pourra alors, à un moment très tardif, comprendre une chose très simple :

Pour perdre quelqu’un, il n’est pas nécessaire de lui faire un grand mal.

Parfois, il suffit de ne pas le voir assez longtemps.

Parfois, la cause de la perte de quelqu’un n’est pas la haine.

C’est l’inattention.

Parfois, ce n’est pas la trahison.

C’est l’habitude.

Parfois, ce n’est pas le manque d’amour.

C’est ne pas savoir comment porter l’amour.

Et peut-être que le plus amer est ceci :

On apprend à être une meilleure personne après avoir perdu certaines personnes.

Mais certaines personnes ne sont plus dans ta vie pour te voir devenir une meilleure personne.

C’est pourquoi certains hommes sont vraiment bêtes.

Pas parce qu’ils ont perdu leur femme.

Parce que, quand elles étaient à leurs côtés, ils n’ont jamais pensé à devenir un homme avec qui elles n’auraient pas eu à partir.

Parce que la façon de garder une femme à ses côtés n’est pas de la retenir.

C’est d’être quelqu’un avec qui elle peut rester librement.

Et le jour où l’on comprend cela, il faut aussi accepter que la porte soit peut-être déjà fermée.

Certaines portes de la vie ne s’ouvrent pas avec des excuses.

Certaines se ferment seulement.

À l’intérieur, il reste une femme.

Dehors, un homme.

Et l’homme pleure, pour la première fois de sa vie, non pas parce qu’il l’a perdue, mais parce qu’il n’a pas su la voir quand elle était là.